samedi 16 novembre 2019

PARADIS 119 . SYNCHROTRON 2

- Dieu appelle le CERN .
- Le CERN : "Allo … le CERN à votre service"
- Dieu : "Anna ?"
- Anna : "Euh , oui , c'est moi … nous nous connaissons ?"
- Dieu : "Je vous ai appelé hier … vous m'avez passé Monsieur Humbert Pasquier et
nous avons été coupés … je peux lui parler ?"
- Anna : "De la part de ?"
- Dieu : "Jéhovah Dieu , horloger … dites bien à Monsieur Pasquier que je n'ai rien à
voir avec Babich Horlogerie"
- Anna : "Oh, Monsieur Pasquier m'a raconté ! … c'est une blague !"
- Dieu : "Anna , croyez-vous en Dieu ?"
- Anna : "Monsieur Dieu … euh , Monsieur-qui-que-vous-soyez , cette plaisanterie a
assez duré … et nous sommes très occupés …"
- Clic !




- Dieu rappelle le CERN .
- Le CERN : "Allo … le CERN à votre service"
- Dieu , avec l'accent du New-Hampshire : "Isaac Howard … Professeur Isaac Howard … Département de physique du M.I.T … Auriez-vous l'obligeance de me passer Humbert
Pasquier du PS ?"
- Anna : "Tout de suite , Professeur"
………. Quelques secondes plus tard ……… :
- HP : "Allo"
- Dieu : "Isaac Howard du M.I.T , Département de physique … bonjour , cher collègue"
- HP : "Euh … bonjour … que puis-je ?"
- Dieu : "Le synchrotron à protons … à quoi ça sert ?"
- HP (!?) : "Ben , à accélérer les protons , pardi !"
- Dieu : "D'où viennent-ils ces protons ?"
- HP : "Ben … du booster"
- Dieu : "Du booster ?"
- HP : "Le PSB … faut bien accélérer les faisceaux de protons du Linac 2 avant de les
injecter dans le synchrotron !"
- Dieu : "Le Linac 2 , m'avez-vous dit ?"
- HP : "Oui … un accélérateur linéaire … les accélérateurs linéaires utilisent des cavités
radiofréquence … bla-bla-bla … les protons franchissent bla-bla-bla … charge positive …
bla-bla … répulsion et une attraction bla-bla-bla … aimants quadripolaires permettent
de …"
- Dieu : "Ouh-la-ouh-la … c'est bien compliqué ! … pourquoi vous ne m'avez pas
demandé ? … je vous aurais expliqué ! … les constituants élémentaires de la matière ,
c'est d'une simplicité … comment dirais-je ? … d'une simplicité biblique !"

vendredi 15 novembre 2019

PARADIS 118 . SYNCHROTRON 1

- Dieu : "Allo-allo-allo ?" … Sonnerie … On décroche :
- Le CERN : "Allo … le CERN à votre service"
- Dieu : "Ah , bonjour ! … à qui ai-je l'honneur ?"
- Le CERN : "Anna"
- Dieu : "Anna ! … bonjour Anna … vous vous occupez du synchrotron à protons ?"
- Anna (rire) : "Oh , mon Dieu , non ! … je suis la standardiste !"
- Dieu : "Ah ! … Anna , pouvez-vous me passer le responsable ?"
- Anna : "Euh … de la part de ?"
- Dieu : "Dieu"
- Anna : "Monsieur Dieu ? … c'est … c'est votre nom ?"
- Dieu : "Je n'en ai pas d'autre"
- Anna : "Votre prénom , Monsieur Dieu ?"
- Dieu : "Mon prénom ? … pourquoi me demandez-vous ça ?"
- Anna : "C'est le règlement , Monsieur … nous devons avoir votre identité complète"
- Dieu : "Yahvé … parfois on m'appelle Jéhovah"
- Anna : "Qu'est-ce que je note ?"
- Dieu : "Allons-y pour Jéhovah … il épelle : J-é-h-o-v-a-h"
- Anna . Elle enregistre sur son ordinateur : "Monsieur Jéhovah Dieu … votre profession ,
Monsieur ?"
- Dieu : "Créateur"
- Anna : "Créateur ? … c'est une profession ?"
- Dieu : "Et comment !!"
- Anna consulte une liste : "Euh , excusez-moi , Monsieur Dieu … je n'ai pas "créateur"
sur ma liste … vous êtes chercheur ?"
- Dieu : "Mettez : horloger … Grand Horloger"
- Anna sur son ordinateur : "Monsieur Jéhovah Dieu - horloger … veuillez patienter ,
je vais vous passer Monsieur Humbert Pasquier , le responsable du PS"
- Dieu : "Le PS ?"
- Anna : "Le synchroton à protons … c'est bien cela que vous vouliez ?"
- Dieu : "Absolument !"
……….. attente ………..
- Une voix : "Humbert Pasquier , du PS"
- Dieu : "Bonjour Monsieur Pasquier"
- HP : "Alors ma montre , où en êtes vous ?"
- Dieu : "Votre montre ?"
- HP : "Ne faites pas l'idiot , mon vieux , ça fait trois semaines que ça devait être fait !"
- Dieu : 'Il y a erreur , je pense"
- HP : "Vous n'êtes pas Babich Horlogerie-Bijouterie ?"
- Dieu : "Non , je suis Dieu"
- HP : "Jehovah Dieu … oui , c'est ce que me dit Anna … vous n'êtes pas l'Horlogerie
Babich ?"
- Dieu : "En aucune façon … je suis Dieu , Créateur de toutes choses"
- HP . Hésitation : "Bon , mon vieux , si c'est une blague … je n'ai pas que ça à faire ,
j'ai des particules à accélérer !"
- "Clic !"

