Un espace vaguement cerné de broussailles accote la bergerie d'Ange Orsini .
Les garçons sont placés à l'avant-plan comme il se doit et les filles refoulées au
pied d'un mur ronceux . L'oeil noir de la chambre photographique , indifférent
et morne , assiste à cette anthropologique mise en scène . Au centre , l'âne et le
curé découpent leur stupide silhouette sur le ciel de Corse et (cependant que trois
mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnent contre nos chapeaux de paille)
je n'ai pas envie de rire .
Une merveilleuse envie de rire cerne la chambre des filles pendant que les
garçons , accotés au mur du curé , bourdonnent contre le ciel de Corse , l'oeil
stupide , et découpent dans un espace vaguement anthropologique la bergerie
d'Ange Orsini . Des chapeaux de paille refoulent trois mouches dans un morne
roncier et l'âne , noire silhouette , assiste à la scène .
Mon chapeau de paille vaguement découpé dans un ciel morne cerne trois filles
à l'oeil merveilleux . Indifférentes , elles refoulent à mes pieds leur envie de garçons
et leur rire stupide . Silhouettes noires au centre de ma chambre , elles bourdonnent
comme une broussaille et dehors , entre les ronces vermeilles , la Corse espace les
murs accotés à la bergerie d'Ange .
mercredi 19 novembre 2014
lundi 17 novembre 2014
DESMOND 11 . LES STABILOS
- "Marilyn !! … these stabiles are absolute trash ! … fuck it ! …" . C'est le Président .
Il hurle . Il sort de son bureau comme une bumper car au moment où je passe dans le
couloir avec des documents top-secrets à détruire après lecture ; il me percute et le
choc est si violent que la pile m'échappe et que se répandent sur la moquette les tur-
pitudes de la terre entière …
- Le Président : "Oh , Desmond ! … I'm so sorry ! … c'est cette peste de Marilyn …
elle m'a refilé des contrefaçons chinoises … ces stabilos sont a load of crap ! …"
J'entreprends , à quatre pattes , de ramener vers moi ce monceau d'ordures interna-
tionales et le Président s'accroupit pour m'aider .
- Le Président : "Vous comprenez , Desmond , j'ai absolument besoin de stabilos …
sans ça , I'm completely lost … the red one pour ces gros ballots de moujiks com-
munistes , yellow for the chintoks , the black one for negroes , and so on …"
Hurlant : "Marilyn ! … what the hell are you doing !?"
Marilyn s'incarne dans une paire de talons aiguilles rouge vif plantés dans la moquette .
- Marilyn : "Yes , Mister President ?"
- Le Président : "Marilyn , ma chérie … mes stabilos … qu'est-ce que c'est que ces
merdes dans mon plumier ? … je vous l'ai dit cent fois : des stabilos boss de la marque
Stabilo ! … pas ces cochonneries à deux cents de dollar namibien made in China ! …"
- Marilyn : " Dickie ! … y z'en n'ont plus à la papeterie de Calvert Street !"
- Le Président . A quatre pattes comme moi : "Quelle papeterie , Marilyn ? … il y a une
papeterie à Calvert Street ? … ma cocotte … des vrais stabilos , y en a autant qu'on
veut à Dupont Circle ou à Tysons Corner … chez Walker …
- Le Président . Il frotte ses genoux pour ôter les minous : "Vous comprenez , Desmond …
je dois stabiler ces putains de rapports … red-one pour les moujiks …"
- Moi : "Euh … Monsieur le Président … si je puis me permettre : "stabiler" est incorrect …
"stabiloter" ou "stabilobosser" sont les deux vocables admis"
- Le Président : "Vous êtes sûr ? … vous avez vu Bled sur ce point ? …"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président"
- Le Président . Il pose sa main sur mon épaule : "Vous êtes un homme précieux ,
Desmond …" . A Marilyn : "Remuez-vous les fesses Marilyn ! … d'urgence ! … j'ai
à stabilobosser ! " . A moi : "Est-ce bien ainsi , Desmond ?"
- Moi : "C'était parfait , Mister President !"
