- "Ne sommes-nous pas des rois , chef ?"
La pipe rougeoyante décrit sur la voûte céleste un arc parallèle .
- Krant plisse les yeux : "Cela nous est donné … n'est-ce pas trop ? … des milliards
d'étoiles qui ne nous coûtent pas une couronne !"
- Moi : "………….."
- Krant : "Mieux que des rois … des dieux !"
- Moi : "………….."
- Krant (se ravisant) : " … des dieux ? … n'est-ce pas présomptueux ?"
- Moi : "………….."
- Krant . Il lève la tête et énumère : "L'Hydre … le Paon … le Fourneau …"
(nous sommes dans l'hémisphère sud) … "le Centaure … la Croix du Sud …
ces étoiles existent-elles parce que nous les nommons ?"
- Moi : "………….."
- Krant : "Vous ne dites rien … qu'en pensez-vous ?"
- Moi : "………….."
- Krant : "Vous avez raison … comme d'habitude … il n'y a rien à dire … nous
sommes peut-être des dieux mais nous n'en sommes pas sûrs … c'est pourquoi
nous posons ces questions stupides …"
- Le capitaine regagne sa cabine et , avant d'en fermer la porte : "Bonne nuit , chef"
lundi 30 juillet 2018
dimanche 29 juillet 2018
L'ÉTÉ VII
Il crie dans son micro
L'été
Et montre ses papilles .
C'est qu'il est content de lui :
On le congratule ,
On lui tape sur l'épaule .
On n'y croyait plus ,
On pensait qu'il ne reviendrait pas
Et il est là !
Enjôleur ,
Caressant ,
Chaleureux …
Amoureux ,
Tout-puissant ,
Dominateur …
Volubile ,
Encombrant ,
Assommant .
Et déjà ,
On se dit :
Vivement l'automne !
L'été
Et montre ses papilles .
C'est qu'il est content de lui :
On le congratule ,
On lui tape sur l'épaule .
On n'y croyait plus ,
On pensait qu'il ne reviendrait pas
Et il est là !
Enjôleur ,
Caressant ,
Chaleureux …
Amoureux ,
Tout-puissant ,
Dominateur …
Volubile ,
Encombrant ,
Assommant .
Et déjà ,
On se dit :
Vivement l'automne !
samedi 28 juillet 2018
COTE 137 . 112 . UNE VOIX DE BASSE
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
Nuit lugubre avec lune . Nous sommes assis au fond de la tranchée , adossés au parapet …
"Hiiii … hiiii … hiiii …" Impossible de dormir .
- "Hiiii … hiiii … hiiii …" Nous nous bouchons les oreilles mais ces cris d'épouvante
traversent nos mains .
- Une voix dans le noir : "J'y vais !" . C'est Bertin .
- Le capitaine sort de la casemate : "Je vous l'interdis , Bertin !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Martial : "Si au moins on savait où il est …"
- Bertin : "Saloperie de guerre !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Bertin : "Des sanglots , mon capitaine … on dirait des sanglots" et Bertin se met lui-
même à sangloter .
- Martial : "Arrête , Bertin ! … tu veux nous faire mourir de honte !?"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Martial : "On ne peut plus supporter ça , mon capitaine … Bertin a raison … on va y aller
… il est à moins de trente mètres"
- Le capitaine : "Je vous l'interdis , Martial ! … vous m'avez compris ?"
- Martial : "………….."
- Le capitaine : "Vous voulez ajouter votre nom sur un monument aux morts !?"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …."
- Martial passe la tête au-dessus du parapet et saisit son Lebel : "Là-bas ! … il y a quelqu'un !"
- Le capitaine se glisse près de Martial et moi aussi je me lève .
- Le capitaine : "Un allemand ! … il est fou !"
- Tous les trois … tous les quatre maintenant car Bertin se lève aussi … et d'autres formes …
dix , puis vingt , prêts à tirer , suivent l'ombre d'un homme qui progresse de trou en trou .
On entend chez nous des claquements de culasse .
- Le capitaine chuchote furieusement : "Nom de Dieu , on ne tire pas !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …" Le hennissement s'apaise . Il est presque serein . Puis s'y mêle
une voix de basse . Voix magnifique . Une sorte de berceuse dont nous ne comprenons pas
les paroles …
- Martial : "Sacrebleu ! … il chante !?"
Un coup de feu . C'est un pistolet semi-automatique allemand . Un Mauser .
- Martial : "C'est fini"
- Bertin renifle : "Quelle saloperie c'te guerre … heureusement , il y a des paysans
bavarois …"
C'est ainsi que Bouboule , le bourrin de notre roulante , grièvement blessé par un obus
stupide , tombé d'on ne sait où , fut expédié au royaume innocent des chevaux par un …
un ? … un paysan probablement … bavarois , ça se peut … à la belle voix de basse ,
c'est certain ...
Nuit lugubre avec lune . Nous sommes assis au fond de la tranchée , adossés au parapet …
"Hiiii … hiiii … hiiii …" Impossible de dormir .
