La nuit , quand nous voguions sur des calmes tropiques , je m'installais dans la
chambre à cartes ; Krant ne voyait pas d'inconvénient à ce que je m'y assoupisse .
Je laissais la porte ouverte sur la passerelle où , me semblait-il pour mon seul plaisir ,
se conviaient une brise tiède et ces constellations dont le capitaine , en ses cours
magistraux , avait entrouvert les mystères . Je sortais des cartonniers les routiers et
les cartes d'atterrages de nos anciennes navigations . Puis je m'enfonçais dans la
moleskine de l'unique fauteuil . A la lueur de ma lampe tempête , je tournais les
pages des atlas et des livres de feux comme celles d'une genèse . Les cartes , la brise
et les étoiles prenaient la forme du sommeil ; quel bonheur et quelle énigme que cette
béate noyade , incompréhensible enlisement ! . Le monde perdait ses contours , ma
vigilance s'effilochait et j'entrais en moi-même comme dans un monde inconnu .
Cet échouage où je me trouvais vers minuit , terreur des marins , je m'y abandonnais .
Je sautais dans un quelque part à multiples fonds , les cartes filaient entre mes doigts et
glissaient mollement sur le plancher en teck . Les ponts qui me reliaient à ma journée
de travail , celle d'un officier mécanicien , je les coupais et ils s'effondraient sur les
hauts-fonds d'une mer sans bords .
vendredi 31 mars 2017
TROIS MOUCHES 82 . LA VIE EST RONDE
Berthe , tandis que trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnent contre
nos chapeaux de paille : "La trajectoire des rayons lumineux dessine la courbure de
l'espace" . Moi : "Où es-tu allée chercher ça , ma chérie ?" dis-je en marquant un
temps d'arrêt au stop de la rue Einstein .
Sous les rayons de son chapeau , ma lumineuse Berthe , ma chérie aux pailles
vermeilles , cherche la rue Einstein . "L'espace est courbe … c'est merveilleux" ,
bourdonne-t-elle sans arrêt . Moi , en marquant un stop : "Et les mouches , que
dessinent-elles dans la trajectoire du temps ?"
Trois mouches dessinaient dans la courbure lumineuse de l'espace une trajectoire
qui , après un temps de recherche , stoppa sans marquer d'arrêt (?) . Sous son chapeau
de paille , Einstein bourdonnait ...
nos chapeaux de paille : "La trajectoire des rayons lumineux dessine la courbure de
l'espace" . Moi : "Où es-tu allée chercher ça , ma chérie ?" dis-je en marquant un
temps d'arrêt au stop de la rue Einstein .
Sous les rayons de son chapeau , ma lumineuse Berthe , ma chérie aux pailles
vermeilles , cherche la rue Einstein . "L'espace est courbe … c'est merveilleux" ,
bourdonne-t-elle sans arrêt . Moi , en marquant un stop : "Et les mouches , que
dessinent-elles dans la trajectoire du temps ?"
Trois mouches dessinaient dans la courbure lumineuse de l'espace une trajectoire
qui , après un temps de recherche , stoppa sans marquer d'arrêt (?) . Sous son chapeau
de paille , Einstein bourdonnait ...
jeudi 30 mars 2017
DESMOND 66 . DIMANCHE À L'EAST ROOM
- "Desmond ! … vous verrez-je dimanche à l'East Room ?"
Le Président vient de passer la tête par la porte de mon bureau .
- Moi : "A l'East Room , Mister President ?"
- Lui : "Pour le Service …"
- Moi : "Euh , Monsieur le Président … le service … quel service ?"
- Lui , un peu agacé : "Pour le Service religieux , Desmond ! … réveillez-vous mon vieux !"
- Moi : "… Euh …"
- Lui . Il entre et ferme la porte derrière lui : "Ne me dites pas que vous êtes athée !"
- Moi : "Je … je …"
- Lui : "Pat compte sur vous !"
- Moi : "Mais … Monsieur le Président …"
- Lui , comme s'il avait une soudaine révélation : "Vous êtes catholique !"
