Trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux de paille .
Je marchais avec Berthe au coin de la 57e et de Lexington . Elle voulait se promener seule ,
mais je ne tenais pas à rester enfermé à l'hôtel . J'ai insisté et elle , prise entre une curieuse
nécessité de s'évader en solitaire et son inclination à ne pas me contrarier , a fini par céder .
J'ai insisté : "Berthe , je ne tiens pas à te contrarier mais est-il nécessaire de marcher jusqu'à Lexington ? . C'est une curieuse inclination" . Elle , enfermée dans son chapeau de paille et le bourdonnement de trois mouches , voulait se promener jusqu'au coin de la 57e , en solitaire … "M'évader" . J'ai fini par céder : je suis resté à l'hôtel .
Rester à l'hôtel au coin de la 57e et de Lexington . Enfermée , solitaire , merveilleuse .
Ne pas se contrarier . S'évader dans cette curieuse et nécessaire promenade . Ne pas céder .
Marcher en bourdonnant comme une mouche contre un chapeau de paille . Seule , sans
inclinations . Ne tenir à rien . Ne pas vouloir avec insistance : Berthe .
lundi 22 juillet 2019
dimanche 21 juillet 2019
PARADIS 109 . LE CORPS
Adam est assis au bord de son champ , son araire versée à côté de lui . La sueur coule
sur son front . Dieu passe par là (Dieu passe partout , tout le temps) :
- Qu'est-ce que tu fais ?"
- Adam : "Je suis crevé . Je me repose"
- Dieu compte les 76,5 sillons qu'Adam a ouvert depuis que le soleil s'est levé "sur toutes
sortes d'arbres fruitiers dont le feuillage ne flétrira point et dont les fruits n'auront point de
fin" (Ezechiel 47:12) , à l'est d'Eden : "Ça ne m'étonne pas ! … je compte 76 sillons et
demi … pourquoi n'as-tu pas fini le soixante seizième ? … 77 sillons pour faire un compte
rond ?" (77 = symbole de la perfection) .
- Adam : "Je te l'ai dit : je suis crevé … je n'en peux plus"
- Dieu considère sa créature , échouée sur le bord de son champ : "C'est ton corps , mon
pauvre Adam ! … je l'ai conçu comme une limite … une fin … une prison …"
- Adam , les yeux à demi-fermés , souffle : "Sympa !"
- Dieu : "Qu'est-ce que tu veux , Adam … n'ai-je pas bien fait ? … regarde cette saloperie :
tu éventres ma terre … est-ce que ça n'est pas dégoûtant tout ça ?" dit-il en englobant d'un
large geste de la main droite ("Ta droite , Ô Eternel ! , a signifié sa force" Exode 15:6)
l'arpent dévasté par le premier homme .
- Adam , hagard , regarde son champ .
- Dieu : "D'autant que tu ne vas pas en rester là ! … tu as des projets grandioses !"
- Adam : "………."
- Dieu : "Ton âme aussi j'aurais dû la brider"
- Adam : "………."
- Dieu : "Mais ça , je ne l'ai pas fait …"
sur son front . Dieu passe par là (Dieu passe partout , tout le temps) :
- Qu'est-ce que tu fais ?"
- Adam : "Je suis crevé . Je me repose"
- Dieu compte les 76,5 sillons qu'Adam a ouvert depuis que le soleil s'est levé "sur toutes
sortes d'arbres fruitiers dont le feuillage ne flétrira point et dont les fruits n'auront point de
fin" (Ezechiel 47:12) , à l'est d'Eden : "Ça ne m'étonne pas ! … je compte 76 sillons et
demi … pourquoi n'as-tu pas fini le soixante seizième ? … 77 sillons pour faire un compte
rond ?" (77 = symbole de la perfection) .
- Adam : "Je te l'ai dit : je suis crevé … je n'en peux plus"
- Dieu considère sa créature , échouée sur le bord de son champ : "C'est ton corps , mon
pauvre Adam ! … je l'ai conçu comme une limite … une fin … une prison …"
- Adam , les yeux à demi-fermés , souffle : "Sympa !"
