C'était dans le tramway de Budapest . J'avais pris place dans l'haleine de Berthe .
Ses bras ne pesaient rien . Ce qui était fané disparaissait devant elle . Il ne restait
que ses yeux et les trois mouches vermeilles et merveilleuses qui bourdonnaient
contre son chapeau de paille .
L'haleine vermeille de trois mouches s'était fanée et elle ne pesait presque plus
rien dans le tramway de Budapest . A sa place ne restaient que les yeux de Berthe ,
tièdes et merveilleux sous son chapeau de paille .
Le tramway où l'haleine de Budapest avait pris place pesait moins que la paille
d'un chapeau . Restaient les bras tièdes de Berthe . Même les mouches qu'elle
avait dans les yeux avaient disparu .
samedi 21 juin 2014
vendredi 20 juin 2014
DESMOND 3 . HAPPY BIRTHDAY
9 janvier 1969 . 7h du matin . C'est l'anniversaire du Président . Il a 56 ans .
J'entre dans son bureau pour le cours de français .
- Le Président : "Desmond ! … content de vous voir !"
- Moi : "Happy birthday , Mister President …"
- Le Président : "Incorrigible Desmond ! … vous êtes un ange … je vous adore !"
- Moi . Je lui tends un petit paquet à décor de bannière étoilée : "Je me suis permis ,
Monsieur Le Président …"
- Le Président : "Très touché , Desmond … vous ne m'avez pas oublié !" . Il ouvre
le paquet : "Non ! … Desmond ! … où diable avez-vous trouvé çà ?"
- Moi : "Chez un bouquiniste , Monsieur Le Président … sur Pensylvania Avenue"
- Telephone rouge . Le Président : "Allo ! … ya … flinguez-les , nom de Dieu !" .
Il repose le combiné : "Excusez-moi , Desmond , c'est ce cher Henry …" . Il feuil-
lette le livre . Le dos . La tranche . "Une merveille … première édition … 1946 …
Hachette … vous êtes un as , Desmond !" . Son regard se mouille .
- Telephone rouge . Le Président : "Yes , Henry … je vous le dit … tous des pédés …
yes … B52 + napalm … bye ! …" . Il reprend le livre : "Écoutez-çà , Desmond" .
Il lit : "Mais ou et donc or ni car … Desmond ! … l'attribut … l'adjectif qualificatif …
l'auxiliaire avoir … Desmond ! … comment vous remercier ? …"
- Telephone rouge : "Henry , Henry … coupez-leur les couilles … please , Henry !"
- Le Président . Il tourne les pages du petit livre orange : "Mon rêve , Desmond ! …
un Petit Bled à moi ! … Edouard Bled , un génie ! …" . Il serre le livre sur son coeur .
"Fêtons çà , Desmond ! … un scotch ?" . Il s'agenouille devant le réfrigérateur de
bureau .
- Moi : "Merci , Monsieur Le Président … pas pour moi … il est à peine 7 heures …"
- Le Président : "Coca ?"
- Moi : "Volontiers , Monsieur Le Président"
- Telephone rouge . Le Président me désigne l'appareil : "Voyez , Desmond …
encore les cocos" . Il décroche : "Allo ? … ah … c'est l'accueil … qui çà ? … non !! …
çà alors ! … bien entendu que vous le faites monter !" . Il raccroche . Il est pâle :
"Desmond ! … je n'en crois pas mes oreilles !"
- Moi : "Monsieur Le Président , que se passe-t-il ?"
- Le Président : "Edouard Bled est en bas … à l'accueil !" .
J'entre dans son bureau pour le cours de français .
- Le Président : "Desmond ! … content de vous voir !"
- Moi : "Happy birthday , Mister President …"
- Le Président : "Incorrigible Desmond ! … vous êtes un ange … je vous adore !"
- Moi . Je lui tends un petit paquet à décor de bannière étoilée : "Je me suis permis ,
Monsieur Le Président …"
- Le Président : "Très touché , Desmond … vous ne m'avez pas oublié !" . Il ouvre
le paquet : "Non ! … Desmond ! … où diable avez-vous trouvé çà ?"
- Moi : "Chez un bouquiniste , Monsieur Le Président … sur Pensylvania Avenue"
- Telephone rouge . Le Président : "Allo ! … ya … flinguez-les , nom de Dieu !" .
Il repose le combiné : "Excusez-moi , Desmond , c'est ce cher Henry …" . Il feuil-
lette le livre . Le dos . La tranche . "Une merveille … première édition … 1946 …
Hachette … vous êtes un as , Desmond !" . Son regard se mouille .