- Moi : "Non … non … je …"
- Lui , écartant les bras en signe d'incompréhension : "Alors ? … où est le problème ?"
- Moi : "C'est … c'est à quelle heure ?"
- Lui : "Mais … Desmond ! … à 10 heures , comme d'habitude … sur quelle planète
vivez-vous ?"
A vrai dire , je me joins rarement à cette foule qui , tous les dimanches à 10 heures ,
se presse à l'office avec le couple présidentiel .
- Moi : "C'est que … Monsieur le Président …"
- Lui , franchement irrité : "Quoi , Desmond ? … ah , je vois : le dimanche , vous faites
la grasse matinée … c'est ça ?"
- Moi : "Non … pas du tout …"
- Lui , abaissant la voix comme s'il me confiait un secret-défense : "Remarquez … si Pat
n'insistait pas …" . Dans un soupir : "La grasse matinée … la première fois que j'ai fait la
grasse matinée , c'était … c'était le 22 juin 1940" . Le Président se met à marcher de long
en large dans mon (étroit) bureau , mains dans les poches , tête penchée vers la moquette :
"… la première et la dernière fois …" . Il s'arrête de marcher , relève la tête . Son regard
est lointain , il traverse la photo de Brigitte Bardot que j'ai accrochée au mur ; il rejoint
un souvenir ancien : "Ah , quelle nuit ç'avait été ! … Pat avait été si enthousiaste ! …
it was a so exciting night ! … really ! … nous avons raté le Service ce dimanche là" .
Se tournant vers moi : "Vous avez une petite amie , Desmond ?"
- Moi : "Euh , non … pas pour le moment …"
- Lui : "Alors ?"
- Moi : "C'est que … le dimanche à 10 heures , j'ai entraînement … le ping-pong"
- Lui . Il éclate de rire : "Ah , ah , Desmond ! … le ping-pong … le Dieu ping-pong ! …
comme je vous envie !"
Le Président vient de passer la tête par la porte de mon bureau .
- Moi : "A l'East Room , Mister President ?"
- Lui : "Pour le Service …"
- Moi : "Euh , Monsieur le Président … le service … quel service ?"
- Lui , un peu agacé : "Pour le Service religieux , Desmond ! … réveillez-vous mon vieux !"
- Moi : "… Euh …"
- Lui . Il entre et ferme la porte derrière lui : "Ne me dites pas que vous êtes athée !"
- Moi : "Je … je …"
- Lui : "Pat compte sur vous !"
- Moi : "Mais … Monsieur le Président …"
- Lui , comme s'il avait une soudaine révélation : "Vous êtes catholique !"
- Moi : "Non … non … je …"
- Lui , écartant les bras en signe d'incompréhension : "Alors ? … où est le problème ?"
- Moi : "C'est … c'est à quelle heure ?"
- Lui : "Mais … Desmond ! … à 10 heures , comme d'habitude … sur quelle planète
vivez-vous ?"
A vrai dire , je me joins rarement à cette foule qui , tous les dimanches à 10 heures ,
se presse à l'office avec le couple présidentiel .
- Moi : "C'est que … Monsieur le Président …"
- Lui , franchement irrité : "Quoi , Desmond ? … ah , je vois : le dimanche , vous faites
la grasse matinée … c'est ça ?"
- Moi : "Non … pas du tout …"
- Lui , abaissant la voix comme s'il me confiait un secret-défense : "Remarquez … si Pat
n'insistait pas …" . Dans un soupir : "La grasse matinée … la première fois que j'ai fait la
grasse matinée , c'était … c'était le 22 juin 1940" . Le Président se met à marcher de long
en large dans mon (étroit) bureau , mains dans les poches , tête penchée vers la moquette :
"… la première et la dernière fois …" . Il s'arrête de marcher , relève la tête . Son regard
est lointain , il traverse la photo de Brigitte Bardot que j'ai accrochée au mur ; il rejoint
un souvenir ancien : "Ah , quelle nuit ç'avait été ! … Pat avait été si enthousiaste ! …
it was a so exciting night ! … really ! … nous avons raté le Service ce dimanche là" .
