Martial dans un recoin de la tranchée , assis sur une caisse de grenades . Il écrit
sur un de ses carnets minuscules avec un crayon à mine . Il pleut . Il a tiré sa capote
au-dessus de sa tête pour se protéger .
- Moi : "Qu'est-ce que tu fais ?"
- Martial fait le mystérieux : "Tu le vois bien : j'écris"
- Moi : "Ben oui que je le vois … mais qu'est-ce que tu écris ?"
- Martial ne répond pas .
- Moi . Je m'asseois à côté de lui : "Un poème ? … une pensée ? … un … comment
dit le capitaine ? … un apho … un …"
- Martial : "Un aphorisme"
- Moi : "C'est ça que t'écris ?"
- Martial : "Non"
- Moi . Je ne dis rien . Je sais que le poisson est ferré . Il sort de l'eau :
- Martial , sobrement : "Un roman"
- Moi : "Mazette ! … un roman ! … Bertin , viens par ici !"
- Bertin s'amène en claudiquant dans notre merdier .
- Moi : "Martial écrit un roman ! … nous avons un romancier dans la tranchée ,
tu te rends compte ?" , dis-je en tapant sur l'épaule de Martial .
- Martial : "Te fous pas de moi"
- Moi : "Je me fous pas de toi ! … qu'est-ce que ça raconte ?"
- Martial : "Oh , je ne sais pas encore très bien … j'ai des idées … plein !"
- Moi : "Tu as déjà écrit beaucoup de pages ?"
- Martial : "Non … je viens de commencer"
- Moi . Je jette un oeil sur son carnet : "Euh … c'est ces deux lignes ?"
- Martial : "Je te dis que je viens de commencer"
- Moi : "Ça sera un gros livre ?"
- Martial : "A peu près mille pages"
- Je siffle : "Mille pages ! … Bertin , ça t'épates , non ? … mille pages !"
- Le capitaine passe devant nous . Il a sous le bras des cartes d'état-major et des rapports .
- Moi : "Mon capitaine ! … Martial écrit un bouquin : mille pages ..."
- Martial : "Bon , arrête !"
- Le capitaine : "C'est vrai ça , Martial ? … une histoire d'amour ?"
- Martial : "Oui … si on veut"
- Le capitaine : "Vous avez le titre ?"
- Martial : "Oui : la Cote 137"
samedi 14 décembre 2019
jeudi 12 décembre 2019
L'AUTOMNE 5
Ô femmes ,
Dans quel guêpier
M'avez-vous fourré ?
L'automne
S'est jeté par la fenêtre
Avec mon orchestre .
J'entends d'ici
Le fracas sonore
De ses cuivres
Et le tintamarre
De ses percussions
Couvre ma voix !
Dans quel guêpier
M'avez-vous fourré ?
L'automne
S'est jeté par la fenêtre
Avec mon orchestre .
J'entends d'ici
Le fracas sonore
De ses cuivres
Et le tintamarre
De ses percussions
Couvre ma voix !
TROIS MOUCHES 174 . NOUVELLES DU PARADIS
Trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnaient contre nos chapeaux
de paille . La suspension , ramenée très bas au-dessus de la table , projetait un cercle
de lumière éclatant sur la flaque jaune du camembert qui coulait , mais le visage de
Berthe restait dans l'ombre . Nous étions seuls .
Berthe avait ramené très bas son chapeau de paille . La lumière de la suspension
projetait une merveilleuse flaque jaune sur son éclatant visage . Trois mouches
vermeilles bourdonnaient contre le camembert qui , seul , restait dans un cercle d'ombre
au-dessus de la table .
Trois mouches bourdonnaient en cercle contre la suspension dont la lumière projetait
l'ombre de la table sur nos chapeaux de paille . Comme un camembert éclatant ramené
très bas , elle coulait en flaque jaune sur le visage émerveillé de Berthe , restée seule .
de paille . La suspension , ramenée très bas au-dessus de la table , projetait un cercle
de lumière éclatant sur la flaque jaune du camembert qui coulait , mais le visage de
Berthe restait dans l'ombre . Nous étions seuls .