- "Hiiii … hiiii … hiiii …" Nous nous bouchons les oreilles mais ces cris d'épouvante
traversent nos mains .
- Une voix dans le noir : "J'y vais !" . C'est Bertin .
- Le capitaine sort de la casemate : "Je vous l'interdis , Bertin !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Martial : "Si au moins on savait où il est …"
- Bertin : "Saloperie de guerre !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Bertin : "Des sanglots , mon capitaine … on dirait des sanglots" et Bertin se met lui-
même à sangloter .
- Martial : "Arrête , Bertin ! … tu veux nous faire mourir de honte !?"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …"
- Martial : "On ne peut plus supporter ça , mon capitaine … Bertin a raison … on va y aller
… il est à moins de trente mètres"
- Le capitaine : "Je vous l'interdis , Martial ! … vous m'avez compris ?"
- Martial : "………….."
- Le capitaine : "Vous voulez ajouter votre nom sur un monument aux morts !?"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …."
- Martial passe la tête au-dessus du parapet et saisit son Lebel : "Là-bas ! … il y a quelqu'un !"
- Le capitaine se glisse près de Martial et moi aussi je me lève .
- Le capitaine : "Un allemand ! … il est fou !"
- Tous les trois … tous les quatre maintenant car Bertin se lève aussi … et d'autres formes …
dix , puis vingt , prêts à tirer , suivent l'ombre d'un homme qui progresse de trou en trou .
On entend chez nous des claquements de culasse .
- Le capitaine chuchote furieusement : "Nom de Dieu , on ne tire pas !"
- "Hiiii … hiiii … hiiii …" Le hennissement s'apaise . Il est presque serein . Puis s'y mêle
une voix de basse . Voix magnifique . Une sorte de berceuse dont nous ne comprenons pas
les paroles …
- Martial : "Sacrebleu ! … il chante !?"
Un coup de feu . C'est un pistolet semi-automatique allemand . Un Mauser .
- Martial : "C'est fini"
- Bertin renifle : "Quelle saloperie c'te guerre … heureusement , il y a des paysans
bavarois …"
C'est ainsi que Bouboule , le bourrin de notre roulante , grièvement blessé par un obus
stupide , tombé d'on ne sait où , fut expédié au royaume innocent des chevaux par un …
un ? … un paysan probablement … bavarois , ça se peut … à la belle voix de basse ,
c'est certain ...
vendredi 27 juillet 2018
CONSERVATION DE L'ENERGIE
Soeur Marie de la Sainte Croix entre dans la chambre de Jules . Dans la main droite ,
l'inévitable verre d'eau où bourdonne un cachet d'aspirine , dans la gauche un volume
que la Soeur brandit comme un trophée .
- Smdlc : "Monsieur Jules …" . Elle pose le verre sur la table de chevet … "voyez ce
que je vous apporte ! …"
- Jules : "………?……."
- Smdlc : "Petit veinard ! … le "Principe de la Conservation de l'Energie !"
- Jules : "………?……."
- Smdlc . Elle s'asseoit sur le bord du lit . Ses yeux , de larmes d'excitation , sont pleins :
"Vous êtes content ?"
- Jules : "Euh … ça raconte quoi ?"
- Smdlc . D'un index affectueux , elle touche la poitrine de Jules : "Une belle histoire !"
- Jules : "… Elle se termine bien ?"
- Smdlc . Elle adopte la gnangnan attitude propre au personnel des maisons de retraite :
"Ah , ah ! … le petit Jules veut connaître la fin !"
- Jules : "… Ça m'éviterait de …"
- Smdlc : "La fin ? … c'est à la dernière page … page 232 … dernière ligne …"
- Jules . Il fait vibrer toutes les pages du livre jusqu'à la 232 . Il lit à voix haute :
"dE/dt = 0"
- Smdlc : "Voilà ! … vous savez tout …"
l'inévitable verre d'eau où bourdonne un cachet d'aspirine , dans la gauche un volume
que la Soeur brandit comme un trophée .
- Smdlc : "Monsieur Jules …" . Elle pose le verre sur la table de chevet … "voyez ce
que je vous apporte ! …"
- Jules : "………?……."
- Smdlc : "Petit veinard ! … le "Principe de la Conservation de l'Energie !"
- Jules : "………?……."
- Smdlc . Elle s'asseoit sur le bord du lit . Ses yeux , de larmes d'excitation , sont pleins :
"Vous êtes content ?"
- Jules : "Euh … ça raconte quoi ?"
- Smdlc . D'un index affectueux , elle touche la poitrine de Jules : "Une belle histoire !"
- Jules : "… Elle se termine bien ?"
- Smdlc . Elle adopte la gnangnan attitude propre au personnel des maisons de retraite :
"Ah , ah ! … le petit Jules veut connaître la fin !"
- Jules : "… Ça m'éviterait de …"
- Smdlc : "La fin ? … c'est à la dernière page … page 232 … dernière ligne …"
- Jules . Il fait vibrer toutes les pages du livre jusqu'à la 232 . Il lit à voix haute :
"dE/dt = 0"
- Smdlc : "Voilà ! … vous savez tout …"
jeudi 26 juillet 2018
JEUDI À 16H22 , DANS MA VILLE
J'aime ma ville
Car il s'y passe toujours quelque chose
Pour peu qu'on soit attentif …
Exemple : jeudi , à 16h22 , un chien à tête noire
Traverse la rue .