- Telephone rouge . Le Président : "Yes , Henry … je vous le dit … tous des pédés …
yes … B52 + napalm … bye ! …" . Il reprend le livre : "Écoutez-çà , Desmond" .
Il lit : "Mais ou et donc or ni car … Desmond ! … l'attribut … l'adjectif qualificatif …
l'auxiliaire avoir … Desmond ! … comment vous remercier ? …"
- Telephone rouge : "Henry , Henry … coupez-leur les couilles … please , Henry !"
- Le Président . Il tourne les pages du petit livre orange : "Mon rêve , Desmond ! …
un Petit Bled à moi ! … Edouard Bled , un génie ! …" . Il serre le livre sur son coeur .
"Fêtons çà , Desmond ! … un scotch ?" . Il s'agenouille devant le réfrigérateur de
bureau .
- Moi : "Merci , Monsieur Le Président … pas pour moi … il est à peine 7 heures …"
- Le Président : "Coca ?"
- Moi : "Volontiers , Monsieur Le Président"
- Telephone rouge . Le Président me désigne l'appareil : "Voyez , Desmond …
encore les cocos" . Il décroche : "Allo ? … ah … c'est l'accueil … qui çà ? … non !! …
çà alors ! … bien entendu que vous le faites monter !" . Il raccroche . Il est pâle :
"Desmond ! … je n'en crois pas mes oreilles !"
- Moi : "Monsieur Le Président , que se passe-t-il ?"
- Le Président : "Edouard Bled est en bas … à l'accueil !" .
mercredi 18 juin 2014
COTE 137 . 7 . LE CALVAIRE
Les allemands tenaient Montrepont depuis le début de la guerre. Notre artillerie
avait anéanti le village . A cause d'une offensive de la troisième armée , la ligne
ennemie avait légèrement plié et les allemands avaient évacué ce bout de terre . Là
où il y avait eu des maisons , une église , des fermes , des pâtures et des blés , des
moissons et des fêtes champêtres , des familles autour d'une soupe au potiron , des
femmes , des hommes , des bals , l'amour , il ne subsistait rien . Sauf si l'on appelle
quelque chose des trous , des tas de pierres , des restes de tranchées , des ferrailles
tordues et des carcasses de chevaux . Pour la première fois , nous entrâmes dans
cet espace vide jadis nommé Montrepont . Comme un miracle , le seul élément
vertical qui tint debout était un calvaire en ciment armé , témoin de la fin du monde .
Debout mais pas intact . Le corps du Christ était criblé d'impacts et une traverse de
la croix pendait à un fer à béton avec l'avant-bras droit . Or , un convoi de matériel
montait au front . Le capitaine nous fit asseoir sur les marches du calvaire et il s'éloi-
gna avec le téléphoniste pour prendre des instructions …
Martial se leva . Il héla le conducteur d'un camion . Nous le vîmes parlementer
et il revint avec une échelle de fer et une scie à métaux . Il posa l'échelle sur la croix
et entreprit de scier le fer à béton .
- Martial : "Gare à vous dessous ! … le bras du Seigneut va fondre sur vous …"
L'avant-bras et le morceau de croix se fichèrent dans la boue . "Désolé , Seigneur …
c'est çà ou la gangrène … la pension d'invalidité ou le cimetière militaire" . Puis ,
appelant notre infirmier : "Docteur ! … compresses , bandes , adhésif …" . Le gars
lui tendit une trousse et Martial fit au moignon du Fils de Dieu le plus beau pansement
de la Grande Guerre .
- Martial : "Mercurochrome !" … et il badigeonna de teinture rouge les impacts de
mitrailleuse . Maintenant debouts , nous regardions éberlués le Christ de Martial .
"Ce cochon va s'en tirer" dit-il du haut de son échelle .
La compagnie s'éloigna . Nous aussi montions sur la nouvelle ligne de front …
Martial se retourna vers le calvaire : "Seigneur , mieux vaut manchot que mort !" .
Puis à nous : "Mieux vaut crucifié que poilu" .
Nous entonnâmes un chant de marche ordurier .
avait anéanti le village . A cause d'une offensive de la troisième armée , la ligne
ennemie avait légèrement plié et les allemands avaient évacué ce bout de terre . Là
où il y avait eu des maisons , une église , des fermes , des pâtures et des blés , des
moissons et des fêtes champêtres , des familles autour d'une soupe au potiron , des
femmes , des hommes , des bals , l'amour , il ne subsistait rien . Sauf si l'on appelle
quelque chose des trous , des tas de pierres , des restes de tranchées , des ferrailles
tordues et des carcasses de chevaux . Pour la première fois , nous entrâmes dans
cet espace vide jadis nommé Montrepont . Comme un miracle , le seul élément
vertical qui tint debout était un calvaire en ciment armé , témoin de la fin du monde .
