- Dieu . Il regarde la terre à travers les lentilles d'une lunette astronomique . C'est
un modèle du XVIIe siècle mais la vision de Dieu est telle qu'elle lui permet de voir
dans le détail ce qui se passe sur le périphérique-est entre la Porte de la Chapelle et
la Porte d'Italie : "Une heure vingt de la Chapelle à la Porte d'Italie !"
- Ève . Elle est assise dans un coin de l'atelier où furent créées toutes choses :
"Qu'est-ce que tu dis ?"
- Dieu : "Je dis que c'est la pagaille !"
- Ève : "C'est quoi la pagaille ?"
- Dieu , sans quitter l'oculaire : "C'est le contraire de l'harmonie … pfff ! … rien que
dans la région : 160 kms de bouchons cumulés !! … tu te rends compte !?"
- Ève : "C'est quoi des bouchons ?"
- Dieu : "Tes descendants , Ève …"
- Ève : "Caïn et Abel ?"
- Dieu : "Les descendants de tes descendants … ils sont en vacances … ils vont à la
montagne … tous et en même temps !"
- Ève : "……….?….."
- Dieu , à nouveau rivé à l'oculaire : "Pic de pollution au dioxyde d'azote : 8 … c'est
mauvais … micro-particules : 7 … c'est pas bon …"
- Ève : "Qu'est-ce qu'ils vont faire à la montagne ? … moi , j'aime pas la montagne :
ça monte"
- Dieu : "Eux , ça leur plaît … mais c'est pour descendre …"
- Ève : "Faut d'abord monter pour descendre"
- Dieu . Il zoome sur la Porte de Bagnolet : "Tes descendants ont inventé un truc :
le tire-fesses"
- Ève . Elle rit : "Oh ! … ça doit être amusant ! … tu m'en f'ras un ?"
- Dieu . Zoom sur la Porte de Charenton : "Tu sais , Ève , tout ça est assez bébête …
et ça coûte cher à la Sécurité Sociale ! …"
lundi 30 mai 2016
COTE 137 . 59 . UN INSECTE
Nous avions entendu parler de ces nettoyeurs de fortins . J'étais en patrouille avec
Martial quand nous en vîmes un . Le soir tombait . Il pleuvait . L'obscurité envahissait
les boyaux à-demi effondrés . Celui-ci travaillait en solitaire . Nous le suivîmes en
rampant de trou en trou . Nous aurions pu l'abattre mais deux entomologistes écrasent-
ils une bestiole jamais vue au lieu de l'observer avec passion ? . Il marchait courbé et
portait sur le dos deux bonbonnes . Il s'appuyait d'une patte sur les parois boueuses .
Lentement , précautionneusement , il enjambait ces choses qui traînent au fond d'une
tranchée abandonnée : ferrailles , barbelés , pieux , sacs , cadavres . Puis il s'arrêtait
comme aux aguets et se remettait en marche . On voyait briller les détendeurs de ses
bouteilles . A l'entrée de ce qui restait d'une casemate , il explorait prudemment l'endroit
avec sa trompe … Alors , en même temps qu'un bruit de souffle , un jet de flammes
incendiait l'abri .
- Martial chuchotant (nous étions à vingt mètres de l'insecte) : "… Comment appelle-t-
on cet animal cracheur de feu ?"
- Moi : "……………?…………"
- Martial , plus bas encore : "Tu sais bien ! … un animal cracheur de feu … comment
l'appelle-t-on ?"
L'insecte avait repris sa marche prudente et fureteuse . Sa trompe allait d'un bord à
l'autre du boyau . Elle reniflait chaque interstice et crachait son feu dans tout ce qui
ressemblait à une excavation .
- Moi : "Je ne vois pas de quel animal tu parles … un animal cracheur de feu ?"
- Martial , à mon oreille : "Dragon … dragon …"
- Moi : "Martial ! … un dragon est un animal fantastique ! … il n'en existe pas dans
la nature …"
- Martial , me donnant du coude dans les côtes et du menton vers le nettoyeur de
fortins : "Et celui-là … tu ne l'as pas sous les yeux !?"