Se tournant vers moi : "Vous avez une petite amie , Desmond ?"
- Moi : "Euh , non … pas pour le moment …"
- Lui : "Alors ?"
- Moi : "C'est que … le dimanche à 10 heures , j'ai entraînement … le ping-pong"
- Lui . Il éclate de rire : "Ah , ah , Desmond ! … le ping-pong … le Dieu ping-pong ! …
comme je vous envie !"
lundi 27 mars 2017
COTE 137 . 78 . LES GRUES
A l'aube d'un jour de novembre , au moment où Bertin servait le café , un immense
troupeau d'oiseaux passa sur notre tranchée .
- Martial : "Sapristi ! … qu'est-ce que c'est ?"
- Bertin , se démettant de son laconisme naturel : "Des oies cendrées"
- Martial : "Des grues !? … d'où viennent-elles ?"
Tous - comme les fridolins de la cote 137 - nous avions la tête en l'air .
- Bertin : "Elles se rassemblent en Scandinavie , après la période de reproduction"
Le cou cassé et assurant de l'index gauche le couvercle de la cafetière qu'il tenait de
la main droite , il suivait des yeux le grandiose bataillon des grues en ordre de vol . Mais
nous et Martial , nous en étions détourné et fixions , bouche bée , cet autre stupéfiant
spectacle : Bertin alignait plus de deux mots ! . Le capitaine lui-même avait lâché ses
jumelles et elles pendaient au bout de leur dragonne .
- Bertin , en extase : "Elles se donnent rendez-vous sur le lac d'Hornborga … ou celui
de Kvismaren … c'est en Suède , fin octobre … le froid polaire les chasse … elles
viennent chez nous pour passer l'hiver .
- Martial : "Saperlipopette , Bertin !"
- Le capitaine : "Bertin … ça va ?"
- Nous : "Et-oh ! … Bertin !"
- Bertin , revenu sur terre , dans la boue de la tranchée où il allait mourir : "Ben quoi ?"
- Martial : "C'est une conférence que tu nous fait !?"
- Bertin haussa ses modestes épaules et fit faire à sa cafetière , comme pour s'excuser ,
un soubresaut embarrassé : "Bof"
troupeau d'oiseaux passa sur notre tranchée .
- Martial : "Sapristi ! … qu'est-ce que c'est ?"
- Bertin , se démettant de son laconisme naturel : "Des oies cendrées"
- Martial : "Des grues !? … d'où viennent-elles ?"
Tous - comme les fridolins de la cote 137 - nous avions la tête en l'air .
- Bertin : "Elles se rassemblent en Scandinavie , après la période de reproduction"
Le cou cassé et assurant de l'index gauche le couvercle de la cafetière qu'il tenait de
la main droite , il suivait des yeux le grandiose bataillon des grues en ordre de vol . Mais
nous et Martial , nous en étions détourné et fixions , bouche bée , cet autre stupéfiant
spectacle : Bertin alignait plus de deux mots ! . Le capitaine lui-même avait lâché ses
jumelles et elles pendaient au bout de leur dragonne .
- Bertin , en extase : "Elles se donnent rendez-vous sur le lac d'Hornborga … ou celui
de Kvismaren … c'est en Suède , fin octobre … le froid polaire les chasse … elles
viennent chez nous pour passer l'hiver .
- Martial : "Saperlipopette , Bertin !"
- Le capitaine : "Bertin … ça va ?"
- Nous : "Et-oh ! … Bertin !"
- Bertin , revenu sur terre , dans la boue de la tranchée où il allait mourir : "Ben quoi ?"
- Martial : "C'est une conférence que tu nous fait !?"
- Bertin haussa ses modestes épaules et fit faire à sa cafetière , comme pour s'excuser ,
un soubresaut embarrassé : "Bof"
vendredi 24 mars 2017
CARLA B.