Ça n'a l'air de rien mais réfléchissons :
Qu'un chien , pas n'importe quel chien :
Un chien à tête noire ,
Traverse la rue , pas à n'importe quelle heure :
A 16h22 précisément ,
Ce fait n'est pas dénué d'intérêt .
Est-ce un hasard ? …
Ou un accident ? …
Un scandale ? … une tragédie ? ...
Car il s'y passe toujours quelque chose
Pour peu qu'on soit attentif …
Exemple : jeudi , à 16h22 , un chien à tête noire
Traverse la rue .
Ça n'a l'air de rien mais réfléchissons :
Qu'un chien , pas n'importe quel chien :
Un chien à tête noire ,
Traverse la rue , pas à n'importe quelle heure :
A 16h22 précisément ,
Ce fait n'est pas dénué d'intérêt .
Est-ce un hasard ? …
Ou un accident ? …
Un scandale ? … une tragédie ? ...
mercredi 25 juillet 2018
TROIS MOUCHES 132 . UN HOMME , UN VRAI
Trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux de paille .
Charlie se plaisait à imaginer que chacun dans ce groupe de chasseurs remarquait combien
il était puissamment bâti ; pas seulement ses sept hôtes , mais aussi ses six rabatteurs noirs
et Berthe à cheval derrière lui .
Derrière Charlie , les trois chasseurs , les rabatteurs et sept hôtes aux chapeaux de
paille , six chevaux noirs puissamment bâtis bourdonnaient comme des mouches . Berthe
imagina que chacun dans le groupe remarquait combien elle était merveilleuse !
Six ou sept mouches noires bourdonnaient contre le groupe des chasseurs et les chevaux
des hôtes . Charlie remarqua que Berthe plaisait aux trois puissants rabatteurs qui , derrière
elle , imaginaient sous leur chapeau de paille combien elle était merveilleusement bâtie ...
Charlie se plaisait à imaginer que chacun dans ce groupe de chasseurs remarquait combien
il était puissamment bâti ; pas seulement ses sept hôtes , mais aussi ses six rabatteurs noirs
et Berthe à cheval derrière lui .
Derrière Charlie , les trois chasseurs , les rabatteurs et sept hôtes aux chapeaux de
paille , six chevaux noirs puissamment bâtis bourdonnaient comme des mouches . Berthe
imagina que chacun dans le groupe remarquait combien elle était merveilleuse !
Six ou sept mouches noires bourdonnaient contre le groupe des chasseurs et les chevaux
des hôtes . Charlie remarqua que Berthe plaisait aux trois puissants rabatteurs qui , derrière
elle , imaginaient sous leur chapeau de paille combien elle était merveilleusement bâtie ...
mardi 24 juillet 2018
PARADIS 89 . LE SÉNEÇON
- Dieu : "Présomptueux ! … c'est le mot que je cherchais"
- Adam : "Qu'est-ce que ça veut dire ?"
- Dieu : "Est présomptueux celui qui … comment te dire ? … prenons un exemple :
l'Homme"
- Adam : "L'Homme est présomptueux ?"
Le Créateur et Sa Créature conversent en marchant . Au bord du chemin (un de ces
chemins rustiques du Paradis) , le séneçon balance doucement ses riches panicules et la
chicorée sauvage , toute de bleu azuré , ses fleurs ligulées et ses sucs amers .
- Dieu (soupir) : "C'est le moins qu'on puisse dire …"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu : "………………"
- Adam : "L'Homme est présomptueux … c'est ce que tu as dit ?"
- Dieu : "Oui … et il est le seul de Ma Création"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu : "La coccinelle n'est pas présomptueuse … la loutre non plus … même le singe et
même le lion ne le sont pas … l'Homme , si"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu s'arrête et caresse de Sa Main l'involucre du séneçon : "Évidemment , ces fleurs …
regarde , Adam ! … quoi de plus admirable ? … ce jaune clair délicat … merveille ! …"
- Adam : "…………….."
- Dieu se remet en marche : "Évidemment le séneçon n'est pas présomptueux … il est au
bord du chemin , humble parmi les humbles … pas la moindre prétention … aucune envie
de dominer … être là … exposer Mon Oeuvre : la simple beauté … et se laisser bercer par
Mes Courants d'Air …"
- Adam : "…………….."
- Dieu : "………………"
- Adam , par anticipation : "Tandis que l'Homme ? …"
- Dieu , levant les yeux vers le ciel (c'est chez Lui) : 'L'Homme ! …" . Saisit-on l'introu-
vable qualificatif qui joindrait dans un même liant les ingrédients de cette exclamation
déplorante : contrariété-irritation-désillusion-étonnement-regret-incompréhension-
désappointement-amertume-chagrin … y a-t-il un mot pour la dire ?