- Dieu : "Qu'est-ce que tu veux , Adam … n'ai-je pas bien fait ? … regarde cette saloperie :
tu éventres ma terre … est-ce que ça n'est pas dégoûtant tout ça ?" dit-il en englobant d'un
large geste de la main droite ("Ta droite , Ô Eternel ! , a signifié sa force" Exode 15:6)
l'arpent dévasté par le premier homme .
- Adam , hagard , regarde son champ .
- Dieu : "D'autant que tu ne vas pas en rester là ! … tu as des projets grandioses !"
- Adam : "………."
- Dieu : "Ton âme aussi j'aurais dû la brider"
- Adam : "………."
- Dieu : "Mais ça , je ne l'ai pas fait …"
samedi 20 juillet 2019
COTE 137 . 129 . DIEU SOURD-MUET
Accalmie . De chaque côté , on recharge les canons .
- Martial : "Mon capitaine , croyez-vous en Dieu ?"
- Le capitaine sursaute : "Qu'est-ce que vous dites , Martial !?"
- Martial : "Croyez-vous en Dieu , mon capitaine ?"
- Le capitaine laisse tomber ses jumelles au bout de leur dragonne : "Quelle question !! …
est-ce bien le moment ?"
- Martial : "Il y a un moment spécial pour ce genre de question ?"
- Le capitaine , décontenancé : "Non … bien sûr que non … mais , maintenant …
en plein combat ?"
- Martial : "Il me semble - au contraire - que c'est une bonne question et le bon moment
de la poser"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Je trouve , moi , que Dieu ne nous parle pas beaucoup ces temps-ci"
- Le capitaine reprenant ses observations binoculaires : "Il a probablement autre chose
à faire"
- Martial : "Il parlait plus avant"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Peut-être pense-t-il qu'on ne peut plus l'entendre"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Pas étonnant ! … avec le boucan que nous faisons !"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Ou , à cause de ce boucan , il est devenu sourd … ou peut-être que ce
tintamarre le dérange"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "… et il est parti"
- Le capitaine : "Où voulez-vous qu'il aille ?"
- Martial : "Oh , il peut aller où il veut ce veinard ! … c'est pas comme nous …"
- Le capitaine : "…..?….."
- Martial : "… comme nous : pris dans ce traquenard"
- Martial : "Mon capitaine , croyez-vous en Dieu ?"
- Le capitaine sursaute : "Qu'est-ce que vous dites , Martial !?"
- Martial : "Croyez-vous en Dieu , mon capitaine ?"
- Le capitaine laisse tomber ses jumelles au bout de leur dragonne : "Quelle question !! …
est-ce bien le moment ?"
- Martial : "Il y a un moment spécial pour ce genre de question ?"
- Le capitaine , décontenancé : "Non … bien sûr que non … mais , maintenant …
en plein combat ?"
- Martial : "Il me semble - au contraire - que c'est une bonne question et le bon moment
de la poser"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Je trouve , moi , que Dieu ne nous parle pas beaucoup ces temps-ci"
- Le capitaine reprenant ses observations binoculaires : "Il a probablement autre chose
à faire"
- Martial : "Il parlait plus avant"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Peut-être pense-t-il qu'on ne peut plus l'entendre"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Pas étonnant ! … avec le boucan que nous faisons !"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "Ou , à cause de ce boucan , il est devenu sourd … ou peut-être que ce
tintamarre le dérange"
- Le capitaine : "……….."
- Martial : "… et il est parti"
- Le capitaine : "Où voulez-vous qu'il aille ?"
- Martial : "Oh , il peut aller où il veut ce veinard ! … c'est pas comme nous …"
- Le capitaine : "…..?….."
- Martial : "… comme nous : pris dans ce traquenard"
vendredi 19 juillet 2019
VACHELLIA NILOTICA
Notre 4x4 blanc - Opel Frontera loué à l'agence Hertz d'Asana - est comme un bloc
de sel , à 50 mètres du camping-gaz qu'elle (Madame Delplanque , qui d'autre !?) vient
de poser sur le sol pétrifié , au bord des eaux minéralisées du Lac Assal où se couche
un soleil géant : "Qu'est-ce que vous allez nous mijoter là-dessus ?" , lancé-je excédé .
