- "Combien avez-vous de pains maison ?"
- "Combien ?"
- "Oui , combien ?"
- "Vous voulez dire : le nombre ?"
- "Oui "
- "Euh" (Il compte) … "dix-huit … pourquoi ?"
- "Mettez-moi les dix-huit"
- "Comment allez-vous …"
- "J'ai ma camionnette dehors"
- "…….?…….."
- (Elle montre les croissants dans la vitrine) : "Et mettez-moi des croissants aussi …
et des pains au chocolat …"
- "Combien ?"
- "Tous"
- "Tous !?"
- "Oui … tous …"
- (C'est dimanche matin . Juste après la messe . Les clients affluent) : "C'est tout ce
que vous avez comme baguettes ?"
- "Euh … là ? … sur le chariot ?"
- "Oui"
- "Je les prends toutes"
- "Mais …"
- "Et vos pâtisseries … elles sont du jour ?"
- "Oui … bien entendu"
- "Bon … écoutez … je prends tout ce qu'il y a dans votre magasin …
c'est très appétissant"
- "Madame, je ne …"
- (Les clients sont partis) : "Tout-tout-tout"
- "Bon … vous payez comment ?"
- "Ah !? … parce que c'est payant ?"
vendredi 7 juin 2019
LES LIVRES
Parfois - rarement - mon père me convoquait dans la bibliothèque . Il était assis
sur un fauteuil au style indéfini au milieu de la pièce tapissée de volumes dont les
dos luisaient à la lumière enfumée qui rayonnait médiocrement de l'abat-jour trans-
lucide d'un lampadaire . Il avait les jambes croisées , un livre ouvert - un de ses
poètes grecs - posé sur le sommet de son genou . Il me regardait d'un air dubitatif
comme si j'avais été un chat dans une cage à oiseaux . Il était l'oiseau , squelette
aviaire et large ceinture scapulaire , conçu pour voler . J'étais le chat , méfiant et
habillé de fausse sournoiserie . Il me faisait signe d'approcher mais pas trop , écrasait
le mégot de son cigarillo dans un cendrier monumental , jetait le livre sur la table basse ,
décroisait les jambes , les recroisait dans l'autre sens et , du pied , me désignait un siège :
"Assieds-toi" . Puis , le coude calé sur le bras du fauteuil , le visage penché appuyé sur
sa main sèche et musclée , il considérait incrédule sa singulière progéniture : comment
avait-il fait ça ?
sur un fauteuil au style indéfini au milieu de la pièce tapissée de volumes dont les
dos luisaient à la lumière enfumée qui rayonnait médiocrement de l'abat-jour trans-
lucide d'un lampadaire . Il avait les jambes croisées , un livre ouvert - un de ses
poètes grecs - posé sur le sommet de son genou . Il me regardait d'un air dubitatif
comme si j'avais été un chat dans une cage à oiseaux . Il était l'oiseau , squelette
aviaire et large ceinture scapulaire , conçu pour voler . J'étais le chat , méfiant et
habillé de fausse sournoiserie . Il me faisait signe d'approcher mais pas trop , écrasait
le mégot de son cigarillo dans un cendrier monumental , jetait le livre sur la table basse ,
décroisait les jambes , les recroisait dans l'autre sens et , du pied , me désignait un siège :
"Assieds-toi" . Puis , le coude calé sur le bras du fauteuil , le visage penché appuyé sur
sa main sèche et musclée , il considérait incrédule sa singulière progéniture : comment
avait-il fait ça ?
mercredi 5 juin 2019
KRANT 166 . UNE PROFESSION DE SAGE
- "Ces hommes sont des brutes !"
Par d'étroites échelles de bambou , des dockers malais extirpaient de nos cales des sacs
pesants qu'ils portaient sur la nuque . De la passerelle de commandement , Krant , le timo-
nier et moi-même assistions à cette pénible manutention .
- "Ces hommes sont des brutes" , répéta le timonier .
- Krant , les mains agrippées à la rambarde : "Le croyez-vous ?"