jeudi 7 novembre 2019

AUDIENCE PONTIFICALE 7

    Vatican . Septième audience ! . Ça commence à me coûter cher en billets de train !

- Moi : "Les anges , ce sont des esprits , c'est bien ça ?"
- JP II hoche la tête de haut en bas et de gauche à droite .
- Moi : "Euh … oui ou non ?"
- JP II dodeline de la tête .
- Stanislaw Dziwisz , son Secrétaire particulier : "Quand il fait ça , ça veut dire oui"
- Moi : "Les anges sont de purs esprits ?"
- Dziwisz : "Je suppose que oui"
- Moi , au Saint-Père : "Vous pouvez me confirmer , Saint-Père ?"
- JP II , à nouveau , branle du chef … c'est inexploitable …
- Moi , à Dziwisz : "Que dois-je comprendre ?"
- Dziwisz : "Pas grand-chose , mon pauvre ! … moi-même , je ne …"
- JP II , tout à coup , se tortille sur son trône . Il s'énerve : "Gzwlszyhkzblwsz …"
- Moi : "Qu'est-ce qu'il a dit ?"
- Dziwisz : "C'est du polonais … Le Saint-Père vous dit que c'est un mystère …
qu'il n'y a rien à comprendre là-dedans"

mercredi 6 novembre 2019

DESMOND 117 . DUOS

    Juillet 1971 . Kissinger revient de son voyage secret en Chine , dit Pole I (nom de code)
comme Marco Polo . Il a rencontré Chou En Laï , le Premier Ministre de la République 
Populaire de Chine .  Le lendemain de son retour , le Président nous a réunis dans le Bureau 
Ovale , Kissinger , Alexander Haig son adjoint et moi .

- Le Président : "Alors , Henry … comment avez-vous trouvé notre Stan ?"
- Kissinger : "Stan ?"
- Le Président : "Stan Laurel … notre triste comique chinois …"
- Kissinger : "Vous voulez parler de Chou , Monsieur le Président ?"
- Le Président : "Comment va-t-il ? … avez-vous réussi à le faire rire ?"
- Kissinger : "Euh , non , Monsieur le Président … j'ai bien peur que non … Taïwan …"
- Le Président : "Vous aurez peut-être plus de chance avec le gros"
- Kissinger : "Le Grand Timonier ?"
- Le Président : "Ah oui , le Grand Timonier ! … ne suis-je pas moi aussi une sorte de 
timonier ? … qu'en pensez-vous , Alexander ? … suis-je un grand ou un petit timonier ?"
- Haig : "Monsieur le Président … je …"
- Le Président revient à Kissinger : "Sérieusement , Henry … Stan a-t-il les coudées 
franches ?"
- Kissinger : "Euh …"
- Le Président : "Il paraît que Hardy le tient par les couilles"
- Kissinger : "Attendez , Monsieur le Président … Hardy , c'est lequel des deux ? … 
je ne me souviens plus … c'est le gros ou le petit ?"
- Le Président : "Taïwan … qu'en pense-t-il le gros ?"
- Kissinger : "Je ne sais pas , Monsieur le Président … celui que j'ai vu c'est le maigre"
- Le Président : "Stan ?"
- Kissinger : "Stan , oui …"
- Le Président : "Vous n'avez pas l'air sûr , Henry"
- Kissinger : "C'est-à-dire que … vous … je m'embrouille … j'ai rencontré Chou et il n'est 
absolument pas gros … pas gros du tout !"
- Le Président : "Tout ça m'a l'air confus , Henry … c'est peut-être le décalage horaire ?"
- Haig : "Si je peux me permettre , Monsieur le Président … si l'on suit votre … votre 
métaphore …"
- Le Président : "Ma métaphore !? … quelle métaphore ? … je ne vous suis pas , 
Alexander"
- Moi : "Monsieur le Président , je pense que Monsieur Haig parle de ce duo : Chou 
et Laurel … euh , je veux dire : Chou et … comment s'appelle l'autre ?"
- Kissinger : "Oliver"
- Le Président : "Oliver ? … vous voulez dire que le Grand Timonier est Oliver ?"
- Kissinger, à bout de nerfs : "Oui , c'est cela , Mister President"
- Haig : "Et Chou serait Stan ?"
- Le Président : "Vous avez tout compris , Alexander !"

dimanche 3 novembre 2019

TROIS MOUCHES 170 . PAS LOIN DE CHEZ LOLITA

    De l'autre côté de notre rue , juste en face de notre maison , Berthe et moi remar-
quâmes qu'il y avait une brèche occupée par un terrain vague envahi de mauvaises
herbes avec ici et là des buissons aux couleurs vives , un tas de briques et quelques
planches qui traînaient , et aussi l'écume mauve et chromée de chétives fleurs
d'automne comme on en trouve au bord des routes . Trois mouches vermeilles et
merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux de paille .