"Il fait 50° à l'ombre et dites-moi : de l'ombre , vous en voyez ?"
- Elle : "Vous n'êtes jamais content" . Elle sort de son sac à dos une petite casserole ,
une bouteille en verre et son contenu de couleur rouille , et un tronçon de baguette
rassise : "Une soupe de poisson … avec des croûtons" . Elle me tend la casserole et me
désigne du menton le lac en cours d'évaporation : "Allez me chercher un peu d'eau" .
L'eau du Lac Assal est très salée , record mondial , paraît-il , plus salée que la Mer Morte .
Je recueille un peu de cette blancheur aqueuse et reviens en maugréant vers ma compagne
de voyage accroupie devant son réchaud : "Qui vous a parlé du gommier rouge ? … il n'y
a pas la moindre trace de végétation ici"
- Elle : "La fille de Hertz"
- Moi : "La fille de Hertz !? … elle vous a semblé fiable question botanique ?"
- Elle : "Vachellia Nilotica … gommier rouge" , égrène-t-elle en versant le contenu de la
bouteille dans la casserole d'eau saumâtre … "oui , elle avait l'air de s'y connaître" ,
assure-t-elle . Elle craque une allumette et tourne la mollette du gaz butane : pfuit ! - une
petite flamme jaillit .
- Je me suis accroupi près du réchaud , face à Madame Delplanque . Je regarde la dépres-
sion qui , tout autour de nous , s'assèche : "Pas un arbre , pas un arbuste , pas un buisson"
- Elle a sorti de son sac une cuiller en bois (elle pense à tout) puis , tout en touillant :
"Écoutez , il y a deux explications possibles"
- Moi : "Deux explications de quoi ?"
- Elle : "De l'absence de Vachellia Nilotica"
- Moi : "Quelles sont-elles ?" . Des bulles oxyde de fer se forment sur la surface de la
soupe . Elle explosent en mini-flop ! dans le silence monumental de l'Afar . Je répète :
"C'est quoi ces deux explications ?"
- Elle : "Soit la fille de Hertz est une petite conne prétentieuse … soit …"
- Moi : "Soit ?"
- Elle : "Soit , je me suis trompée de désert"
de sel , à 50 mètres du camping-gaz qu'elle (Madame Delplanque , qui d'autre !?) vient
de poser sur le sol pétrifié , au bord des eaux minéralisées du Lac Assal où se couche
un soleil géant : "Qu'est-ce que vous allez nous mijoter là-dessus ?" , lancé-je excédé .
"Il fait 50° à l'ombre et dites-moi : de l'ombre , vous en voyez ?"
- Elle : "Vous n'êtes jamais content" . Elle sort de son sac à dos une petite casserole ,
une bouteille en verre et son contenu de couleur rouille , et un tronçon de baguette
rassise : "Une soupe de poisson … avec des croûtons" . Elle me tend la casserole et me
désigne du menton le lac en cours d'évaporation : "Allez me chercher un peu d'eau" .
L'eau du Lac Assal est très salée , record mondial , paraît-il , plus salée que la Mer Morte .
Je recueille un peu de cette blancheur aqueuse et reviens en maugréant vers ma compagne
de voyage accroupie devant son réchaud : "Qui vous a parlé du gommier rouge ? … il n'y
a pas la moindre trace de végétation ici"
- Elle : "La fille de Hertz"
- Moi : "La fille de Hertz !? … elle vous a semblé fiable question botanique ?"
- Elle : "Vachellia Nilotica … gommier rouge" , égrène-t-elle en versant le contenu de la
bouteille dans la casserole d'eau saumâtre … "oui , elle avait l'air de s'y connaître" ,
assure-t-elle . Elle craque une allumette et tourne la mollette du gaz butane : pfuit ! - une
petite flamme jaillit .