Berthe avait ramené très bas son chapeau de paille . La lumière de la suspension
projetait une merveilleuse flaque jaune sur son éclatant visage . Trois mouches
vermeilles bourdonnaient contre le camembert qui , seul , restait dans un cercle d'ombre
au-dessus de la table .
Trois mouches bourdonnaient en cercle contre la suspension dont la lumière projetait
l'ombre de la table sur nos chapeaux de paille . Comme un camembert éclatant ramené
très bas , elle coulait en flaque jaune sur le visage émerveillé de Berthe , restée seule .
mardi 10 décembre 2019
KRANT 188 . TOTEM
Quand nous revînmes à Membrano - nous y accostions tous les deux ans - c'était la
guerre . Le clan du Fleuve avait allumé des torches et incendié les récoltes aux portes
de la ville . Quelle était la cause de cette flambée ? . Les habitants d'ici ne sont-ils les
plus placides des îles de la Sonde ? . Abdul , notre interprète local , m'avoua :
"Un totem … les habitants de Membrano et ceux du Fleuve se disputent un totem …"
- Moi : "Un totem ?"
- Abdul : "Un objet protecteur … une source de richesse ..."
- Moi : "Quel est cet objet ?"
- Abdul : "Je ne peux te le dire"
- Moi : "Où se trouve-t-il ?"
- Abdul : "Pas loin d'ici … près du port …"
- Moi : "Le port de Membrano ?"
- Abdul haussa les épaules : "Vois-tu au bord de cette jungle un autre port que Membrano ?"
- Moi : "Me montreras-tu ce totem ?"
- Abdul : "Même à toi , mon ami , je ne le montrerai pas"
Je me demandai par quelle combinaison Abdul cependant contournerait le tabou .
Le lendemain , à l'aube , j'arpentais le quai en regardant les pêcheurs préparer leurs filets .
L'un d'eux , vieil homme ratatiné par le soleil et la rudesse de sa condition , me héla .
Il parlait un sabir teinté d'anglais à peine intelligible . Je compris qu'il voulait me montrer
quelque chose . Je le suivis au bout du quai . Nous descendîmes par une échelle de fer ,
longeâmes une grève étroite puis contournâmes une petite falaise où le ressac avait creusé
une anfractuosité . Là , sur un tapis de fleurs , entre deux rats égorgés , était posée une
bouteille vide . "Totem … totem …" répétait le vieux en se pliant et reculant et joignant
les mains … "Totem … totem …" . C'était une bouteille de schnaps qui - c'était incon-
testable puisqu'elle était marquée d'une croix à l'encre rouge pour qu'aucun marin du Kritik
ne put lui subtiliser - avait appartenu à Toms qui , ivre , l'avait abandonnée deux ans
auparavant sur cette grève .
guerre . Le clan du Fleuve avait allumé des torches et incendié les récoltes aux portes
de la ville . Quelle était la cause de cette flambée ? . Les habitants d'ici ne sont-ils les
plus placides des îles de la Sonde ? . Abdul , notre interprète local , m'avoua :
"Un totem … les habitants de Membrano et ceux du Fleuve se disputent un totem …"
- Moi : "Un totem ?"
- Abdul : "Un objet protecteur … une source de richesse ..."
- Moi : "Quel est cet objet ?"
- Abdul : "Je ne peux te le dire"
- Moi : "Où se trouve-t-il ?"
- Abdul : "Pas loin d'ici … près du port …"
- Moi : "Le port de Membrano ?"
- Abdul haussa les épaules : "Vois-tu au bord de cette jungle un autre port que Membrano ?"
- Moi : "Me montreras-tu ce totem ?"
- Abdul : "Même à toi , mon ami , je ne le montrerai pas"
Je me demandai par quelle combinaison Abdul cependant contournerait le tabou .
Le lendemain , à l'aube , j'arpentais le quai en regardant les pêcheurs préparer leurs filets .
L'un d'eux , vieil homme ratatiné par le soleil et la rudesse de sa condition , me héla .