- Adam : "………?…….."
- Dieu voûte les épaules comme un peintre qui - le matin - touché par la beauté de son sujet
nimbé d'apothéotique lumière , poussé dans le dos par ses muses , saisit ses pinceaux , broie
ses couleurs à l'image de sa Joconde ou de son paysage et - le soir - quand le flamboiement
du jour s'éteint , tourne le dos à son chevalet où s'étale un désastreux barbouillage :
"L'Homme ! … tu comprends , Adam , le séneçon est à sa place … la place de séneçon …
celle que je lui ai assignée …"
- Adam : "………………"
- Dieu : "Tandis que l'Homme !! … quel orgueil ! … dominer la terre … la soumettre !"
- Adam : "Tu l'as dit toi-même : soumettez-la ! … je l'ai lu dans Le Livre … Ge 1.28 !"
- Dieu prend Adam par les épaules , le secoue , et c'est toute Sa Colère Divine qu'il éructe
(cf Déluge , Peste Noire , Éruption du Krakatoa , Inondation de Sainte Lucie , Titran
Disaster , etc …) : "Je n'ai jamais dit ça ! … ce sont ces prophètes de malheur … ces
Jérémie … ces prêtres et ces scribes présomptueux qui parlent et écrivent soi-disant en
Mon Nom !"
- Adam : "Qu'est-ce que ça veut dire ?"
- Dieu : "Est présomptueux celui qui … comment te dire ? … prenons un exemple :
l'Homme"
- Adam : "L'Homme est présomptueux ?"
Le Créateur et Sa Créature conversent en marchant . Au bord du chemin (un de ces
chemins rustiques du Paradis) , le séneçon balance doucement ses riches panicules et la
chicorée sauvage , toute de bleu azuré , ses fleurs ligulées et ses sucs amers .
- Dieu (soupir) : "C'est le moins qu'on puisse dire …"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu : "………………"
- Adam : "L'Homme est présomptueux … c'est ce que tu as dit ?"
- Dieu : "Oui … et il est le seul de Ma Création"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu : "La coccinelle n'est pas présomptueuse … la loutre non plus … même le singe et
même le lion ne le sont pas … l'Homme , si"
- Adam : "……..?…….."
- Dieu s'arrête et caresse de Sa Main l'involucre du séneçon : "Évidemment , ces fleurs …
regarde , Adam ! … quoi de plus admirable ? … ce jaune clair délicat … merveille ! …"
- Adam : "…………….."
- Dieu se remet en marche : "Évidemment le séneçon n'est pas présomptueux … il est au
bord du chemin , humble parmi les humbles … pas la moindre prétention … aucune envie
de dominer … être là … exposer Mon Oeuvre : la simple beauté … et se laisser bercer par
Mes Courants d'Air …"
- Adam : "…………….."
- Dieu : "………………"
- Adam , par anticipation : "Tandis que l'Homme ? …"
- Dieu , levant les yeux vers le ciel (c'est chez Lui) : 'L'Homme ! …" . Saisit-on l'introu-
vable qualificatif qui joindrait dans un même liant les ingrédients de cette exclamation
déplorante : contrariété-irritation-désillusion-étonnement-regret-incompréhension-
désappointement-amertume-chagrin … y a-t-il un mot pour la dire ?
- Adam : "………?…….."
- Dieu voûte les épaules comme un peintre qui - le matin - touché par la beauté de son sujet
nimbé d'apothéotique lumière , poussé dans le dos par ses muses , saisit ses pinceaux , broie
ses couleurs à l'image de sa Joconde ou de son paysage et - le soir - quand le flamboiement
du jour s'éteint , tourne le dos à son chevalet où s'étale un désastreux barbouillage :
"L'Homme ! … tu comprends , Adam , le séneçon est à sa place … la place de séneçon …
celle que je lui ai assignée …"
- Adam : "………………"
- Dieu : "Tandis que l'Homme !! … quel orgueil ! … dominer la terre … la soumettre !"
- Adam : "Tu l'as dit toi-même : soumettez-la ! … je l'ai lu dans Le Livre … Ge 1.28 !"
- Dieu prend Adam par les épaules , le secoue , et c'est toute Sa Colère Divine qu'il éructe
(cf Déluge , Peste Noire , Éruption du Krakatoa , Inondation de Sainte Lucie , Titran
Disaster , etc …) : "Je n'ai jamais dit ça ! … ce sont ces prophètes de malheur … ces
Jérémie … ces prêtres et ces scribes présomptueux qui parlent et écrivent soi-disant en
Mon Nom !"
lundi 23 juillet 2018
DIPLAZIUM LAFFANIANUM
Ile Saint David . Bermudes . Aéroport International LF. Wade . Agence Hertz .
1212 Kindley Field Road . La fille nous tend les clés : "Qui conduit ?" . Moi : "Moi" .
Contact . En route pour Spanish Point , pépinière de Tulo Valley . Elle m'a tanné
pendant des mois au téléphone . Je décrochais et j'entendais sa voix : "Madame
Delplanque … ici , Madame Delplanque ! … je sais que vous êtes là ! … répondez !".