Il hurle . Il sort de son bureau comme une bumper car au moment où je passe dans le
couloir avec des documents top-secrets à détruire après lecture ; il me percute et le
choc est si violent que la pile m'échappe et que se répandent sur la moquette les tur-
pitudes de la terre entière …
- Le Président : "Oh , Desmond ! … I'm so sorry ! … c'est cette peste de Marilyn …
elle m'a refilé des contrefaçons chinoises … ces stabilos sont a load of crap ! …"
J'entreprends , à quatre pattes , de ramener vers moi ce monceau d'ordures interna-
tionales et le Président s'accroupit pour m'aider .
- Le Président : "Vous comprenez , Desmond , j'ai absolument besoin de stabilos …
sans ça , I'm completely lost … the red one pour ces gros ballots de moujiks com-
munistes , yellow for the chintoks , the black one for negroes , and so on …"
Hurlant : "Marilyn ! … what the hell are you doing !?"
Marilyn s'incarne dans une paire de talons aiguilles rouge vif plantés dans la moquette .
- Marilyn : "Yes , Mister President ?"
- Le Président : "Marilyn , ma chérie … mes stabilos … qu'est-ce que c'est que ces
merdes dans mon plumier ? … je vous l'ai dit cent fois : des stabilos boss de la marque
Stabilo ! … pas ces cochonneries à deux cents de dollar namibien made in China ! …"
- Marilyn : " Dickie ! … y z'en n'ont plus à la papeterie de Calvert Street !"
- Le Président . A quatre pattes comme moi : "Quelle papeterie , Marilyn ? … il y a une
papeterie à Calvert Street ? … ma cocotte … des vrais stabilos , y en a autant qu'on
veut à Dupont Circle ou à Tysons Corner … chez Walker …
- Le Président . Il frotte ses genoux pour ôter les minous : "Vous comprenez , Desmond …
je dois stabiler ces putains de rapports … red-one pour les moujiks …"
- Moi : "Euh … Monsieur le Président … si je puis me permettre : "stabiler" est incorrect …
"stabiloter" ou "stabilobosser" sont les deux vocables admis"
- Le Président : "Vous êtes sûr ? … vous avez vu Bled sur ce point ? …"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président"
- Le Président . Il pose sa main sur mon épaule : "Vous êtes un homme précieux ,
Desmond …" . A Marilyn : "Remuez-vous les fesses Marilyn ! … d'urgence ! … j'ai
à stabilobosser ! " . A moi : "Est-ce bien ainsi , Desmond ?"
- Moi : "C'était parfait , Mister President !"
dimanche 16 novembre 2014
FUNÉRARIUM
Dans la pénombre , sous mon corps momifié , on devinait
les bords dentelés de la table à tréteaux où il reposait , et ce qui
semblait six grands cierges . Pourquoi mon épouse , mariée
depuis 72 ans avec le même homme (moi) , avait-elle prié l'en-
baumeur d'ériger six grands cierges autour de ma dépouille ?
Mystère !
Pour y voir enfin clair en moi ?
Ou dans l'espoir qu'une escarbille mette le feu à la gomme de
mes bandelettes et qu'on en finisse avec ces rites d'un autre temps ?
les bords dentelés de la table à tréteaux où il reposait , et ce qui
semblait six grands cierges . Pourquoi mon épouse , mariée
depuis 72 ans avec le même homme (moi) , avait-elle prié l'en-
baumeur d'ériger six grands cierges autour de ma dépouille ?
Mystère !
Pour y voir enfin clair en moi ?
Ou dans l'espoir qu'une escarbille mette le feu à la gomme de
mes bandelettes et qu'on en finisse avec ces rites d'un autre temps ?
KRANT 16 . DIEU , ENCORE
C'était un de ces soirs annonciateurs de tempête . Des nuages chargés d'eaux
arctiques filaient à ras d'horizon contre un ciel bleu pâle . Toutes choses projetaient
des ombres géantes sur la darse n°5 jusqu'au mur des entrepôts où elles bondissaient
à la verticale . Chaque objet présentait sur sa face ouest un anormal éclat . Krant venait
vers moi , non pas avec intention mais parce que nos chemins allaient inévitablement
se croiser . Nous étions distants encore d'une quinzaine de mètres quand : "Chef …
ne vous ai-je pas dit l'autre jour que Dieu n'existe pas ?"