- Le timonier : "… des brutes , capitaine !"
- Krant : "Voulez-vous dire qu'ils sont entièrement dans leurs muscles … incapables de
penser ?"
- Le timonier : "Penser ? … savent-ils ce que c'est que penser ?"
- Krant : "Il y a peut-être parmi ces hommes un sage ?"
- Le timonier : "Pensez-vous , capitaine !? … un sage !? … ah , ah !"
- Krant : "Voyez cet homme au turban rouge … sur le troisième échelon … le voyez-vous ?"
- Le timonier : "Je le vois …"
- Krant : "Kauris est son nom"
- Le timonier : "Le connaissez-vous !?"
- Krant : "… oui … il y a des années , j'étais dans son village … à Sukau … il y avait un
port sur le fleuve … c'était Sukau …"
- Le timonier : "……………"
- Krant : "Poète et guérisseur … on venait de loin pour écouter Kauris , et le consulter …
il exerçait un autre métier sur le fleuve , aujourd'hui impraticable … Kauris était le meilleur
de sa profession … les capitaines du monde entier quand ils remontaient le fleuve jusqu'à
Sukau réclamaient les services de Kauris"
- Le timonier : "Quel était son métier ?"
- Krant ne quittant pas des yeux l'homme au turban rouge qui avait progressé de deux
échelons : "Timonier"
Par d'étroites échelles de bambou , des dockers malais extirpaient de nos cales des sacs
pesants qu'ils portaient sur la nuque . De la passerelle de commandement , Krant , le timo-
nier et moi-même assistions à cette pénible manutention .
- "Ces hommes sont des brutes" , répéta le timonier .
- Krant , les mains agrippées à la rambarde : "Le croyez-vous ?"
- Le timonier : "… des brutes , capitaine !"
- Krant : "Voulez-vous dire qu'ils sont entièrement dans leurs muscles … incapables de
penser ?"
- Le timonier : "Penser ? … savent-ils ce que c'est que penser ?"
- Krant : "Il y a peut-être parmi ces hommes un sage ?"
- Le timonier : "Pensez-vous , capitaine !? … un sage !? … ah , ah !"
- Krant : "Voyez cet homme au turban rouge … sur le troisième échelon … le voyez-vous ?"
- Le timonier : "Je le vois …"
- Krant : "Kauris est son nom"
- Le timonier : "Le connaissez-vous !?"
- Krant : "… oui … il y a des années , j'étais dans son village … à Sukau … il y avait un
port sur le fleuve … c'était Sukau …"
- Le timonier : "……………"
- Krant : "Poète et guérisseur … on venait de loin pour écouter Kauris , et le consulter …
il exerçait un autre métier sur le fleuve , aujourd'hui impraticable … Kauris était le meilleur
de sa profession … les capitaines du monde entier quand ils remontaient le fleuve jusqu'à
Sukau réclamaient les services de Kauris"
- Le timonier : "Quel était son métier ?"
- Krant ne quittant pas des yeux l'homme au turban rouge qui avait progressé de deux
échelons : "Timonier"
mardi 4 juin 2019
TROIS MOUCHES 155 . LOLITA À BRICELAND
Le crépuscule imprégnait déjà la jolie petite ville de Briceland , son architecture
pseudo-coloniale , ses boutiques de souvenirs et ses arbres ombreux d'importation
lorsque trois mouches vermeilles et merveilleuses se mirent à bourdonner contre nos
chapeaux de paille .
Trois pseudo-mouches à l'architecture ombreuse se mirent à bourdonner contre
les arbres merveilleux de la ville coloniale de Briceland . Elles imprégnaient de
souvenirs les jolies petites boutiques de chapeaux et , déjà , elles importaient des
pailles de crépuscule .
Briceland au crépuscule : ses petites boutiques ombreuses bourdonnent de
pseudo-souvenirs et , déjà , on s'émerveille car les trois arbres importés des colonies
par un architecte de la ville se mettent à imprégner de mouches vermeilles les jolis
chapeaux de paille .
pseudo-coloniale , ses boutiques de souvenirs et ses arbres ombreux d'importation
lorsque trois mouches vermeilles et merveilleuses se mirent à bourdonner contre nos
chapeaux de paille .