Martial quand nous en vîmes un . Le soir tombait . Il pleuvait . L'obscurité envahissait
les boyaux à-demi effondrés . Celui-ci travaillait en solitaire . Nous le suivîmes en
rampant de trou en trou . Nous aurions pu l'abattre mais deux entomologistes écrasent-
ils une bestiole jamais vue au lieu de l'observer avec passion ? . Il marchait courbé et
portait sur le dos deux bonbonnes . Il s'appuyait d'une patte sur les parois boueuses .
Lentement , précautionneusement , il enjambait ces choses qui traînent au fond d'une
tranchée abandonnée : ferrailles , barbelés , pieux , sacs , cadavres . Puis il s'arrêtait
comme aux aguets et se remettait en marche . On voyait briller les détendeurs de ses
bouteilles . A l'entrée de ce qui restait d'une casemate , il explorait prudemment l'endroit
avec sa trompe … Alors , en même temps qu'un bruit de souffle , un jet de flammes
incendiait l'abri .
- Martial chuchotant (nous étions à vingt mètres de l'insecte) : "… Comment appelle-t-
on cet animal cracheur de feu ?"
- Moi : "……………?…………"
- Martial , plus bas encore : "Tu sais bien ! … un animal cracheur de feu … comment
l'appelle-t-on ?"
L'insecte avait repris sa marche prudente et fureteuse . Sa trompe allait d'un bord à
l'autre du boyau . Elle reniflait chaque interstice et crachait son feu dans tout ce qui
ressemblait à une excavation .
- Moi : "Je ne vois pas de quel animal tu parles … un animal cracheur de feu ?"
- Martial , à mon oreille : "Dragon … dragon …"
- Moi : "Martial ! … un dragon est un animal fantastique ! … il n'en existe pas dans
la nature …"
- Martial , me donnant du coude dans les côtes et du menton vers le nettoyeur de
fortins : "Et celui-là … tu ne l'as pas sous les yeux !?"
dimanche 29 mai 2016
LE ROI DES BELGES (suite) . L'ÉTAT DE ROI
Je voulus être un grand roi . Je commençai par révoquer les ministres et n'en
nommai aucun en remplacement puisque j'avais décidé de régner en monarque
absolu . Mes chevilles avaient enflé et par les portes du Grand Salon Blanc , je
peinais à passer ma tête couronnée . L'air comprimé qui pressait mes tempes me
donnait d'atroces céphalées (aérocéphalées) et je souffrais en conséquence d'hy-
pertension neuronale : la compression des neurones en un point P du cerveau
est si intense qu'elle empêche toute forme de rayonnement . C'est comme les trous
noirs en astronomie diagnostiqua Astrid en passant l'aspirateur et elle me conseilla
de faire ce que font d'habitude les Rois des Belges : s'occuper de leurs oignons ,
par exemple et au hasard , repeindre la Salle des Glaces ou tondre le gazon du
Petit Jardin à la Française , choses que j'avais accomplies en petit avec abnégation
dans ma vie parallèle sous la férule de Madame Tartempion . Or , j'en avais assez
des tyrans domestiques - je fis remarquer au Grand Chambellan que le mot tyran
n'a pas de féminin ; sur le champ , j'en inventai un dans le genre carnivore :
tyranosette - j'étais emporté par de grands desseins aussi m'enfermai-je à double
tour (don't disturb) dans mon cabinet de travail et concoctai entre ses pesantes
tentures un magnifique projet : reconquérir le Congo et les mines du Haut-Katanga .
(à suivre)
vendredi 27 mai 2016
TROIS MOUCHES 60 . DES LECTEURS DISCOURENT SUR LA MÉTHODE
"Si les fous écrivaient des livres , ils n'auraient pas moins de lecteurs que les
autres" . Berthe se retourna en chassant les trois mouches vermeilles et merveil-
leuses qui bourdonnaient contre son chapeau de paille . "Qui a dit ça ?" , deman-
da-t-elle . "Descartes" , répondis-je .
Trois fous retournaient des cartes dans un chapeau de paille où bourdonnaient
des mouches . "Nous écrirons des livres merveilleux" , dirent-ils à Berthe qui
répondit : "Vous chasserez vos lecteurs !"
Berthe retourna l'une des cartes . Il y en avait trois vermeilles sur son livre et les
autres étaient dans son chapeau de paille . "Que chasse l'écrivain et qui bourdonne ?" ,
demanda-t-elle . "Les lecteurs et les mouches" , répondis-je .
autres" . Berthe se retourna en chassant les trois mouches vermeilles et merveil-
leuses qui bourdonnaient contre son chapeau de paille . "Qui a dit ça ?" , deman-
da-t-elle . "Descartes" , répondis-je .