"Ce qu'on ne peut énoncer clairement , il faut le taire"
Wittgenstein in "Tractatus Logico Philosophicus"
Tout à coup nos villes silencieuses , les colonnes de nos journaux vides , nos écrans
mouchetés . Tout juste si un paysan ardéchois parle de ce qu'il connaît : les semailles de
printemps ; mais qui l'écoute ? . Partout ailleurs le silence . Plus de commentaires de bis-
trot , plus de palabres au bureau , plus de conversations entre amis . Nulle envolée , nulle
tirade ; les tribunes bouclées à double tour , les théâtres aussi . Les mathématiques mur-
murent leurs équations et la logique ses inférences , et c'est tout ce qu'on peut entendre
si on a l'oreille assez fine . Plus d'appels téléphoniques , plus de textos , plus de courrier .
Finies les cartes postales , évaporés les baisers mouillés de Venise , effacées les bonnes
nouvelles et les désastreuses , terminés les faire-part surtout ceux de mariage qui n'annon-
cent que le meilleur et n'énoncent rien du pire .
Bien entendu , plus question de poèmes d'amour car il n'est pas d'idée moins claire que
celle-là .
Je n'envoyai donc aucun de mes sonnets sur le portable de Carl B.
Wittgenstein in "Tractatus Logico Philosophicus"
Tout à coup nos villes silencieuses , les colonnes de nos journaux vides , nos écrans
mouchetés . Tout juste si un paysan ardéchois parle de ce qu'il connaît : les semailles de
printemps ; mais qui l'écoute ? . Partout ailleurs le silence . Plus de commentaires de bis-
trot , plus de palabres au bureau , plus de conversations entre amis . Nulle envolée , nulle
tirade ; les tribunes bouclées à double tour , les théâtres aussi . Les mathématiques mur-
murent leurs équations et la logique ses inférences , et c'est tout ce qu'on peut entendre
si on a l'oreille assez fine . Plus d'appels téléphoniques , plus de textos , plus de courrier .
Finies les cartes postales , évaporés les baisers mouillés de Venise , effacées les bonnes
nouvelles et les désastreuses , terminés les faire-part surtout ceux de mariage qui n'annon-
cent que le meilleur et n'énoncent rien du pire .
Bien entendu , plus question de poèmes d'amour car il n'est pas d'idée moins claire que
celle-là .
Je n'envoyai donc aucun de mes sonnets sur le portable de Carl B.
jeudi 23 mars 2017
KRANT 86 . DE LA TRISTESSE DE PENSER
- "Dites-moi , chef … pourquoi allons-nous à Socotra ?"
Telle est la question que me posa Krant alors que nous débouquions dans le Golfe
d'Aden .
- Moi : "Mais … capitaine ! … pour charger du suc d'aloès ! … n'est-ce pas le but de ce
voyage ?"
Nous croisions un boutre qui remontait au vent , gitant sur son bordé , la voile pleine .
L'homme qui tenait la barre suivait des yeux le sillage fuyant du Kritik . Krant et moi ,
sur la passerelle , regardions l'homme , debout sur sa poupe , orientant son safran d'une
main qu'une expérience de mille ans avait rendu si légère qu'elle l'avait libérée de son poids .
- Krant : "Non … ce n'est pas pour charger l'aloès que nous allons à Socatra …"
Le boutre était loin maintenant et l'homme noir nous tournait le dos . Il visait , de sa
main sans poids aux angles imperceptibles , un village minuscule de la côte où , peut-être ,
il aborderait pour quelque trafic .
- Moi : "… Ah ? … mais qu'allons -nous faire à Socatra ?"
Le capitaine était debout sur la passerelle . J'étais derrière lui . Le Golfe d'Aden était
devant nous , vide . Je voyais les mains croisées de Krant et ses doigts s'agitaient .