Trois pseudo-mouches à l'architecture ombreuse se mirent à bourdonner contre
les arbres merveilleux de la ville coloniale de Briceland . Elles imprégnaient de
souvenirs les jolies petites boutiques de chapeaux et , déjà , elles importaient des
pailles de crépuscule .
Briceland au crépuscule : ses petites boutiques ombreuses bourdonnent de
pseudo-souvenirs et , déjà , on s'émerveille car les trois arbres importés des colonies
par un architecte de la ville se mettent à imprégner de mouches vermeilles les jolis
chapeaux de paille .
lundi 3 juin 2019
PARADIS 105 . A L'EST D'EDEN
Une fois n'est pas coutume , Adam et Ève se promènent main dans la main sur
les bords du Phison , du côté d'Hevilach , là où pousse l'or (le Phison est l'un des
quatre fleuves de l'Eden , ok ? . A ne pas confondre avec Bdellion Ge 2 . 12 où se
trouve la pierre onyx) . Ils ont l'air de bonne humeur , un joli couple ! . Or , voici
que Dieu vient à contre-sens (c'est souvent comme ça avec Dieu) . Il marche tête
baissée , semble-t-il accablé , traînant les pieds dont le va et vient soulève un peu
de la poussière aurifère du chemin .
- Ève à Adam : "Regarde ! … c'est Didi ! … l'a pas l'air de rigoler" . A Dieu qui ne
les a pas vus , tout plongé dans sa cafardeuse méditation : "Didi !"
- Dieu , surpris , s'arrête et relève la tête : "Adam et Ève !"
- Ève : "Qu'est-ce que tu fais là ?"
- Dieu : "Et vous ?"
- Ève : "Adam ne travaille pas … il fait le pont … on a décidé de passer quelques
jours au bord du Phison"
- Dieu : "Ça a l'air d'aller le ménage …"
- Ève : "Y'a des hauts et des bas … mais globalement … et toi : t'as des soucis ? …
t'es pâlot"
- Dieu : "Oh , tu sais … tous les voyants sont au rouge"
- Adam : "Quels voyants ?"
- Dieu : "Par où commencer ? … dans le désordre : au Botswana , ils chassent mes
éléphants , ils brûlent ma forêt au Brésil , ils infectent ma nature avec leur saloperie
de chimie , mes orangs-outans de Sumatra ne savent plus où se cacher , mon rhino-
céros blanc est un souvenir comme le tigre de Tasmanie … Minamata , Love Canal ,
Bhopal , l'Exxon Valdez , Tchernobyl , le Zyklon B , Monsanto … vous en voulez
d'autres ? ..;"
- Adam et Ève : "…….?…….."
- Dieu : "Et vous ?"
- Ève : "Oh , nous , c'est super i … La Petite Robe Noire , tu connais ?"
- Dieu : "Euh … non … qu'est-ce que c'est ?"
- Ève : "Le nouveau parfum de Guerlain … "Une arme de séduction" qui disent .
"Audacieux , féminin , sifistiqué"
- Dieu . Il corrige : "So-phis-ti-qué"
- Adam : "Et Kawazaki sort la nouvelle Ninja 1000 ZX-10R - il était temps ! - avec
nouvelle culasse … 203 cv , tu parles d'une bécane !"
- Dieu s'éloigne : "Bon , amusez-vous les enfants !"
les bords du Phison , du côté d'Hevilach , là où pousse l'or (le Phison est l'un des
quatre fleuves de l'Eden , ok ? . A ne pas confondre avec Bdellion Ge 2 . 12 où se
trouve la pierre onyx) . Ils ont l'air de bonne humeur , un joli couple ! . Or , voici
que Dieu vient à contre-sens (c'est souvent comme ça avec Dieu) . Il marche tête
baissée , semble-t-il accablé , traînant les pieds dont le va et vient soulève un peu
de la poussière aurifère du chemin .