- Je me suis accroupi près du réchaud , face à Madame Delplanque . Je regarde la dépres-
sion qui , tout autour de nous , s'assèche : "Pas un arbre , pas un arbuste , pas un buisson"
- Elle a sorti de son sac une cuiller en bois (elle pense à tout) puis , tout en touillant :
"Écoutez , il y a deux explications possibles"
- Moi : "Deux explications de quoi ?"
- Elle : "De l'absence de Vachellia Nilotica"
- Moi : "Quelles sont-elles ?" . Des bulles oxyde de fer se forment sur la surface de la
soupe . Elle explosent en mini-flop ! dans le silence monumental de l'Afar . Je répète :
"C'est quoi ces deux explications ?"
- Elle : "Soit la fille de Hertz est une petite conne prétentieuse … soit …"
- Moi : "Soit ?"
- Elle : "Soit , je me suis trompée de désert"
jeudi 18 juillet 2019
HONNINGSVAG
Quand je m'éveille , Honningsvag se met à fuir . Sa digue hautaine et désolée ,
toute de pierres de taille , coupée d'escaliers , ses vertiges , sa couronne de parapets ,
il me reste moins d'une minute (le temps de l'oubli) pour en fixer les contours , mais
c'est peine perdue : les pêcheuses à pied dans leur longue robe , avec leur coiffe ,
leur panier d'osier et leur air de prier l'ange s'effacent et les reflets du ciel sur le platier ,
aussi . Où sont les hommes ? . En mer . Ou perdus . Ou allongés sous les dalles de
granite , là-haut , au pied de l'église . Honningsvag s'amenuise , je ne peux rien y faire ;
elle va disparaître mais j'y reviendrai une autre nuit , à l'intérieur d'un autre rêve incom-
préhensible . J'y reviendrai comme d'habitude par la campagne qui , derrière elle , s'étale
sur un sombre plateau traversé par un chemin où l'on progresse les yeux fermés . C'est
peut-être à l'épaisseur des oreillers qu'on doit cette impression .
toute de pierres de taille , coupée d'escaliers , ses vertiges , sa couronne de parapets ,
il me reste moins d'une minute (le temps de l'oubli) pour en fixer les contours , mais
c'est peine perdue : les pêcheuses à pied dans leur longue robe , avec leur coiffe ,
leur panier d'osier et leur air de prier l'ange s'effacent et les reflets du ciel sur le platier ,
aussi . Où sont les hommes ? . En mer . Ou perdus . Ou allongés sous les dalles de
granite , là-haut , au pied de l'église . Honningsvag s'amenuise , je ne peux rien y faire ;
elle va disparaître mais j'y reviendrai une autre nuit , à l'intérieur d'un autre rêve incom-
préhensible . J'y reviendrai comme d'habitude par la campagne qui , derrière elle , s'étale
sur un sombre plateau traversé par un chemin où l'on progresse les yeux fermés . C'est
peut-être à l'épaisseur des oreillers qu'on doit cette impression .
mercredi 17 juillet 2019
KRANT 169 . PATATE DOUCE
- Le timonier : "Ces indiens sont des sauvages ! … tout juste ont-ils trois mots pour
parler ! …"
Nous étions sur le quai de Putù . Monsieur Lee achetait des fruits et des légumes à
des femmes arawaccs .
- Monsieur Lee au timonier : "Comment appelez-vous ceci ?"
- Le timonier : "Une patate douce , pardi !"
- Monsieur Lee : "Hi , hi , hi ! … les Arawacs ont treize mots pour le dire …"
- Le timonier : "…….?…….."
- Monsieur Lee : "Aga" si c'est une patate de petite taille , "Aga-ô" si sa taille est
moyenne . Ils nomment "Aga-yoma" une patate de grande taille , "Agaunbna"
une forme contournée , celles qui sont rougeâtres ils les appellent "Agaômaro" ,
les longues "Agaloto" , les jaunes claires "Aga-o-toyo" , celles qui ont une peau
épaisse "Ô-aga-toma" ou fine "Yoto-aga-mô" , si elles ont une forme de lune
"Yoto-mâ-aga" , la forme d'un boeuf "Awak-aga" . Quelques-unes ressemblent au
dieu des champs : "Aga-mâ-toyo-go" . Elles sont très rares . Les Arawacs ne les
vendent pas …"
- Le timonier : "……………."