- Moi : "Oui , capitaine , vous l'avez dit ! … nous étions au bout du môle …"
- Krant . Il s'était arrêté de marcher pour agencer ses pensées avant que je sois près de
lui . Les boutons de son plastron étincelaient comme l'or et ses sourcils étaient un
buisson ardent . Rallumant sa pipe éteinte : "J'ai eu tort …"
- Moi . J'ai 61 ans . À cet âge , on ne plaisante pas avec l'inexistence de Dieu , vu que
s'il existe un Dieu de compassion , prêt à concéder à un marin rongé par le sel un
potager pour solde d'éternité , ce marin est preneur . Aussi dis-je : "Parce qu'Il existe ?"
- Krant , tirant deux bouffées inaugurales ; "Je n'en ai aucune idée !" . Une zone sombre
passa à toute vitesse sur la darse . "Avez-vous l'idée d'infini , chef ?"
- Moi : "Oui , bien entendu capitaine !"
- Krant : "Vous l'avez vu ?"
- Moi : "Non , capitaine , c'est impossible !"
- Krant : "On a donc l'idée de choses impossibles à voir ?"
- Moi . Le froid maintenant passait à travers ma vareuse : "… Ainsi , Dieu n'existe pas ?"
- Krant : "Je n'ai pas dit ça ; chef … ce qui existe , c'est l'idée de Dieu … mais la question
de son existence est aussi idiote que de savoir quel temps il fera ici dans trois mois …"
arctiques filaient à ras d'horizon contre un ciel bleu pâle . Toutes choses projetaient
des ombres géantes sur la darse n°5 jusqu'au mur des entrepôts où elles bondissaient
à la verticale . Chaque objet présentait sur sa face ouest un anormal éclat . Krant venait
vers moi , non pas avec intention mais parce que nos chemins allaient inévitablement
se croiser . Nous étions distants encore d'une quinzaine de mètres quand : "Chef …
ne vous ai-je pas dit l'autre jour que Dieu n'existe pas ?"
- Moi : "Oui , capitaine , vous l'avez dit ! … nous étions au bout du môle …"
- Krant . Il s'était arrêté de marcher pour agencer ses pensées avant que je sois près de
lui . Les boutons de son plastron étincelaient comme l'or et ses sourcils étaient un
buisson ardent . Rallumant sa pipe éteinte : "J'ai eu tort …"
- Moi . J'ai 61 ans . À cet âge , on ne plaisante pas avec l'inexistence de Dieu , vu que
s'il existe un Dieu de compassion , prêt à concéder à un marin rongé par le sel un
potager pour solde d'éternité , ce marin est preneur . Aussi dis-je : "Parce qu'Il existe ?"
- Krant , tirant deux bouffées inaugurales ; "Je n'en ai aucune idée !" . Une zone sombre
passa à toute vitesse sur la darse . "Avez-vous l'idée d'infini , chef ?"
- Moi : "Oui , bien entendu capitaine !"
- Krant : "Vous l'avez vu ?"
- Moi : "Non , capitaine , c'est impossible !"
- Krant : "On a donc l'idée de choses impossibles à voir ?"
- Moi . Le froid maintenant passait à travers ma vareuse : "… Ainsi , Dieu n'existe pas ?"
- Krant : "Je n'ai pas dit ça ; chef … ce qui existe , c'est l'idée de Dieu … mais la question
de son existence est aussi idiote que de savoir quel temps il fera ici dans trois mois …"
vendredi 14 novembre 2014
PARADIS 17 . ÉRECTION
Ève se promène toute nue dans le jardin d'Eden .
- Dieu : "Ève , tu enfanteras"
- Ève : "C'est quoi enfanter ?"
- Dieu : "C'est faire des enfants , ma chérie"
- Ève : "C'est quoi des enfants ?"
- Dieu : "C'est des petits … comme ton chaton" (Dieu lui a offert un mistigri
pour la Sainte Catherine)
- Ève battant les mains et tressautant des lolos : "Oh , chic alors ! … c'est un
nouveau jeu ! … quand c'est qu'on commence ?"