Debout mais pas intact . Le corps du Christ était criblé d'impacts et une traverse de
la croix pendait à un fer à béton avec l'avant-bras droit . Or , un convoi de matériel
montait au front . Le capitaine nous fit asseoir sur les marches du calvaire et il s'éloi-
gna avec le téléphoniste pour prendre des instructions …
Martial se leva . Il héla le conducteur d'un camion . Nous le vîmes parlementer
et il revint avec une échelle de fer et une scie à métaux . Il posa l'échelle sur la croix
et entreprit de scier le fer à béton .
- Martial : "Gare à vous dessous ! … le bras du Seigneut va fondre sur vous …"
L'avant-bras et le morceau de croix se fichèrent dans la boue . "Désolé , Seigneur …
c'est çà ou la gangrène … la pension d'invalidité ou le cimetière militaire" . Puis ,
appelant notre infirmier : "Docteur ! … compresses , bandes , adhésif …" . Le gars
lui tendit une trousse et Martial fit au moignon du Fils de Dieu le plus beau pansement
de la Grande Guerre .
- Martial : "Mercurochrome !" … et il badigeonna de teinture rouge les impacts de
mitrailleuse . Maintenant debouts , nous regardions éberlués le Christ de Martial .
"Ce cochon va s'en tirer" dit-il du haut de son échelle .
La compagnie s'éloigna . Nous aussi montions sur la nouvelle ligne de front …
Martial se retourna vers le calvaire : "Seigneur , mieux vaut manchot que mort !" .
Puis à nous : "Mieux vaut crucifié que poilu" .
Nous entonnâmes un chant de marche ordurier .
dimanche 15 juin 2014
PARADIS 9 . VOYELLES
Dieu a délaissé son atelier pour son bureau . Adam le cherche dans tous les coins
du Paradis et c'est là qu'il le trouve .
- Adam : "Qu'est-ce que tu fais ?"
- Dieu : "Je lis"
- Adam : "Tu lis la Bible ?"
- Dieu : "Non … je lis la thèse du Professeur Baratine"
- Adam : "Parce qu'il y a d'autres livres que la Bible !? …"
- Dieu : "Oh , Adam ! … des millions … tu n'imagines pas ce que l'humanité écrit ! …
une manie … et je dois lire tout ça ( Il montre une montagne de bouquins ) pour être
au courant …"
- Adam : "C'est quoi le livre du Professeur Baratine ?"
- Dieu : "C'est écrit en allemand : "Das refoulzisch , die voyel und der godishkeit" …
le professeur Baratine est un juif italo-russe qui écrit en allemand et enseigne aux
États-Unis …"
- Adam : "…………………..?………………."
- Dieu : "Tu peux pas comprendre … tu es le premier homme … tout ça s'est passé
plus tard … pour Moi le temps n'existe pas … ou plutôt le temps , c'est Moi … le
passé et le futur me sont présents …"
- Adam : "Ça raconte quoi ce livre ?"
- Dieu : "Ça raconte comment les voyelles sont arrivées sur terre"
- Adam : "Dis-moi …"
- Dieu : "C'est vachement compliqué . J'aurais pu faire plus simple … d'après
Baratine , c'est un peu ma faute … j'aurais dû créer les voyelles en même temps que
les consonnes et même peut-être avant … au lieu d'en faire une sorte de tabou …"
- Adam : "Tu m'apprendras à lire ?"
- Dieu . Il soupire : "Va bien falloir … mais c'est une connerie"
du Paradis et c'est là qu'il le trouve .
- Adam : "Qu'est-ce que tu fais ?"
- Dieu : "Je lis"
- Adam : "Tu lis la Bible ?"
- Dieu : "Non … je lis la thèse du Professeur Baratine"
- Adam : "Parce qu'il y a d'autres livres que la Bible !? …"
- Dieu : "Oh , Adam ! … des millions … tu n'imagines pas ce que l'humanité écrit ! …
une manie … et je dois lire tout ça ( Il montre une montagne de bouquins ) pour être
au courant …"
- Adam : "C'est quoi le livre du Professeur Baratine ?"