- Monsieur Lee : "Les Arawacs ont cent deux vocables pour la banane"
- Le timonier : "……!?………"
- Monsieur Lee : "… mais aucun pour timonier"
- Moi : "Parlez-vous la langue des Arawacs , Monsieur Lee ?"
Monsieur Lee ne répondit pas à cette question .
parler ! …"
Nous étions sur le quai de Putù . Monsieur Lee achetait des fruits et des légumes à
des femmes arawaccs .
- Monsieur Lee au timonier : "Comment appelez-vous ceci ?"
- Le timonier : "Une patate douce , pardi !"
- Monsieur Lee : "Hi , hi , hi ! … les Arawacs ont treize mots pour le dire …"
- Le timonier : "…….?…….."
- Monsieur Lee : "Aga" si c'est une patate de petite taille , "Aga-ô" si sa taille est
moyenne . Ils nomment "Aga-yoma" une patate de grande taille , "Agaunbna"
une forme contournée , celles qui sont rougeâtres ils les appellent "Agaômaro" ,
les longues "Agaloto" , les jaunes claires "Aga-o-toyo" , celles qui ont une peau
épaisse "Ô-aga-toma" ou fine "Yoto-aga-mô" , si elles ont une forme de lune
"Yoto-mâ-aga" , la forme d'un boeuf "Awak-aga" . Quelques-unes ressemblent au
dieu des champs : "Aga-mâ-toyo-go" . Elles sont très rares . Les Arawacs ne les
vendent pas …"
- Le timonier : "……………."
- Monsieur Lee : "Les Arawacs ont cent deux vocables pour la banane"
- Le timonier : "……!?………"
- Monsieur Lee : "… mais aucun pour timonier"
- Moi : "Parlez-vous la langue des Arawacs , Monsieur Lee ?"
Monsieur Lee ne répondit pas à cette question .
mardi 16 juillet 2019
DESMOND 104 . SUCCESSION
Family Dining Room au 1er étage de la Maison Blanche . Le Président reçoit un promo-
teur immobilier richissime et son fils pour un déjeuner privé . Je suis convié . Le repas
terminé et les invités congédiés , Eugene (Eugene Allen , le majordome) , dessert la table .
Le Président et moi sommes seuls ; il a allumé un cigare .
- Lui , à travers une première volute de fumée : "Qu'en pensez-vous , Desmond ?"
- Moi : "Euh … de quoi , Monsieur le Président ?"
- Lui : "Mais … de ce type , bien évidemment ! … je ne vous demande pas votre avis sur
les excellentes croquettes de poulet - Cordon Blue ! - que nous a cuisinées Henry (note :
bien entendu , cet Henry n'est pas Dear Henry ! . Pour mes lecteurs peu familiers de la
Maison Blanche , il s'agit ici d'Henry Haller , le chef-cuisinier !) … à propos , comment
les avez-vous trouvées ?"
- Moi : "Vos invités ?"
- Lui : "Non , Desmond ! … vous mélangez tout … je vous parle des croquettes … com-
ment les avez-vous trouvées ?"
- Moi : "Épatantes , Monsieur le Président"
- Lui : "Et ce type : Fred Trump"
- Moi : "Oh , Monsieur le Président , si je puis me permettre … ce monsieur me paraît …
euh … comment dire ? … excessif ?"
- Lui : "Excessif ? … c'est un escroc … ni plus , ni moins"
- Moi : "………"
- Lui : "Et son fils … comment s'appelle-t-il ? … Dalton ? … Donny ? …"
- Moi : "Euh … Donald , me semble-t-il"
- Lui : "Mal embouché … I've never seen that ! … il a renvoyé les croquettes … ça ne lui
plaisait pas … Monsieur préférait un steak … saignant si possible ! … quel âge peut-il
avoir ce blanc-bec ?"