- Ève à Adam : "Regarde ! … c'est Didi ! … l'a pas l'air de rigoler" . A Dieu qui ne
les a pas vus , tout plongé dans sa cafardeuse méditation : "Didi !"
- Dieu , surpris , s'arrête et relève la tête : "Adam et Ève !"
- Ève : "Qu'est-ce que tu fais là ?"
- Dieu : "Et vous ?"
- Ève : "Adam ne travaille pas … il fait le pont … on a décidé de passer quelques
jours au bord du Phison"
- Dieu : "Ça a l'air d'aller le ménage …"
- Ève : "Y'a des hauts et des bas … mais globalement … et toi : t'as des soucis ? …
t'es pâlot"
- Dieu : "Oh , tu sais … tous les voyants sont au rouge"
- Adam : "Quels voyants ?"
- Dieu : "Par où commencer ? … dans le désordre : au Botswana , ils chassent mes
éléphants , ils brûlent ma forêt au Brésil , ils infectent ma nature avec leur saloperie
de chimie , mes orangs-outans de Sumatra ne savent plus où se cacher , mon rhino-
céros blanc est un souvenir comme le tigre de Tasmanie … Minamata , Love Canal ,
Bhopal , l'Exxon Valdez , Tchernobyl , le Zyklon B , Monsanto … vous en voulez
d'autres ? ..;"
- Adam et Ève : "…….?…….."
- Dieu : "Et vous ?"
- Ève : "Oh , nous , c'est super i … La Petite Robe Noire , tu connais ?"
- Dieu : "Euh … non … qu'est-ce que c'est ?"
- Ève : "Le nouveau parfum de Guerlain … "Une arme de séduction" qui disent .
"Audacieux , féminin , sifistiqué"
- Dieu . Il corrige : "So-phis-ti-qué"
- Adam : "Et Kawazaki sort la nouvelle Ninja 1000 ZX-10R - il était temps ! - avec
nouvelle culasse … 203 cv , tu parles d'une bécane !"
- Dieu s'éloigne : "Bon , amusez-vous les enfants !"
COTE 137 . 126 . LES CHIENS
- Martial à la cantonade : "Quand il n'y aura plus d'hommes pour faire la guerre …"
Points de suspension …
- Moi : "Et bien , Martial , finis ta phrase … qu'est-ce qui se passera quand il n'y aura
plus d'hommes pour faire la guerre ? … ça nous intéresse de savoir"
- Martial : "On enverra les chiens"
Points de suspension . Là-bas , les artilleurs rechargent les culasses .
- Le capitaine , tout en observant les champignons de fumée , à l'est : "Qu'est-ce que les
chiens viennent faire là-dedans ?"
- Martial . Il explique : 'Il n'y aura plus d'hommes … la guerre les aura tous usés …"
- Le capitaine : "Alors ?"
- Martial : "L'État-Major enverra les chiens"
- Moi : "C'est idiot ! … les chiens ne savent pas se servir d'un Lebel"
Points de suspension … une lointaine canonnade reprend son rassurant tambourinement .
- Le capitaine , écartant de ses yeux sa sempiternelle paire de jumelles : "Il a raison ,
Martial … votre idée est tout à fait farfelue … demandez à un chien de recharger la culasse
d'un obusier ! … de régler la hausse d'un canon ! …"
- Dutertre , rigolard : "Tu es fou , Martial !"
- Morel , indigné : "Des cabots !? … tu n'y penses pas !?"
- Moi , condescendant : "Des chiens !? … se lancer sous la mitraille !?"
- Morel encore : "Pourquoi pas des canards ?"
- Dutertre , Morel , le capitaine et moi , levons les yeux au ciel : "Des chiens !"
Points de suspension … tout , en effet , à ce moment , est suspendu …
- Martial , comme s'il avait longuement ressassé nos objections :
"Ils se contenteraient d'aboyer …"
Points de suspension …
- Moi : "Et bien , Martial , finis ta phrase … qu'est-ce qui se passera quand il n'y aura
plus d'hommes pour faire la guerre ? … ça nous intéresse de savoir"
- Martial : "On enverra les chiens"
Points de suspension . Là-bas , les artilleurs rechargent les culasses .