Il parlait un sabir teinté d'anglais à peine intelligible . Je compris qu'il voulait me montrer
quelque chose . Je le suivis au bout du quai . Nous descendîmes par une échelle de fer ,
longeâmes une grève étroite puis contournâmes une petite falaise où le ressac avait creusé
une anfractuosité . Là , sur un tapis de fleurs , entre deux rats égorgés , était posée une
bouteille vide . "Totem … totem …" répétait le vieux en se pliant et reculant et joignant
les mains … "Totem … totem …" . C'était une bouteille de schnaps qui - c'était incon-
testable puisqu'elle était marquée d'une croix à l'encre rouge pour qu'aucun marin du Kritik
ne put lui subtiliser - avait appartenu à Toms qui , ivre , l'avait abandonnée deux ans
auparavant sur cette grève .
lundi 9 décembre 2019
PARADIS 122 . LE MERLE NOIR
- Ève entre en courant dans l'Atelier (et sans frapper !) avec une question brûlante
sur les lèvres . Dieu sursaute . Il composait le chant du merle noir .
- Dieu : "Ève ! … tu ne peux pas frapper avant s'entrer ! … je travaille … tu me
déranges …"
- Ève se précipite sur son Créateur et - par derrière - l'agrippe aux épaules :
"Où j'étais avant ?"
- Dieu replie sa partition : "Avant quoi ?"
- Ève : "Avant que j'étais bébé"
- Dieu répète : "Avant que j'étais bébé … qu'est-ce que c'est que ce charabia ?"
- Ève : "Ben … avant …"
- Dieu recouvre la main d'Ève posée sur son épaule : "Tu veux dire : avant ta naissance ?"
- Ève confirme : "Oui … avant que je suis née"
- Dieu rectifie : "Avant que je sois née … subjonctif … c'est le mode de l'éventualité …
tu pouvais être ou ne pas être … il fallait une cause … tu dépendais d'une volonté :
la mienne … mode subjonctif et optatif , marquant le souhait , parce qu'un jour ,
le sixième - je ne sais pas ce qui m'a pris , envie , caprice , foucade ? - j'ai créé l'Homme
avec de la poussière de la terre , j'ai soufflé dans ses narines et vous voilà , Adam et Ève ,
chez moi , dans mon Paradis !"
- Ève : "J'ai rien compris !" . Elle insiste : "J'étais quoi avant ?"
- Dieu : "Rien"
- Ève : "J'étais rien ?"
- Dieu : "Rien du tout"
- Ève : "C'est dingue ! … comment qu'on peut être rien ?"
- Dieu : "Tu n'as pas tort : on ne peut pas être rien"
- Ève : "Alors ?"
- Dieu : "Avant Ève , il n'y avait pas d'Ève … il n'y avait rien … je t'ai créée … tu connais
le chant du merle ?"
- Ève : "Un merle , ça chante ?"
- Dieu : "Non … pas encore … j'invente son répertoire … regarde" . Dieu ouvre la partition
où sont notés des tchink , des tchouk , des pök-pök-pök , des chink-chink … "Tu vois :
c'est le chant du merle noir … j'y travaille mais , pour le moment , il n'existe pas"
- Ève : "Souffle-lui dans le bec !"
- Dieu se met à siffler .
- Ève : "C'est drôlement joli !"
- Dieu : "Je te le fais pas dire !"
sur les lèvres . Dieu sursaute . Il composait le chant du merle noir .
- Dieu : "Ève ! … tu ne peux pas frapper avant s'entrer ! … je travaille … tu me
déranges …"
- Ève se précipite sur son Créateur et - par derrière - l'agrippe aux épaules :
"Où j'étais avant ?"
- Dieu replie sa partition : "Avant quoi ?"
- Ève : "Avant que j'étais bébé"
- Dieu répète : "Avant que j'étais bébé … qu'est-ce que c'est que ce charabia ?"
- Ève : "Ben … avant …"
- Dieu recouvre la main d'Ève posée sur son épaule : "Tu veux dire : avant ta naissance ?"
- Ève confirme : "Oui … avant que je suis née"
- Dieu rectifie : "Avant que je sois née … subjonctif … c'est le mode de l'éventualité …
tu pouvais être ou ne pas être … il fallait une cause … tu dépendais d'une volonté :
la mienne … mode subjonctif et optatif , marquant le souhait , parce qu'un jour ,
le sixième - je ne sais pas ce qui m'a pris , envie , caprice , foucade ? - j'ai créé l'Homme
avec de la poussière de la terre , j'ai soufflé dans ses narines et vous voilà , Adam et Ève ,
chez moi , dans mon Paradis !"