- Krant : "N'êtes-vous pas fatigué de remuer dans votre tête ces abstractions ? … allons
trancher le noeud gordien"
- Moi . Dans ma vie maritime , j'avais fait avec les cordages toutes sortes de noeuds et
je ne connaissais pas celui-là : "…….?……. Quel est ce noeud , capitaine ? … je ne
connais pas de tel noeud …"
- Krant poursuivant son soliloque : "Retrouver les hommes , la vie grouillante , les tracas
du commerce … puisqu'ici , nous somme las de penser …"
Telle est la question que me posa Krant alors que nous débouquions dans le Golfe
d'Aden .
- Moi : "Mais … capitaine ! … pour charger du suc d'aloès ! … n'est-ce pas le but de ce
voyage ?"
Nous croisions un boutre qui remontait au vent , gitant sur son bordé , la voile pleine .
L'homme qui tenait la barre suivait des yeux le sillage fuyant du Kritik . Krant et moi ,
sur la passerelle , regardions l'homme , debout sur sa poupe , orientant son safran d'une
main qu'une expérience de mille ans avait rendu si légère qu'elle l'avait libérée de son poids .
- Krant : "Non … ce n'est pas pour charger l'aloès que nous allons à Socatra …"
Le boutre était loin maintenant et l'homme noir nous tournait le dos . Il visait , de sa
main sans poids aux angles imperceptibles , un village minuscule de la côte où , peut-être ,
il aborderait pour quelque trafic .
- Moi : "… Ah ? … mais qu'allons -nous faire à Socatra ?"
Le capitaine était debout sur la passerelle . J'étais derrière lui . Le Golfe d'Aden était
devant nous , vide . Je voyais les mains croisées de Krant et ses doigts s'agitaient .
- Krant : "N'êtes-vous pas fatigué de remuer dans votre tête ces abstractions ? … allons
trancher le noeud gordien"
- Moi . Dans ma vie maritime , j'avais fait avec les cordages toutes sortes de noeuds et
je ne connaissais pas celui-là : "…….?……. Quel est ce noeud , capitaine ? … je ne
connais pas de tel noeud …"
- Krant poursuivant son soliloque : "Retrouver les hommes , la vie grouillante , les tracas
du commerce … puisqu'ici , nous somme las de penser …"
jeudi 2 mars 2017
TROIS MOUCHES 81 . MORSE DE BEHRING
15 août . Plein été . Bien que nous fussions au-delà du cercle polaire , trois mouches
vermeilles et merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux de paille . Ce que nous
avions pris , Berthe et moi , pour un énorme chien émergea de la mer de Behring à moins
de dix mètres . L'animal pesait dans les deux tonnes et portait entre ses moustaches drues
des défenses impressionnantes : c'était un morse …
C'est en morse que Behring prit ma défense . C'était un 15 août , il en faisait des tonnes
et les moustaches énormes de mon chien polaire , bien qu'émergeant à peine de la mer (?) ,
bourdonnaient en cercle . Aussi , dus-je porter dans la paille drue cet impressionnant
animal qui pesait pas moins de dix Berthe .
L'impressionnant avion bourdonnait contre la mer de Behring . Bien que nous fussions
en plein été - c'était un 3 août - et qu'il pesât au moins quinze tonnes , il fit au moins dix
cercles merveilleux , comme une mouche autour d'un énorme chien . Pour nous défendre ,
Berthe et moi émergeâmes de nos polaires en moustaches de morse .
vermeilles et merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux de paille . Ce que nous
avions pris , Berthe et moi , pour un énorme chien émergea de la mer de Behring à moins
de dix mètres . L'animal pesait dans les deux tonnes et portait entre ses moustaches drues
des défenses impressionnantes : c'était un morse …
C'est en morse que Behring prit ma défense . C'était un 15 août , il en faisait des tonnes
et les moustaches énormes de mon chien polaire , bien qu'émergeant à peine de la mer (?) ,
bourdonnaient en cercle . Aussi , dus-je porter dans la paille drue cet impressionnant
animal qui pesait pas moins de dix Berthe .