- Dieu : "C'est écrit en allemand : "Das refoulzisch , die voyel und der godishkeit" …
le professeur Baratine est un juif italo-russe qui écrit en allemand et enseigne aux
États-Unis …"
- Adam : "…………………..?………………."
- Dieu : "Tu peux pas comprendre … tu es le premier homme … tout ça s'est passé
plus tard … pour Moi le temps n'existe pas … ou plutôt le temps , c'est Moi … le
passé et le futur me sont présents …"
- Adam : "Ça raconte quoi ce livre ?"
- Dieu : "Ça raconte comment les voyelles sont arrivées sur terre"
- Adam : "Dis-moi …"
- Dieu : "C'est vachement compliqué . J'aurais pu faire plus simple … d'après
Baratine , c'est un peu ma faute … j'aurais dû créer les voyelles en même temps que
les consonnes et même peut-être avant … au lieu d'en faire une sorte de tabou …"
- Adam : "Tu m'apprendras à lire ?"
- Dieu . Il soupire : "Va bien falloir … mais c'est une connerie"
PARADIS 8 . PROFESSEUR BARATINE
0h15 . Aéroport Roissy Charles de Gaulle . Salle d'embarquement n°4 . J'interviewe
le professeur Baratine dans le cadre d'une émission de France Culture : "Pour que les
choses soient claires" .
- Moi : "Professeur , merci de prendre de votre temps précieux pour répondre à mes
questions" .
- Lui : "Si"
- Moi : "Tout d'abord , je retracerai pour nos auditeurs votre fabuleuse carrière . Vous
êtes l'un des fondateurs ( je dirai même le père ! ) de la phonologie comparée , vous
êtes titulaire de la chaire de philologie générale à l'université de Charabia ; Docteur
honoris causa , vous enseignez à Chicago la phonologie fonctionnelle et à Tel Aviv
vous dirigez le laboratoire de phonologie génique . Vous donnez des conférences dans
le monde entier . Vous êtes psychiatre de formation et Docteur en théologie . Vous
venez de publier une thèse de 3000 pages sur les rapports entre le refoulé , la voyelle
et le divin : "Das refoulzisch , die voyel und der godishkeit" , thèse qui sera traduite
en français d'ici à 10 ans ! …"
- Lui : "Si"
- Moi : "Professeur , pour les auditeurs qui nous écoutent à cette heure tardive , je me
permets de résumer - si toutefois cela est possible - votre pensée" .
- Lui : "Si"
- Moi : "Il semblerait que la voyelle n'ait été inventée que bien des siècles après la
consonne de sorte que les écritures étaient lisibles pour qui savait lire mais impronon-
çables puisque les consonnes isolées sont inarticulables . Vous soutenez que le mono-
théisme érigea en interdit l'inscription de la voyelle et que - pour contourner ce tabou -
le lecteur hébraïque ou moabite usait de "mères de lecture" , sortes de consonnes faibles
ou voyelles clandestines servant à indiquer une prononciation approximative"
- Lui : "Si"
- Moi : "… Ainsi la Scripto Plena , par exemple D3WiYid(1) pour DAVID …
- Lui : "Si"
- Moi : "Vous avancez , Professeur Baratine , que ce sont les grecs qui ont fait de Dieu
un être vocalique et dicible en remplaçant les 4 consonnes ALEPH(Y) , HE(H) , VAV(W) ,
et YOD(H) par 5 voyelles : IAOUE ; et vous opposez à l'écriture consonnantique , lieu de
l'interdit et du refoulé , la jouissance sonore de la voyelle . Ai-je bien résumé votre propos ?"
- Lui : "Si"
- Moi : " Professeur Baratine , je vous remercie pour ces considérations éclairantes"
- Lui : "Si…"
le professeur Baratine dans le cadre d'une émission de France Culture : "Pour que les
choses soient claires" .
- Moi : "Professeur , merci de prendre de votre temps précieux pour répondre à mes
questions" .
- Lui : "Si"
- Moi : "Tout d'abord , je retracerai pour nos auditeurs votre fabuleuse carrière . Vous
êtes l'un des fondateurs ( je dirai même le père ! ) de la phonologie comparée , vous
êtes titulaire de la chaire de philologie générale à l'université de Charabia ; Docteur
honoris causa , vous enseignez à Chicago la phonologie fonctionnelle et à Tel Aviv
vous dirigez le laboratoire de phonologie génique . Vous donnez des conférences dans
le monde entier . Vous êtes psychiatre de formation et Docteur en théologie . Vous
venez de publier une thèse de 3000 pages sur les rapports entre le refoulé , la voyelle
et le divin : "Das refoulzisch , die voyel und der godishkeit" , thèse qui sera traduite
en français d'ici à 10 ans ! …"
- Lui : "Si"
- Moi : "Professeur , pour les auditeurs qui nous écoutent à cette heure tardive , je me
permets de résumer - si toutefois cela est possible - votre pensée" .