- Moi : "Dans les 25 ans , Monsieur le Président"
- Lui : "J'ai parlé à son père en aparté … je lui ai donné l'adresse d'Arnold"
- Moi : "Arnold ?"
- Lui : "Arnold Hutschnecker , mon psychiatre"
- Moi : "Vous avez un … euh …"
- Lui : "N'ébruitez surtout pas ça , Desmond ! … pour l'amour du ciel ! … ça m'a échappé
… je ne vous ai rien dit … si un de ces muckrakers (note : fouille-merde) du Post
l'apprenait !! … le fiston … ce Dalton … ce …"
- Moi : "Donald"
- Lui , après avoir tiré une énorme bouffée de son cigare : "Donald ! … le canard
colérique ! … oui , il a besoin d'un psychiatre"
- Moi : "………."
- Lui : "Il va succéder à son père"
- Moi : "Vous croyez ?"
- Lui : "C'est son père qui me l'a dit , pardi ! … vous voyez ce jeune dingue à la tête de
cette société immobilière !?"
- Moi : "……….."
- Lui , pensif , regarde le plafond où stationne la fumée de son cigare : "Pourquoi pas
Président des États-Unis ?"
teur immobilier richissime et son fils pour un déjeuner privé . Je suis convié . Le repas
terminé et les invités congédiés , Eugene (Eugene Allen , le majordome) , dessert la table .
Le Président et moi sommes seuls ; il a allumé un cigare .
- Lui , à travers une première volute de fumée : "Qu'en pensez-vous , Desmond ?"
- Moi : "Euh … de quoi , Monsieur le Président ?"
- Lui : "Mais … de ce type , bien évidemment ! … je ne vous demande pas votre avis sur
les excellentes croquettes de poulet - Cordon Blue ! - que nous a cuisinées Henry (note :
bien entendu , cet Henry n'est pas Dear Henry ! . Pour mes lecteurs peu familiers de la
Maison Blanche , il s'agit ici d'Henry Haller , le chef-cuisinier !) … à propos , comment
les avez-vous trouvées ?"
- Moi : "Vos invités ?"
- Lui : "Non , Desmond ! … vous mélangez tout … je vous parle des croquettes … com-
ment les avez-vous trouvées ?"
- Moi : "Épatantes , Monsieur le Président"
- Lui : "Et ce type : Fred Trump"
- Moi : "Oh , Monsieur le Président , si je puis me permettre … ce monsieur me paraît …
euh … comment dire ? … excessif ?"
- Lui : "Excessif ? … c'est un escroc … ni plus , ni moins"
- Moi : "………"
- Lui : "Et son fils … comment s'appelle-t-il ? … Dalton ? … Donny ? …"
- Moi : "Euh … Donald , me semble-t-il"
- Lui : "Mal embouché … I've never seen that ! … il a renvoyé les croquettes … ça ne lui
plaisait pas … Monsieur préférait un steak … saignant si possible ! … quel âge peut-il
avoir ce blanc-bec ?"
- Moi : "Dans les 25 ans , Monsieur le Président"
- Lui : "J'ai parlé à son père en aparté … je lui ai donné l'adresse d'Arnold"
- Moi : "Arnold ?"
- Lui : "Arnold Hutschnecker , mon psychiatre"
- Moi : "Vous avez un … euh …"
- Lui : "N'ébruitez surtout pas ça , Desmond ! … pour l'amour du ciel ! … ça m'a échappé
… je ne vous ai rien dit … si un de ces muckrakers (note : fouille-merde) du Post
l'apprenait !! … le fiston … ce Dalton … ce …"
- Moi : "Donald"
- Lui , après avoir tiré une énorme bouffée de son cigare : "Donald ! … le canard
colérique ! … oui , il a besoin d'un psychiatre"
- Moi : "………."
- Lui : "Il va succéder à son père"
- Moi : "Vous croyez ?"
- Lui : "C'est son père qui me l'a dit , pardi ! … vous voyez ce jeune dingue à la tête de
cette société immobilière !?"
- Moi : "……….."
- Lui , pensif , regarde le plafond où stationne la fumée de son cigare : "Pourquoi pas
Président des États-Unis ?"
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