- Le capitaine , tout en observant les champignons de fumée , à l'est : "Qu'est-ce que les
chiens viennent faire là-dedans ?"
- Martial . Il explique : 'Il n'y aura plus d'hommes … la guerre les aura tous usés …"
- Le capitaine : "Alors ?"
- Martial : "L'État-Major enverra les chiens"
- Moi : "C'est idiot ! … les chiens ne savent pas se servir d'un Lebel"
Points de suspension … une lointaine canonnade reprend son rassurant tambourinement .
- Le capitaine , écartant de ses yeux sa sempiternelle paire de jumelles : "Il a raison ,
Martial … votre idée est tout à fait farfelue … demandez à un chien de recharger la culasse
d'un obusier ! … de régler la hausse d'un canon ! …"
- Dutertre , rigolard : "Tu es fou , Martial !"
- Morel , indigné : "Des cabots !? … tu n'y penses pas !?"
- Moi , condescendant : "Des chiens !? … se lancer sous la mitraille !?"
- Morel encore : "Pourquoi pas des canards ?"
- Dutertre , Morel , le capitaine et moi , levons les yeux au ciel : "Des chiens !"
Points de suspension … tout , en effet , à ce moment , est suspendu …
- Martial , comme s'il avait longuement ressassé nos objections :
"Ils se contenteraient d'aboyer …"
samedi 1 juin 2019
DESMOND 101 . PAPEETE
- "Desmond !" . C'est le Président . Il m'intercepte dans le couloir que j'emprunte tous les
jours pour me rendre à l'incinérateur . "Desmond ! … devinez ce que j'ai là …" . Il agite
à bout de bras ce qui semble une carte postale . "Une carte postale ! … et devinez de
qui ?" . Il rayonne . Son sourire aux dents peroxydées illumine le sombre couloir .
- Moi : "Euh … Monsieur le Président …"
- Lui : "Cécile !"
- Moi : "Cécile ?"
- Lui : "Allons , Desmond ! … ne me dites pas que vous avez oublié Cécile ! … Cécile
Bescherelle ! … la sublime , la sensationnelle , la fascinante Cécile Bescherelle !" .
(Cf Épisode Desmond 9)
- Moi : "Cécile Bescherelle … oui , je me souviens"
- Lui : "Il se souvient ! … Desmond , on ne se souvient pas d'une déesse ! … on y pense
à chaque seconde ! … jour et nuit ! … qu'est-ce qu'elle raconte ?" . Il ajuste ses lunettes
et lit à haute voix : "Monsieur le Président , bonjour de Papeete où je passe des vacances
avec Louis . Beau temps . Bisous"
- Le Président : "Louis ?"
- Moi : "C'est son mari , je présume … l'auteur de L'Art de Conjuguer"
- Lui : "Ce vieux bouc !? … au moins 25 ans de plus ! … qu'est-ce qu'elle fout avec ce
gars-là ?" . Regardant la carte postale : "A Papeete … savez-vous , Desmond , où se
trouve Papeete ?" . Il retourne la carte : "Ça doit être à la mer"
- Moi : "C'est sur l'île de Tahiti , Monsieur le président … Papeete est la capitale de la
Polynésie française"
- Lui : "La quoi ? … c'est une île ?"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président … au sud de l'Océan Pacifique"
- Lui : "Venez dans mon bureau , Desmond … nous allons arranger un voyage là-bas
… demain …"
- Moi : "Monsieur le Président , Monsieur Pompidou vous attend à Paris demain"
- Lui , regagnant le Bureau Ovale à grands pas . Je le suis . "Je sais , je sais … mais on
peut peut-être faire un crochet par Papeete"
- Moi . Je le suis en trottinant : Ce n'est pas vraiment la route"
- Le Président entre dans le Bureau Ovale , fait le tour du Wilson Desk et appuie sur la
touche K du téléphone : "Henry ? … Dear Henry … pour demain …"
- Kissinger (au téléphone) : "…………….."