- Ève : "J'ai rien compris !" . Elle insiste : "J'étais quoi avant ?"
- Dieu : "Rien"
- Ève : "J'étais rien ?"
- Dieu : "Rien du tout"
- Ève : "C'est dingue ! … comment qu'on peut être rien ?"
- Dieu : "Tu n'as pas tort : on ne peut pas être rien"
- Ève : "Alors ?"
- Dieu : "Avant Ève , il n'y avait pas d'Ève … il n'y avait rien … je t'ai créée … tu connais
le chant du merle ?"
- Ève : "Un merle , ça chante ?"
- Dieu : "Non … pas encore … j'invente son répertoire … regarde" . Dieu ouvre la partition
où sont notés des tchink , des tchouk , des pök-pök-pök , des chink-chink … "Tu vois :
c'est le chant du merle noir … j'y travaille mais , pour le moment , il n'existe pas"
- Ève : "Souffle-lui dans le bec !"
- Dieu se met à siffler .
- Ève : "C'est drôlement joli !"
- Dieu : "Je te le fais pas dire !"
dimanche 8 décembre 2019
MICHELINE
Au mois de mai 1991 , il me semble que c'était en 1991 mais ce pourrait être en
1992 - j'ai jeté mes agendas et mes actes de mariage de cette époque - j'avais organisé
une sauterie dans mon appartement , rue des sablières à Niort , au 5e étage . C'est à
cette occasion que j'ai fait la connaissance de Micheline . Il y avait plus de cinquante
personnes dans mon 70 m2 , c'est peu dire si nous étions à l'étroit . C'est un ami qui
avait amené Micheline avec lui . Je ne l'avais jamais vue . Nous avons un peu parlé ,
pressés l'un contre l'autre , ne laissant entre nous que l'interstice minimal où caser nos
coupes de champagne . Elle prétendait descendre en ligne directe de Constantin
Drako-Soutzo , un grand logothète de l'Empire . "Un quoi ?" , hurlai-je contre son
oreille où pendait une boucle en forme d'anneau en or (c'était du plaqué , je l'appris par
la suite) car Zerline , ma copine de l'époque , avait mis à fond sur le pick-up : "Hit the
road Jack" . Micheline décolla sa poitrine de la mienne et prit un minuscule recul pour
accommoder de ses yeux bruns sur mon visage . Elle cria : "Un logothète !" . Je plaçai à
nouveau mes lèvres contre son oreille , je sentis sur le bout de mon nez le chatouillis de
ses petites mèches frisottées et beuglai : "Un logo-quoi ?" couvert par Ray : "… and
don't comme back , no more , no more …" . Alors , un nouvel arrivage d'invités provo-
qua un glissement tectonique des corps et je m'écrasai sur Micheline et nos coupes de
champagne . "Un logothète ! … qu'est-ce que c'est ?" . Je compris que c'était une sorte
de ministre byzantin . Mais elle , qu'est-ce qu'elle faisait dans la vie ? . "… no more ,
no more … hit the road Jack ..." . Elle travaillait sur une ligne de pizzas . Elle posait sur
chacune d'elles , à raison de 50 pizzas à la minute , trois olives et une pincée de gruyère . Immédiatement , je la demandai en mariage . Nous n'avons pas eu le temps de faire un
enfant car , très vite , elle est repartie à Byzance (Istambul aujourd'hui) .