Je reposais le combiné . Finalement , j'ai craqué : "Qu'est-ce que vous voulez ?" .
"Les Bermudes … j'ai les billets . Deux allers-retours" . "Les Bermudes ?" . Madame
Delplanque : "Les Bermudes … un paradis !" … Moi : "Un paradis fiscal … vous
avez des économies ?" . "Ne soyez pas idiot … j'ai claqué mes derniers dollars dans
ces billets" . Moi : "Alors ?" . Elle : "Diplazium Laffanianum" . Moi : "…….?…….." .
Elle : "Qu'est-ce que vous en dites ?" . Moi : "Rien … comment avez-vous dit ?" .
Elle répète : "Diplazium Laffanianum" . Moi : "…….?…….." . Elle : "C'est une fougère
… unique … endémique des Bermudes , mais on ne la trouve plus à l'état sauvage …
il en existe deux à la pépinière de Tulo Valley" . Moi : "Où ?" . "A la pépinière de Tulo
Valley … aux Bermudes , pardi … nous avons rendez-vous avec Kimberly M. Burch" .
Moi : "Qui ?" . "Kimberly M. Burch … vous êtes sourd ?" . "Qui est Kimberly
M. machin ?" . "Le conservateur … ou la conservatrice … il … elle a une drôle de voix …
entre les deux …" . Pink Beach . South Road . Nous approchons . Moi : "Parions :
Kimberly , homme ou une femme ?" . Madame Delplanque : "Qu'est-ce que ça fout ?" …
puis , lyrique : "Ah … Diplazium Laffanianum !"
1212 Kindley Field Road . La fille nous tend les clés : "Qui conduit ?" . Moi : "Moi" .
Contact . En route pour Spanish Point , pépinière de Tulo Valley . Elle m'a tanné
pendant des mois au téléphone . Je décrochais et j'entendais sa voix : "Madame
Delplanque … ici , Madame Delplanque ! … je sais que vous êtes là ! … répondez !".
Je reposais le combiné . Finalement , j'ai craqué : "Qu'est-ce que vous voulez ?" .
"Les Bermudes … j'ai les billets . Deux allers-retours" . "Les Bermudes ?" . Madame
Delplanque : "Les Bermudes … un paradis !" … Moi : "Un paradis fiscal … vous
avez des économies ?" . "Ne soyez pas idiot … j'ai claqué mes derniers dollars dans
ces billets" . Moi : "Alors ?" . Elle : "Diplazium Laffanianum" . Moi : "…….?…….." .
Elle : "Qu'est-ce que vous en dites ?" . Moi : "Rien … comment avez-vous dit ?" .
Elle répète : "Diplazium Laffanianum" . Moi : "…….?…….." . Elle : "C'est une fougère
… unique … endémique des Bermudes , mais on ne la trouve plus à l'état sauvage …
il en existe deux à la pépinière de Tulo Valley" . Moi : "Où ?" . "A la pépinière de Tulo
Valley … aux Bermudes , pardi … nous avons rendez-vous avec Kimberly M. Burch" .
Moi : "Qui ?" . "Kimberly M. Burch … vous êtes sourd ?" . "Qui est Kimberly
M. machin ?" . "Le conservateur … ou la conservatrice … il … elle a une drôle de voix …
entre les deux …" . Pink Beach . South Road . Nous approchons . Moi : "Parions :
Kimberly , homme ou une femme ?" . Madame Delplanque : "Qu'est-ce que ça fout ?" …
puis , lyrique : "Ah … Diplazium Laffanianum !"
dimanche 22 juillet 2018
KRANT 139 . MAUVAIS VENT
- "Le vent se lève"
Nous venions de doubler Black Rock quand la voix lugubre de Toms franchit le col
relevé de ma vareuse .
- Moi : "Et quoi , Toms ! … que le vent se lève , est-ce si grave ?"
- Toms : "Ça l'est … il vient de loin … c'est qu'il a à dire … de l'autre côté de la terre
comme si quelque chose finissait … ou une fenêtre se fermait pour l'éternité … que
quelqu'un expirait là-bas …"
- Moi : "……………"
- Toms : "Ceux qui meurent chez nous … pendant que nous usons nos vies sur ce rafiot"
- Moi : "Tu n'es bien nulle part , Toms … ni ici , ni là-bas … laisse donc les nôtres mourir
chez nous … ce vent , c'est une combinaison de phénomènes , ni plus , ni moins …"
- Toms , riant d'un rire mauvais : "Comment peux-tu croire à ces sornettes !"
- Moi : "La météorologie est une science , Toms … le capitaine m'a dit ..."
- Toms , m'interrompant : "Le capitaine dit ce qu'il veut … moi je sais que le vent parle …
il suffit de l'écouter … et ce qu'il me dit là , en ce moment , c'est que le vieux Karlis …
tu sais … celui qui tient l'auberge sur la darse n°5 … l'ancêtre … vient de casser sa pipe"
Deux mois plus tard , Toms et moi nous recueillîmes sur la tombe du vieil aubergiste .