L'impressionnant avion bourdonnait contre la mer de Behring . Bien que nous fussions
en plein été - c'était un 3 août - et qu'il pesât au moins quinze tonnes , il fit au moins dix
cercles merveilleux , comme une mouche autour d'un énorme chien . Pour nous défendre ,
Berthe et moi émergeâmes de nos polaires en moustaches de morse .
mercredi 1 mars 2017
PARADIS 72 . LE BOSON DE HIGGS
Le contour de l'oeil . Comment faire pétiller le regard quand l'âge vient , à quels actifs
veino-toniques recourir , quels pigments correcteurs pour neutraliser et/ou camoufler ces
affreux cernes , peut-on faire confiance à l'extrait de magnolia pour booster la micro-cir-
culation et est-ce que ça serait pas mieux d'apporter une maxi-dose d'anti-radicaux libres ,
voire d'agir contre les ridules à coups massifs de défatigants-éclair ? . Ève est plongée
dans son "Femmes d'Aujourd'hui" . Dans l'atelier , chacun est absorbé dans sa lecture .
- Soudain , Dieu , excédé , jette sur son établi le dernier numéro de "Science et Vie" :
"Il passe les bornes !"
- Ève sursaute et lève les yeux de son captivant magazine : "Qu'est-ce qui s'passe ? …
tu m'as fait peur ! ... de qui tu parles ?"
Au Paradis, on s'est abonné à un tas de revues pour se tenir au courant des affaires du
monde . Les ondes gravitationnelles par exemple : qu'est-ce que c'est ? … ou comment ,
pour rester belle , lutter contre les vilaines poches qui , perfidement , emménagent sous
vos jolis yeux .
- Dieu bougonne : "Ce petit prétentieux ! … pour qui se prend-il ?"
- Ève : "……………?…………."
- Dieu : "Je me vais te l'embrouiller ce morveux"
- Ève : "Qui ?"
- Dieu : "Je dois mettre un terme à tout ça ! … je ne vais pas laisser ce petit con me piquer
mes idées … mes secrets …"
- Ève : "Qui t'a piqué tes secrets ?"
- Dieu , une main sur le front , énumère : "Entre autres : la rotondité de la terre … la gravi-
tation universelle … les équations de Maxwell … la relativité … la restreinte et la générale
… les quanta … et , aujourd'hui , les ondes gravitationnelles !"
- Ève : "C'est tes secrets ?"
- Dieu dresse son index divin . Ses tempes émettent des cornes de lumière : "Il errera dans
le désert (Nombre 32:13) , je vais répandre sur lui ma fureur (Ezechiel 7:8) , qu'il coupe sa
chevelure et la jette au loin (Jeremie 7:29)
- Ève . Elle s'inquiète : "Di-di … ça va ? … tu veux un verre d'eau ? … avec une gélule de
Trank-zen …"
- Dieu . Ses lèvres débordent d'indignation , sa langue est comme un feu dévorant (Isaï 30 :
27) : "Je vais déclencher une guerre des étoiles … déployer un bouclier de charades incom-
préhensibles … je vais jeter devant ses yeux une batterie de leurres … un feu d'artifices …
je vais l'aveugler !"
- Ève : "Calme-toi , Di-di !"
- Dieu : "A chaque découverte , un arsenal de pièges , fausses pistes , chausse-trappes ,
traquenards , des illusions d'optique , des trompe l'oeil , des mirages ! …"
- Ève . Elle pose sur l'établi son "Femmes d'Aujourd'hui" : "Où t'as rangé les Trank-zen ?"
- Dieu s'est levé . Il marche nerveusement de Pishon en Gihon (Gn 2 . 11.12) et éructe :
"A chaque réponse , mille questions !!"
- Ève : "Oh la la ! … dans quel état tu te mets !"
- Dieu marmonne : "Le boson de Higgs ! … enfin , ce qu'il appelle le boson de Higgs …
parce que le boson de Higgs , c'est mon boson … et bien , avec le boson de Higgs … mon
boson … je vais lui en faire voir de toutes les couleurs !"