- Lui : "Si"
- Moi : "Il semblerait que la voyelle n'ait été inventée que bien des siècles après la
consonne de sorte que les écritures étaient lisibles pour qui savait lire mais impronon-
çables puisque les consonnes isolées sont inarticulables . Vous soutenez que le mono-
théisme érigea en interdit l'inscription de la voyelle et que - pour contourner ce tabou -
le lecteur hébraïque ou moabite usait de "mères de lecture" , sortes de consonnes faibles
ou voyelles clandestines servant à indiquer une prononciation approximative"
- Lui : "Si"
- Moi : "… Ainsi la Scripto Plena , par exemple D3WiYid(1) pour DAVID …
- Lui : "Si"
- Moi : "Vous avancez , Professeur Baratine , que ce sont les grecs qui ont fait de Dieu
un être vocalique et dicible en remplaçant les 4 consonnes ALEPH(Y) , HE(H) , VAV(W) ,
et YOD(H) par 5 voyelles : IAOUE ; et vous opposez à l'écriture consonnantique , lieu de
l'interdit et du refoulé , la jouissance sonore de la voyelle . Ai-je bien résumé votre propos ?"
- Lui : "Si"
- Moi : " Professeur Baratine , je vous remercie pour ces considérations éclairantes"
- Lui : "Si…"
BUS 29 . 3
Sont inconsolables ses peines
Et tremblantes aux cahots ses boucles d'oreilles .
On devine sur ses genoux
Un Christ mort .
"Cobàn , tres kilómetros ! Prepare ! No olvidan
sus equipajes !" . Le chauffeur : "Dans trois
kilomètres Cobàn … Préparez-vous … N'oubliez
pas vos bagages !" …
Un puma traverse la route
Et on imagine dans ses bas-côtés ,
Derrière les rails de sécurité ,
La foule des tapirs , des fourmiliers , des singes …
La reine serre contre elle un sac en plastique .
Ainsi voit-on la nuque de Zulma dans le bus 29
Entre Pajupita et Cobàn ,
Sur la route 14 .
( à suivre )
Et tremblantes aux cahots ses boucles d'oreilles .
On devine sur ses genoux
Un Christ mort .
"Cobàn , tres kilómetros ! Prepare ! No olvidan
sus equipajes !" . Le chauffeur : "Dans trois
kilomètres Cobàn … Préparez-vous … N'oubliez
pas vos bagages !" …
Un puma traverse la route
Et on imagine dans ses bas-côtés ,
Derrière les rails de sécurité ,
La foule des tapirs , des fourmiliers , des singes …
La reine serre contre elle un sac en plastique .
Ainsi voit-on la nuque de Zulma dans le bus 29
Entre Pajupita et Cobàn ,
Sur la route 14 .
( à suivre )
BUS 29 . 2
Si , à Pajupita , à 9h37 , vous montez dans le bus 29 par la porte
à soufflets centrale , qui que vous soyez - représentant de commerce ,
vendeur de poules , prêtre inca ou indien maya - vous courberez la
tête .
Cette inclination de la nuque , aucun des voyageurs n'en verra rien ,
la robe est rouge et la bretelle gauche a glissé sur une épaule d'ivoire ,
pas même la reine car elle vous tourne le dos . Mais chacun - et la
reine assurément - saura que vous vous êtes incliné et , ne la quittant
pas des yeux , vous chercherez à tâtons une place libre derrière elle ,
à quelques mauvaises rangées de banquettes , car une reine ne se
contemple pas de face .
Ainsi va , chaque matin au boulot , Zulma …
( à suivre )
à soufflets centrale , qui que vous soyez - représentant de commerce ,
vendeur de poules , prêtre inca ou indien maya - vous courberez la
tête .
Cette inclination de la nuque , aucun des voyageurs n'en verra rien ,
la robe est rouge et la bretelle gauche a glissé sur une épaule d'ivoire ,
pas même la reine car elle vous tourne le dos . Mais chacun - et la
reine assurément - saura que vous vous êtes incliné et , ne la quittant
pas des yeux , vous chercherez à tâtons une place libre derrière elle ,
à quelques mauvaises rangées de banquettes , car une reine ne se
contemple pas de face .
Ainsi va , chaque matin au boulot , Zulma …
( à suivre )
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