    Trois vagues de mouches , couleur de brique , avaient envahi le terrain juste en face
de notre maison . Elles écumaient , merveilleuses et chétives , la paille vermeille du
chapeau de Berthe . Au bord de la route , par une vive brèche dans les buissons qui ,
ici et là , bourdonnaient de fleurs mauves , je remarquai un tas de mauvaises planches
qu'occupait l'automne et où traînaient des herbes chromatiques comme on en trouve de
l'autre côté de notre rue .

    Sur la route , juste en face de notre maison , dans une brèche de l'automne , trois
mouches aux vives couleurs occupaient un tas de briques envahi de mauvaises herbes .
Elle bourdonnaient comme ces remarquables buissons bordés de chromes écumants
qu'on trouve ici et là , traînant sur quelque planche chétive ou de l'autre côté de notre
rue sur le terrain vague où Berthe et moi nous émerveillons des fleurs mauves sur nos
chapeaux de paille .

vendredi 1 novembre 2019

FLO 2

    Il me semble que je vous ai déjà parlé de Flo . Le 10 juillet 1992 , à 20h30 ,
juste après le JT , elle m'a quitté . C'était définitif avait-elle affirmé . Elle ne
reviendrait pas . Pourtant , 10 ans plus tard , presque jour pour jour , juste après
le JT un bon moment occupé par la tentative d'assassinat de Jacques Chirac ,
quelqu'un a sonné . J'ai ouvert : c'était Flo (je ne l'ai pas reconnue tout de suite)
avec ses valises . Avant de la laisser entrer (je vivais à l'époque avec Katinka ,
une corniste russe qui roulait les "R" . Non seulement je "vivais" mais je l'avais
 épousée !) , j'ai demandé à Flo si , enfin , elle avait fait le clair en elle . Sa
réponse fut vague . Elle m'a bousculé et s'est installée d'abord dans la chambre
d'amis puis dans notre lit où nous avons dormi à trois pendant une quinzaine de
nuits . Le 1er août , elle nous a quitté sans nous prévenir . Elle a laissé un mot
sur la table du séjour : "Ton dentifrice est vraiment dégueulasse ! . Flo ."

COTE137 . 137 . LE CRAPOUILLOT

    Trève sur le front . Je joue aux cartes avec Bertin et notre téléphoniste . Martial est
assis au fond de la tranchée . Il lit un journal . Il a l'air de drôlement s'amuser : ses
épaules tressautent au rythme de ses gloussements . Le bec de sa pipe trépide entre
ses dents . Le capitaine sort de sa cagna : "Qu'est-ce que vous lisez , Martial ?"
- Martial , toujours gloussant , lève à bout de bras le journal ouvert :
"Ça , mon capitaine !"
- Le capitaine : "Le Crapouillot !?"
- Martial : "Oui … voulez-vous le lire ?… je vous le prête"
- Le capitaine : "Vous n'y pensez pas , Martial ! … ce torchon anarchiste ! …
pas étonnant que ça vous fasse rire !"
- Martial : "Vous avez tort , mon capitaine … c'est vraiment comique !"
- Le capitaine tend le bras : "Donnez-moi ça !"
- Martial referme le journal et le donne au capitaine .
- Le capitaine : "Je vais y jeter un coup d'oeil"
- Martial : "N'oubliez pas de me le rendre , mon capitaine"

    Pendant une heure , nous entendons le rire du capitaine à l'intérieur de son abri ,
d'abord discret puis de moins en moins . Quand il ressort , le journal est plié sous son
bras . Avec son mouchoir , il se tamponne les yeux"
- Martial : "Alors ?"
- Le capitaine hoquète : "Alors quoi ?"
- Martial : "Le journal , mon capitaine … vous l'avez lu ?"
- Le capitaine essaie de se retenir d'hoqueter : "Euh … oui … je l'ai parcouru" ,
parvient-il à dire en s'épongeant les yeux .
- Martial : "Parcouru !? … une heure ! … vous l'avez parcouru de A à Z ! … vous
êtes passé à l'Anarchie , mon capitaine ?"
- Le capitaine ne peut plus se retenir . Il éclate de rire . Les larmes coulent sur ses
joues . "Ah" , dit-il , la poitrine agitée de soubresauts "ça fait du bien !"
- Moi , Bertin et le téléphoniste , bien que nous ne sachions pas de quoi il retourne
- par contagion - nous mettons à nous bidonner .
- Le capitaine en rendant son journal à Martial : "Vous avez raison , Martial …
c'est très drôle ! … diablement drôle ! … n'oubliez pas de me porter le prochain
numéro …"