- Ève : "C'est qui : "il" ? … tu vas me le dire à la fin !"
- Dieu arrête sa déambulation . Il regarde Ève comme s'il s'apercevait de sa présence :
"Ben Adam pardi ! … de qui veux-tu que je parle !?"
veino-toniques recourir , quels pigments correcteurs pour neutraliser et/ou camoufler ces
affreux cernes , peut-on faire confiance à l'extrait de magnolia pour booster la micro-cir-
culation et est-ce que ça serait pas mieux d'apporter une maxi-dose d'anti-radicaux libres ,
voire d'agir contre les ridules à coups massifs de défatigants-éclair ? . Ève est plongée
dans son "Femmes d'Aujourd'hui" . Dans l'atelier , chacun est absorbé dans sa lecture .
- Soudain , Dieu , excédé , jette sur son établi le dernier numéro de "Science et Vie" :
"Il passe les bornes !"
- Ève sursaute et lève les yeux de son captivant magazine : "Qu'est-ce qui s'passe ? …
tu m'as fait peur ! ... de qui tu parles ?"
Au Paradis, on s'est abonné à un tas de revues pour se tenir au courant des affaires du
monde . Les ondes gravitationnelles par exemple : qu'est-ce que c'est ? … ou comment ,
pour rester belle , lutter contre les vilaines poches qui , perfidement , emménagent sous
vos jolis yeux .
- Dieu bougonne : "Ce petit prétentieux ! … pour qui se prend-il ?"
- Ève : "……………?…………."
- Dieu : "Je me vais te l'embrouiller ce morveux"
- Ève : "Qui ?"
- Dieu : "Je dois mettre un terme à tout ça ! … je ne vais pas laisser ce petit con me piquer
mes idées … mes secrets …"
- Ève : "Qui t'a piqué tes secrets ?"
- Dieu , une main sur le front , énumère : "Entre autres : la rotondité de la terre … la gravi-
tation universelle … les équations de Maxwell … la relativité … la restreinte et la générale
… les quanta … et , aujourd'hui , les ondes gravitationnelles !"
- Ève : "C'est tes secrets ?"
- Dieu dresse son index divin . Ses tempes émettent des cornes de lumière : "Il errera dans
le désert (Nombre 32:13) , je vais répandre sur lui ma fureur (Ezechiel 7:8) , qu'il coupe sa
chevelure et la jette au loin (Jeremie 7:29)
- Ève . Elle s'inquiète : "Di-di … ça va ? … tu veux un verre d'eau ? … avec une gélule de
Trank-zen …"
- Dieu . Ses lèvres débordent d'indignation , sa langue est comme un feu dévorant (Isaï 30 :
27) : "Je vais déclencher une guerre des étoiles … déployer un bouclier de charades incom-
préhensibles … je vais jeter devant ses yeux une batterie de leurres … un feu d'artifices …
je vais l'aveugler !"
- Ève : "Calme-toi , Di-di !"
- Dieu : "A chaque découverte , un arsenal de pièges , fausses pistes , chausse-trappes ,
traquenards , des illusions d'optique , des trompe l'oeil , des mirages ! …"
- Ève . Elle pose sur l'établi son "Femmes d'Aujourd'hui" : "Où t'as rangé les Trank-zen ?"
- Dieu s'est levé . Il marche nerveusement de Pishon en Gihon (Gn 2 . 11.12) et éructe :
"A chaque réponse , mille questions !!"
- Ève : "Oh la la ! … dans quel état tu te mets !"
- Dieu marmonne : "Le boson de Higgs ! … enfin , ce qu'il appelle le boson de Higgs …
parce que le boson de Higgs , c'est mon boson … et bien , avec le boson de Higgs … mon
boson … je vais lui en faire voir de toutes les couleurs !"
- Ève : "C'est qui : "il" ? … tu vas me le dire à la fin !"
- Dieu arrête sa déambulation . Il regarde Ève comme s'il s'apercevait de sa présence :
"Ben Adam pardi ! … de qui veux-tu que je parle !?"
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