1992 - j'ai jeté mes agendas et mes actes de mariage de cette époque - j'avais organisé
une sauterie dans mon appartement , rue des sablières à Niort , au 5e étage . C'est à
cette occasion que j'ai fait la connaissance de Micheline . Il y avait plus de cinquante
personnes dans mon 70 m2 , c'est peu dire si nous étions à l'étroit . C'est un ami qui
avait amené Micheline avec lui . Je ne l'avais jamais vue . Nous avons un peu parlé ,
pressés l'un contre l'autre , ne laissant entre nous que l'interstice minimal où caser nos
coupes de champagne . Elle prétendait descendre en ligne directe de Constantin
Drako-Soutzo , un grand logothète de l'Empire . "Un quoi ?" , hurlai-je contre son
oreille où pendait une boucle en forme d'anneau en or (c'était du plaqué , je l'appris par
la suite) car Zerline , ma copine de l'époque , avait mis à fond sur le pick-up : "Hit the
road Jack" . Micheline décolla sa poitrine de la mienne et prit un minuscule recul pour
accommoder de ses yeux bruns sur mon visage . Elle cria : "Un logothète !" . Je plaçai à
nouveau mes lèvres contre son oreille , je sentis sur le bout de mon nez le chatouillis de
ses petites mèches frisottées et beuglai : "Un logo-quoi ?" couvert par Ray : "… and
don't comme back , no more , no more …" . Alors , un nouvel arrivage d'invités provo-
qua un glissement tectonique des corps et je m'écrasai sur Micheline et nos coupes de
champagne . "Un logothète ! … qu'est-ce que c'est ?" . Je compris que c'était une sorte
de ministre byzantin . Mais elle , qu'est-ce qu'elle faisait dans la vie ? . "… no more ,
no more … hit the road Jack ..." . Elle travaillait sur une ligne de pizzas . Elle posait sur
chacune d'elles , à raison de 50 pizzas à la minute , trois olives et une pincée de gruyère . Immédiatement , je la demandai en mariage . Nous n'avons pas eu le temps de faire un
enfant car , très vite , elle est repartie à Byzance (Istambul aujourd'hui) .
DESMOND 120 . QUESTIONNAIRE
- "Desmond , pouvez-vous me rejoindre au bowling ?" . C'est le Président , au téléphone …
"Vous savez où ça se trouve ?"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président … au sous-sol"
- Lui : "Je vous attends"
Quand j'arrive (sous-sol de la Maison Blanche) , le Président vient de lancer une boule .
Il est à la limite de la ligne de faute dans la position classique du lanceur . Le bout de sa
cravate touche le sol . Il est seul . La boule roule sur la piste en bourdonnant … broooom ! :
les dix quilles sont renversées . Le Président se redresse et revient vers moi par la zone
d'approche . A travers une dentition radieuse , il lance un triomphal : "Strike ! … content
de vous voir , Desmond !"
- Moi : "Bonjour , Monsieur le Président"
- Lui , déjà , se remet en position . Il a saisi une nouvelle boule et se prépare au lancer :
"Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ?"
- Moi : "Euh , non , Monsieur le Président"
- Lui . Il s'élance , le bras droit tenant la boule tendue derrière lui . Mouvement pendulaire .
Il lâche la boule … "pour que vous me posiez des questions …" . La boule roule sur la piste
… brooooom … broum ! : les dix quilles s'abattent .
- Lui : "Strike !"
- Moi : "… Des questions , Monsieur le Président ?"
- Large sourire : "Ne faites pas cette tête-là , Desmond … je vais vous aider"
- Moi : "…….?………"
- Lui : "Je vais vous dire quelles questions vous devez me poser"
- Moi : "…….!………."
- Il desserre sa cravate : "Première question : Monsieur le Président , croyez-vous en Dieu ?"
- Moi : "Mais … je …"
- Lui : "Allez-y , Desmond … posez-moi cette question … n'ayez pas peur"
- Moi , embarrassé : "Euh , Monsieur le Président , croyez-vous en Dieu ?"
- Le Président s'est assis sur un banc . Il délace ses chaussures spéciales . Comme stupéfait ,
il lève la tête vers moi : "Bien entendu que j'y crois ! … quelle question !? … Desmond !"
- Moi : "Mais … Monsieur le ..."
- Lui , en se débarrassant maintenant de ses chaussures : "Deuxième question : le peuple
américain est-il le plus grand ?"
- Moi : "Je …"
- Lui : Posez-moi cette question , Desmond … c'est important"
- Moi . Je bredouille : "Euh , Monsieur le Président , je … je …"
- Lui : "Allez-y ! … lancez-vous ! … ça n'est quand même pas compliqué !"