Nous venions de doubler Black Rock quand la voix lugubre de Toms franchit le col
relevé de ma vareuse .
- Moi : "Et quoi , Toms ! … que le vent se lève , est-ce si grave ?"
- Toms : "Ça l'est … il vient de loin … c'est qu'il a à dire … de l'autre côté de la terre
comme si quelque chose finissait … ou une fenêtre se fermait pour l'éternité … que
quelqu'un expirait là-bas …"
- Moi : "……………"
- Toms : "Ceux qui meurent chez nous … pendant que nous usons nos vies sur ce rafiot"
- Moi : "Tu n'es bien nulle part , Toms … ni ici , ni là-bas … laisse donc les nôtres mourir
chez nous … ce vent , c'est une combinaison de phénomènes , ni plus , ni moins …"
- Toms , riant d'un rire mauvais : "Comment peux-tu croire à ces sornettes !"
- Moi : "La météorologie est une science , Toms … le capitaine m'a dit ..."
- Toms , m'interrompant : "Le capitaine dit ce qu'il veut … moi je sais que le vent parle …
il suffit de l'écouter … et ce qu'il me dit là , en ce moment , c'est que le vieux Karlis …
tu sais … celui qui tient l'auberge sur la darse n°5 … l'ancêtre … vient de casser sa pipe"
Deux mois plus tard , Toms et moi nous recueillîmes sur la tombe du vieil aubergiste .
samedi 21 juillet 2018
L'ÉTÉ VI
Sur l'or des épis , l'été s'étire
Quand , sur la route
(Voie romaine jadis) ,
Ignorant ce refrain millénaire ,
Des automobiles muettes
S'évaporent dans l'éclat du jour .
On se rend au boulot ,
Malgré l'été ,
Comme les fourmis , noires et aptères ,
Sur leurs pistes hormonales .
L'été s'en fout :
Il s'étire ,
Confortable ,
Sur l'or des épis .
Quand , sur la route
(Voie romaine jadis) ,
Ignorant ce refrain millénaire ,
Des automobiles muettes
S'évaporent dans l'éclat du jour .
On se rend au boulot ,
Malgré l'été ,
Comme les fourmis , noires et aptères ,
Sur leurs pistes hormonales .
L'été s'en fout :
Il s'étire ,
Confortable ,
Sur l'or des épis .
COTE 137 . 111 . LE LIT
- Martial : "Un lit !!"
- Moi : "Un lit !!"
Le capitaine nous a envoyé , Martial et moi , en patrouille au village de Montrepont .
Un village , c'est une façon de parler : il y a eu un village de Montrepont , mais c'était
avant . Avant la guerre . Aujourd'hui , l'endroit où nous patrouillons est une tranche de
l'atmosphère où il y a eu un village avec une église , une mairie , un café , peut-être une
fontaine ou un calvaire , des fermes , des pâtures , des vergers , un champ de foire , des
paysans , un curé et ce village avait un nom : Montrepont . Le capitaine : voir si , à Mon-
trepont , il y aurait pas des boches avec des mauvaises intentions . Non , mon capitaine ,
là où était Montrepont , il n'y a plus rien , sauf … sauf un lit !!
- Martial , s'exclamant à la manière chuchotée des patrouilleurs : "Un lit !!"
- Moi , en habituel rabat-joie : "Il y manque un pied"
Nous nous approchons , courbés en deux , et nous agenouillons près de cet objet
estropié mais miraculeux .
- Martial : "Avec un matelas … crin-laine"
- Moi : "Il est crevé … la bourre lui sort par la panse !"
- Martial rembourre le matelas : "Écoute , vieux , c'est un lit … éventré , à trois pattes ,
mais c'est un lit !"
- Moi . Il pleut faiblement . Je tâte la toile : "Et tout humide !"
A part le grondement d'une canonnade lointaine , c'est le silence .
- Martial : "Quelle aubaine !"
- Moi : "……..?………"
- Martial : "Tu te rends compte ?"
- Moi : "Quoi , Martial ? … quelle aubaine ?"
- Martial : "Vieux … un somme … on va faire un somme"
- Moi : "Tu es fou , Martial ! … entre les lignes ? … ça fourmille de boches !"
- Martial : "Il n'y a personne … tu vois bien" . Il se jette sur le lit qui bascule sur son pied
manquant et s'installe en chien de fusil : "Allez , viens ! … il y a de la place pour deux !"
- Moi : "Martial ! … tu es complètement fou !" . Je tourne la tête vers tout ce qui pourrait
dissimuler un fridolin : "Descends de là , nom de Dieu !"
- Martial : "Viens , je te dis ! … qu'est-ce qu'on est bien !" . Il me tire par la capote :
"Viens faire dodo !"
- Moi : "Pas question ! … tirons-nous d'ici !"
- Martial : "Laisse-moi" . Et ce crétin ferme les yeux et ce crétin se met à ronfler .
J'attends … cinq minutes … dix minutes … le Lebel pointé vers la brume qui s'est levée
sur la cote 137 . Cet enfoiré de Martial dort à poings fermés . Soudain : "Ach ! …" et des
cliquetis . J'agrippe Martial : "Foutons le camp !"