- Le Président : "Oui … oui … mais j'aurais bien fait un crochet par Papeete"
- K (au tel) : "……?……."
- Le Président : "… oui … Georges … la Grande Claude … oui … je sais …"
- K : "………………."
- Le Président : "Je sais bien que ça a un coût , Henry ! … oui … oui … l'Air Force One
… le kérosène … 130 conseillers … oui … juste un quart d'heure , le temps de lui faire
une bise … oui … 80.000 dollars !? … tant que ça !?"
- K : "………………."
- Le Président est déçu : "Vous me déconseillez … et Georges ne comprendrait pas …"
- K : "………………."
- Le Président : "Ah , Henry … vous ne comprenez rien à l'Amour !"
jours pour me rendre à l'incinérateur . "Desmond ! … devinez ce que j'ai là …" . Il agite
à bout de bras ce qui semble une carte postale . "Une carte postale ! … et devinez de
qui ?" . Il rayonne . Son sourire aux dents peroxydées illumine le sombre couloir .
- Moi : "Euh … Monsieur le Président …"
- Lui : "Cécile !"
- Moi : "Cécile ?"
- Lui : "Allons , Desmond ! … ne me dites pas que vous avez oublié Cécile ! … Cécile
Bescherelle ! … la sublime , la sensationnelle , la fascinante Cécile Bescherelle !" .
(Cf Épisode Desmond 9)
- Moi : "Cécile Bescherelle … oui , je me souviens"
- Lui : "Il se souvient ! … Desmond , on ne se souvient pas d'une déesse ! … on y pense
à chaque seconde ! … jour et nuit ! … qu'est-ce qu'elle raconte ?" . Il ajuste ses lunettes
et lit à haute voix : "Monsieur le Président , bonjour de Papeete où je passe des vacances
avec Louis . Beau temps . Bisous"
- Le Président : "Louis ?"
- Moi : "C'est son mari , je présume … l'auteur de L'Art de Conjuguer"
- Lui : "Ce vieux bouc !? … au moins 25 ans de plus ! … qu'est-ce qu'elle fout avec ce
gars-là ?" . Regardant la carte postale : "A Papeete … savez-vous , Desmond , où se
trouve Papeete ?" . Il retourne la carte : "Ça doit être à la mer"
- Moi : "C'est sur l'île de Tahiti , Monsieur le président … Papeete est la capitale de la
Polynésie française"
- Lui : "La quoi ? … c'est une île ?"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président … au sud de l'Océan Pacifique"
- Lui : "Venez dans mon bureau , Desmond … nous allons arranger un voyage là-bas
… demain …"
- Moi : "Monsieur le Président , Monsieur Pompidou vous attend à Paris demain"
- Lui , regagnant le Bureau Ovale à grands pas . Je le suis . "Je sais , je sais … mais on
peut peut-être faire un crochet par Papeete"
- Moi . Je le suis en trottinant : Ce n'est pas vraiment la route"
- Le Président entre dans le Bureau Ovale , fait le tour du Wilson Desk et appuie sur la
touche K du téléphone : "Henry ? … Dear Henry … pour demain …"
- Kissinger (au téléphone) : "…………….."
- Le Président : "Oui … oui … mais j'aurais bien fait un crochet par Papeete"
- K (au tel) : "……?……."
- Le Président : "… oui … Georges … la Grande Claude … oui … je sais …"
- K : "………………."
- Le Président : "Je sais bien que ça a un coût , Henry ! … oui … oui … l'Air Force One
… le kérosène … 130 conseillers … oui … juste un quart d'heure , le temps de lui faire
une bise … oui … 80.000 dollars !? … tant que ça !?"
- K : "………………."
- Le Président est déçu : "Vous me déconseillez … et Georges ne comprendrait pas …"
- K : "………………."
- Le Président : "Ah , Henry … vous ne comprenez rien à l'Amour !"
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