- Dieu : "Du calme , Ève ! … on a besoin d'Adam …"
- Ève . Son sourire se fige et ses lolos s'immobilisent : "Oh , flûte ! … Adam ! …
quelle barbe ! … on peut pas jouer rien qu'à nous deux ?"
- Dieu : "C'est pas gentil ce que tu dis … il a bien le droit de jouer aussi , non ? …
d'ailleurs , j'ai bricolé un système … on a besoin de lui …"
- Ève : "Ah …"
- Dieu : "Mais rassure-toi ma cocotte (Il fait un clin d'oeil) , je t'ai réservé le beau
rôle . Tu feras presque tout … Adam , c'est pour pas le vexer , tu comprends …"
- Dieu : "Adam !"
Adam entre dans la Clarté de Dieu . Il est nu sauf les bottes en caoutchouc , et il
est sale .
- Dieu : "Adam , tu as remué la terre ! … je t'ai dit trente-six fois d'arrêter ces jeux
idiots et sans avenir ! … viens ici , on va jouer avec Ève .
Dieu explique aux deux les règles du nouveau jeu : d'abord les prémisses , les car-
resses , les mots tendres , les baisers , la délicatesse , les frôlements … mais déjà
le sexe d'Adam est dressé .
- Dieu , à part Lui : "Mon Dieu (c'est Moi) , quel crétin !"
- Dieu : "Ève , tu enfanteras"
- Ève : "C'est quoi enfanter ?"
- Dieu : "C'est faire des enfants , ma chérie"
- Ève : "C'est quoi des enfants ?"
- Dieu : "C'est des petits … comme ton chaton" (Dieu lui a offert un mistigri
pour la Sainte Catherine)
- Ève battant les mains et tressautant des lolos : "Oh , chic alors ! … c'est un
nouveau jeu ! … quand c'est qu'on commence ?"
- Dieu : "Du calme , Ève ! … on a besoin d'Adam …"
- Ève . Son sourire se fige et ses lolos s'immobilisent : "Oh , flûte ! … Adam ! …
quelle barbe ! … on peut pas jouer rien qu'à nous deux ?"
- Dieu : "C'est pas gentil ce que tu dis … il a bien le droit de jouer aussi , non ? …
d'ailleurs , j'ai bricolé un système … on a besoin de lui …"
- Ève : "Ah …"
- Dieu : "Mais rassure-toi ma cocotte (Il fait un clin d'oeil) , je t'ai réservé le beau
rôle . Tu feras presque tout … Adam , c'est pour pas le vexer , tu comprends …"
- Dieu : "Adam !"
Adam entre dans la Clarté de Dieu . Il est nu sauf les bottes en caoutchouc , et il
est sale .
- Dieu : "Adam , tu as remué la terre ! … je t'ai dit trente-six fois d'arrêter ces jeux
idiots et sans avenir ! … viens ici , on va jouer avec Ève .
Dieu explique aux deux les règles du nouveau jeu : d'abord les prémisses , les car-
resses , les mots tendres , les baisers , la délicatesse , les frôlements … mais déjà
le sexe d'Adam est dressé .
- Dieu , à part Lui : "Mon Dieu (c'est Moi) , quel crétin !"
jeudi 13 novembre 2014
COTE 137 . 15 . LES CERISIERS
Accalmie .
Il ne pleut pas .
Pas de pluie . Pas d'obus .
Martial déballe son paquetage humide et suspend chaque objet au moyen de ficelles ,
fils de fer et bon équilibre aux dix mètres de barbelés qui protègent la tranchée : deux
couvertures roulées dans une toile de tente , une paire de chaussures de rechange , une
brosse à dents , un blaireau , un rasoir coupe-chou , une flasque , un fusil Lebel portant
baïonnette , un couteau , une peau de mouton , une pelle-pioche , une gamelle et ses cou-
verts , un roman écorné : "Paris en feu" par Henri Barbot , un briquet , une pipe , une
blague à tabac , un bouthéon pour les vivres de réserve , un dénoyauteur de cerises ,
un bracelet d'identification , une gourde avec sa housse moutarde , un litron de vin , un
quart en fer blanc , une boîte à savon , un havre-sac , deux musettes , une cartouchière
et 200 cartouches , 6 grenades à main et une grenade fusante , un ouvre-boîte type Le
Singe , une paire de guêtres , une pince à barbelés Peugeot , une cousette , un casque ,
des sous-vêtements , le livret militaire , une médaille en argent de Saint Gorgon , un
bidon pour le café , un mouchoir , une photo de famille , un petit carnet , un crayon à
mine , une gomme , un peigne , les bottes neuves d'Adolf (cf épis. ant .) , un jeu de
cartes , une plaque de chocolat , le masque à gaz …
Tout cela tintait , grinçait et tintinnabulait dans l'air léger …
- Martial : "Mon capitaine , venez voir !"