- Martial grogne et se frotte les yeux : "Où je suis ? … qu'est-ce qui se passe ? … qu'est-ce
que tu veux ?"
- Moi : "Foutons le camp !"
Sur le chemin du retour , je l'engueule : "Ils étaient à vingt mètres !"
Dans la tranchée . Le capitaine nous attend :
- "Alors , Montrepont ?"
- Martial : "Mon capitaine … il y a longtemps que je n'ai pas si bien dormi !"
- Le capitaine : "……….?…….."
- Moi : "Un lit !!"
Le capitaine nous a envoyé , Martial et moi , en patrouille au village de Montrepont .
Un village , c'est une façon de parler : il y a eu un village de Montrepont , mais c'était
avant . Avant la guerre . Aujourd'hui , l'endroit où nous patrouillons est une tranche de
l'atmosphère où il y a eu un village avec une église , une mairie , un café , peut-être une
fontaine ou un calvaire , des fermes , des pâtures , des vergers , un champ de foire , des
paysans , un curé et ce village avait un nom : Montrepont . Le capitaine : voir si , à Mon-
trepont , il y aurait pas des boches avec des mauvaises intentions . Non , mon capitaine ,
là où était Montrepont , il n'y a plus rien , sauf … sauf un lit !!
- Martial , s'exclamant à la manière chuchotée des patrouilleurs : "Un lit !!"
- Moi , en habituel rabat-joie : "Il y manque un pied"
Nous nous approchons , courbés en deux , et nous agenouillons près de cet objet
estropié mais miraculeux .
- Martial : "Avec un matelas … crin-laine"
- Moi : "Il est crevé … la bourre lui sort par la panse !"
- Martial rembourre le matelas : "Écoute , vieux , c'est un lit … éventré , à trois pattes ,
mais c'est un lit !"
- Moi . Il pleut faiblement . Je tâte la toile : "Et tout humide !"
A part le grondement d'une canonnade lointaine , c'est le silence .
- Martial : "Quelle aubaine !"
- Moi : "……..?………"
- Martial : "Tu te rends compte ?"
- Moi : "Quoi , Martial ? … quelle aubaine ?"
- Martial : "Vieux … un somme … on va faire un somme"
- Moi : "Tu es fou , Martial ! … entre les lignes ? … ça fourmille de boches !"
- Martial : "Il n'y a personne … tu vois bien" . Il se jette sur le lit qui bascule sur son pied
manquant et s'installe en chien de fusil : "Allez , viens ! … il y a de la place pour deux !"
- Moi : "Martial ! … tu es complètement fou !" . Je tourne la tête vers tout ce qui pourrait
dissimuler un fridolin : "Descends de là , nom de Dieu !"
- Martial : "Viens , je te dis ! … qu'est-ce qu'on est bien !" . Il me tire par la capote :
"Viens faire dodo !"
- Moi : "Pas question ! … tirons-nous d'ici !"
- Martial : "Laisse-moi" . Et ce crétin ferme les yeux et ce crétin se met à ronfler .
J'attends … cinq minutes … dix minutes … le Lebel pointé vers la brume qui s'est levée
sur la cote 137 . Cet enfoiré de Martial dort à poings fermés . Soudain : "Ach ! …" et des
cliquetis . J'agrippe Martial : "Foutons le camp !"
- Martial grogne et se frotte les yeux : "Où je suis ? … qu'est-ce qui se passe ? … qu'est-ce
que tu veux ?"
- Moi : "Foutons le camp !"
Sur le chemin du retour , je l'engueule : "Ils étaient à vingt mètres !"
Dans la tranchée . Le capitaine nous attend :
- "Alors , Montrepont ?"
- Martial : "Mon capitaine … il y a longtemps que je n'ai pas si bien dormi !"
- Le capitaine : "……….?…….."
jeudi 19 juillet 2018
DIEU POUR LES NULS
Soeur Marie de la Croix s'apprête à sortir de la chambre de Jules . Elle porte un plateau .
Sur le plateau : un bol vide - il a contenu un velouté de chou-fleur au citron , cerfeuil et
Caprice des Dieux - et un verre , vide également - il contenait de l'eau où efferveçait un
cachet d'aspirine . A côté de ce bol et de ce verre vides , une boîte d'aspirine 100 où manque
un comprimé ; il en reste vingt-neuf .
- Jules : "L'effet Aharonov-Bohm , ça vous dit quelque chose ?"
- Smdlc . Elle s'arrête sur le seuil de la porte et se retourne vers Jules , allongé sur son lit
médicalisé : "Doux Jésus ! … bien entendu … c'est un phénomène quantique"
- Jules : "Mais encore …"
- Smdlc . Elle revient sur ses pas et pose le plateau sur la table de chevet : "Il décrit le para-
doxe suivant …"
- Jules : "Je vous écoute , ma soeur"
- Smdlc . Elle s'asseoit sur le lit , joint les mains sous son menton , lève les yeux au ciel et
psalmodie : "L'effet Aharonov-Bohm démontre qu'un champ magnétique peut affecter une
région de l'espace à distance , le potentiel vecteur n'ayant pas disparu !"