- Moi : "Monsieur le Président , le peuple américain est-il le plus grand ?"
- Lui . Il redresse le torse , pose ses deux mains à plat sur le banc . Il est à pied de chaus-
settes . A côté de chacun de ses pieds , une chaussure spéciale , vide . Le Président a l'air
ébahi . "Mais enfin , Desmond , bien entendu que le peuple américain est le plus grand !
… vous en doutiez ? . Qu'est-ce qui vous prend de me poser des questions aussi … aussi …"
- Moi : "Monsieur le Président ! … je …"
- Lui m'interrompt : "Vous savez pourquoi je vous demande de me poser ces questions ?"
- Moi : "Non … je ..."
- Lui : "Parce que je me les pose moi-même" . Puis , ramassant ses chaussures :
"Que Dieu existe et que le peuple américain est le plus grand , ce sont des évidences , non ?"
"Vous savez où ça se trouve ?"
- Moi : "Oui , Monsieur le Président … au sous-sol"
- Lui : "Je vous attends"
Quand j'arrive (sous-sol de la Maison Blanche) , le Président vient de lancer une boule .
Il est à la limite de la ligne de faute dans la position classique du lanceur . Le bout de sa
cravate touche le sol . Il est seul . La boule roule sur la piste en bourdonnant … broooom ! :
les dix quilles sont renversées . Le Président se redresse et revient vers moi par la zone
d'approche . A travers une dentition radieuse , il lance un triomphal : "Strike ! … content
de vous voir , Desmond !"
- Moi : "Bonjour , Monsieur le Président"
- Lui , déjà , se remet en position . Il a saisi une nouvelle boule et se prépare au lancer :
"Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ?"
- Moi : "Euh , non , Monsieur le Président"
- Lui . Il s'élance , le bras droit tenant la boule tendue derrière lui . Mouvement pendulaire .
Il lâche la boule … "pour que vous me posiez des questions …" . La boule roule sur la piste
… brooooom … broum ! : les dix quilles s'abattent .
- Lui : "Strike !"
- Moi : "… Des questions , Monsieur le Président ?"
- Large sourire : "Ne faites pas cette tête-là , Desmond … je vais vous aider"
- Moi : "…….?………"
- Lui : "Je vais vous dire quelles questions vous devez me poser"
- Moi : "…….!………."
- Il desserre sa cravate : "Première question : Monsieur le Président , croyez-vous en Dieu ?"
- Moi : "Mais … je …"
- Lui : "Allez-y , Desmond … posez-moi cette question … n'ayez pas peur"
- Moi , embarrassé : "Euh , Monsieur le Président , croyez-vous en Dieu ?"
- Le Président s'est assis sur un banc . Il délace ses chaussures spéciales . Comme stupéfait ,
il lève la tête vers moi : "Bien entendu que j'y crois ! … quelle question !? … Desmond !"
- Moi : "Mais … Monsieur le ..."
- Lui , en se débarrassant maintenant de ses chaussures : "Deuxième question : le peuple
américain est-il le plus grand ?"
- Moi : "Je …"
- Lui : Posez-moi cette question , Desmond … c'est important"
- Moi . Je bredouille : "Euh , Monsieur le Président , je … je …"
- Lui : "Allez-y ! … lancez-vous ! … ça n'est quand même pas compliqué !"
- Moi : "Monsieur le Président , le peuple américain est-il le plus grand ?"
- Lui . Il redresse le torse , pose ses deux mains à plat sur le banc . Il est à pied de chaus-
settes . A côté de chacun de ses pieds , une chaussure spéciale , vide . Le Président a l'air
ébahi . "Mais enfin , Desmond , bien entendu que le peuple américain est le plus grand !
… vous en doutiez ? . Qu'est-ce qui vous prend de me poser des questions aussi … aussi …"
- Moi : "Monsieur le Président ! … je …"
- Lui m'interrompt : "Vous savez pourquoi je vous demande de me poser ces questions ?"
- Moi : "Non … je ..."
- Lui : "Parce que je me les pose moi-même" . Puis , ramassant ses chaussures :
"Que Dieu existe et que le peuple américain est le plus grand , ce sont des évidences , non ?"
Inscription à :
Articles (Atom)