- Le capitaine . Il sort de sa casemate et découvre ce que tous regardent : un serpent
insolite d'objets pourtant familiers : "Qu'est-ce que c'est que ça ?"
- Martial : "Ça , mon capitaine ?"
- Le capitaine : "…………..?…………."
- Martial : "Ça , mon capitaine , c'est le barda que je me trimbale depuis Août 1914 …"
- Le capitaine . Mains dans les poches , il passe en revue le paquetage de Martial :
"Dites-moi , Martial … que vient faire là-dedans le dénoyauteur ?"
- Martial : "C'est pour me souvenir qu'il y a quelque part des cerisiers"
Il ne pleut pas .
Pas de pluie . Pas d'obus .
Martial déballe son paquetage humide et suspend chaque objet au moyen de ficelles ,
fils de fer et bon équilibre aux dix mètres de barbelés qui protègent la tranchée : deux
couvertures roulées dans une toile de tente , une paire de chaussures de rechange , une
brosse à dents , un blaireau , un rasoir coupe-chou , une flasque , un fusil Lebel portant
baïonnette , un couteau , une peau de mouton , une pelle-pioche , une gamelle et ses cou-
verts , un roman écorné : "Paris en feu" par Henri Barbot , un briquet , une pipe , une
blague à tabac , un bouthéon pour les vivres de réserve , un dénoyauteur de cerises ,
un bracelet d'identification , une gourde avec sa housse moutarde , un litron de vin , un
quart en fer blanc , une boîte à savon , un havre-sac , deux musettes , une cartouchière
et 200 cartouches , 6 grenades à main et une grenade fusante , un ouvre-boîte type Le
Singe , une paire de guêtres , une pince à barbelés Peugeot , une cousette , un casque ,
des sous-vêtements , le livret militaire , une médaille en argent de Saint Gorgon , un
bidon pour le café , un mouchoir , une photo de famille , un petit carnet , un crayon à
mine , une gomme , un peigne , les bottes neuves d'Adolf (cf épis. ant .) , un jeu de
cartes , une plaque de chocolat , le masque à gaz …
Tout cela tintait , grinçait et tintinnabulait dans l'air léger …
- Martial : "Mon capitaine , venez voir !"
- Le capitaine . Il sort de sa casemate et découvre ce que tous regardent : un serpent
insolite d'objets pourtant familiers : "Qu'est-ce que c'est que ça ?"
- Martial : "Ça , mon capitaine ?"
- Le capitaine : "…………..?…………."
- Martial : "Ça , mon capitaine , c'est le barda que je me trimbale depuis Août 1914 …"
- Le capitaine . Mains dans les poches , il passe en revue le paquetage de Martial :
"Dites-moi , Martial … que vient faire là-dedans le dénoyauteur ?"
- Martial : "C'est pour me souvenir qu'il y a quelque part des cerisiers"
MOI-MÊME
La locution moi-même implique un moi décalé
ayant la même forme que moi . Il y aurait un moi
identique mais autre . Ce même moi (n'étant pas
autrement qu'un autre) décalque un soi-même . Si
ce soi-même n'est pas moi-même , c'est un troisiè-
me autre identique à moi à partir de qui se décline
une infinité de moi(s?).
Est-ce clair ?
ayant la même forme que moi . Il y aurait un moi
identique mais autre . Ce même moi (n'étant pas
autrement qu'un autre) décalque un soi-même . Si
ce soi-même n'est pas moi-même , c'est un troisiè-
me autre identique à moi à partir de qui se décline
une infinité de moi(s?).
Est-ce clair ?
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