- Jules : "……..?……."
- Smdlc . Elle regarde Jules avec un immense sourire . Elle a retrouvé son registre de voix
habituel (soprano) : "Étonnant , non !? … l'auriez vous cru ?"
- Jules . Il se retourne contre le mur : "Ma soeur , je ne crois plus en rien !"
- Smdlc . Elle pose une main apaisante sur l'épaule de Jules : "Monsieur Jules … voulez-
vous un autre cachet d'aspirine ?"
- Jules : "Je veux bien …"
- Smdlc : "………………."
- Jules : "Ni en Dieu … ni à la physique quantique …"
Sur le plateau : un bol vide - il a contenu un velouté de chou-fleur au citron , cerfeuil et
Caprice des Dieux - et un verre , vide également - il contenait de l'eau où efferveçait un
cachet d'aspirine . A côté de ce bol et de ce verre vides , une boîte d'aspirine 100 où manque
un comprimé ; il en reste vingt-neuf .
- Jules : "L'effet Aharonov-Bohm , ça vous dit quelque chose ?"
- Smdlc . Elle s'arrête sur le seuil de la porte et se retourne vers Jules , allongé sur son lit
médicalisé : "Doux Jésus ! … bien entendu … c'est un phénomène quantique"
- Jules : "Mais encore …"
- Smdlc . Elle revient sur ses pas et pose le plateau sur la table de chevet : "Il décrit le para-
doxe suivant …"
- Jules : "Je vous écoute , ma soeur"
- Smdlc . Elle s'asseoit sur le lit , joint les mains sous son menton , lève les yeux au ciel et
psalmodie : "L'effet Aharonov-Bohm démontre qu'un champ magnétique peut affecter une
région de l'espace à distance , le potentiel vecteur n'ayant pas disparu !"
- Jules : "……..?……."
- Smdlc . Elle regarde Jules avec un immense sourire . Elle a retrouvé son registre de voix
habituel (soprano) : "Étonnant , non !? … l'auriez vous cru ?"
- Jules . Il se retourne contre le mur : "Ma soeur , je ne crois plus en rien !"
- Smdlc . Elle pose une main apaisante sur l'épaule de Jules : "Monsieur Jules … voulez-
vous un autre cachet d'aspirine ?"
- Jules : "Je veux bien …"
- Smdlc : "………………."
- Jules : "Ni en Dieu … ni à la physique quantique …"
mercredi 18 juillet 2018
AUBE (10)
J'aime les déserts .
Dans le département de l'Aube (10) ,
Nous n'en avons pas ,
Sauf à considérer
Que la Région Champagne-Ardenne
En est un ...
Dans le département de l'Aube (10) ,
Nous n'en avons pas ,
Sauf à considérer
Que la Région Champagne-Ardenne
En est un ...
TROIS MOUCHES 131 . LE BRUIT DU TEMPS
Berthe est dans mes bras . Trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnent
contre nos chapeaux de paille . Je me rappelle fort bien des mortes années de la Russie ,
les années quatre-vingt dix , leur lent glissement , leur calme maladif , leur extrême
provincialisme , cette anse d'eau dormante , dernier refuge du siècle agonisant .
Trois , quatre , dix , vingt mouches agonisent dans mes bras . Vermeilles et merveil-
leuses , elles glissent dans l'anse de la mort . Derniers bourdonnements , extrême calme
des pailles maladives et Berthe qui se rappelle : les provinces endormies de Russie , les
lentes eaux du siècle , le refuge des années .
Dernières années d'un siècle merveilleux . Je me rappelle fort bien cette Russie extrême
et maladive , le chapeau de Berthe dont les pailles vermeilles glissaient lentement . Elle
dormait . Vingt-quatre ans qu'elle se réfugiait dans mes bras comme dans une anse aux
eaux calmes qui , cependant , bourdonnaient comme des mouches à l'agonie .
contre nos chapeaux de paille . Je me rappelle fort bien des mortes années de la Russie ,
les années quatre-vingt dix , leur lent glissement , leur calme maladif , leur extrême
provincialisme , cette anse d'eau dormante , dernier refuge du siècle agonisant .
Trois , quatre , dix , vingt mouches agonisent dans mes bras . Vermeilles et merveil-
leuses , elles glissent dans l'anse de la mort . Derniers bourdonnements , extrême calme
des pailles maladives et Berthe qui se rappelle : les provinces endormies de Russie , les
lentes eaux du siècle , le refuge des années .
Dernières années d'un siècle merveilleux . Je me rappelle fort bien cette Russie extrême
et maladive , le chapeau de Berthe dont les pailles vermeilles glissaient lentement . Elle
dormait . Vingt-quatre ans qu'elle se réfugiait dans mes bras comme dans une anse aux
eaux calmes qui , cependant , bourdonnaient comme des mouches à l'agonie .
Inscription à :
Commentaires (Atom)