Trois fous retournaient des cartes dans un chapeau de paille où bourdonnaient
des mouches . "Nous écrirons des livres merveilleux" , dirent-ils à Berthe qui
répondit : "Vous chasserez vos lecteurs !"
Berthe retourna l'une des cartes . Il y en avait trois vermeilles sur son livre et les
autres étaient dans son chapeau de paille . "Que chasse l'écrivain et qui bourdonne ?" ,
demanda-t-elle . "Les lecteurs et les mouches" , répondis-je .
DESMOND 55 . L5
- Voix geignarde du Président par l'interphone : "Desmond , je vous en prie …
montez … tout de suite … dans mon studio"
Je me précipite . Le studio du Président est une petite pièce contiguë au Bureau
Ovale . Je frappe .
- Le Président , plaintif : "Come in ! … entrez Desmond !"
Il est étendu sur le lit de repos . Il grimace .
- Moi : "Mister President ! … what's happening ?"
- Lui : "C'est idiot … j'ai voulu changer une ampoule … damn'it ! … un faux mou-
vement … c'est mon dos … la L5 ..;"
- Moi , les bras ballants comme un crétin : "Que puis-je faire ?"
- Lui : "Desmond … je reçois Kossyguine dans dix minutes … l'accord S.A.L.T …
il faut que j'aie l'air en forme …"
- Moi : "J'appelle le Docteur Riland"
- Lui , à l'agonie : "En vacances à Zaretché … Brejnev lui a prêté sa datcha"
- Moi : "Kissinger ?"
- Lui : "A Moscou … Anti-Balistic-Treaty …"
- Moi : "………………….."
- Lui . Il me prend la main : "Desmond , nous allons nous débrouiller tout seuls"
Il se contorsionne et s'allonge sur le ventre en gémissant : "Retirez-moi cette foutue
veste" . Je l'aide , il halète : "Relevez ma chemise … tirez sur mon pantalon"
J'hésite .
- Lui : "Ah , Desmond ! … for Christ's sake ! … j'ai un cul comme tout le monde ! …"
La naissance des fesses du Président des États-Unis .
- Lui : "C'est une lombaire … toujours la même … la L5 … le sacrum … allez-y avec
votre pouce , un coup sec ! … buck up ! … l'Amérique vous regarde , Desmond !"
J'appuie là , de toutes mes forces , avec mon pouce .
- Lui . Il hurle : "Aïe !!! … Desmond , vous m'avez fait un mal de chien !"
- Moi : "Oh , Mister President … I'm so sorry !"
- Lui . Il s'asseoit sur le bord du lit et teste l'empilement de ses vertèbres : "Desmond ,
vous êtes un as ! … I'm at the top of my form ! … let's fight it out , Kossyguine !"
montez … tout de suite … dans mon studio"
Je me précipite . Le studio du Président est une petite pièce contiguë au Bureau
Ovale . Je frappe .
- Le Président , plaintif : "Come in ! … entrez Desmond !"
Il est étendu sur le lit de repos . Il grimace .
- Moi : "Mister President ! … what's happening ?"
- Lui : "C'est idiot … j'ai voulu changer une ampoule … damn'it ! … un faux mou-
vement … c'est mon dos … la L5 ..;"
- Moi , les bras ballants comme un crétin : "Que puis-je faire ?"
- Lui : "Desmond … je reçois Kossyguine dans dix minutes … l'accord S.A.L.T …
il faut que j'aie l'air en forme …"
- Moi : "J'appelle le Docteur Riland"
- Lui , à l'agonie : "En vacances à Zaretché … Brejnev lui a prêté sa datcha"
- Moi : "Kissinger ?"
- Lui : "A Moscou … Anti-Balistic-Treaty …"
- Moi : "………………….."
- Lui . Il me prend la main : "Desmond , nous allons nous débrouiller tout seuls"
Il se contorsionne et s'allonge sur le ventre en gémissant : "Retirez-moi cette foutue
veste" . Je l'aide , il halète : "Relevez ma chemise … tirez sur mon pantalon"
J'hésite .
- Lui : "Ah , Desmond ! … for Christ's sake ! … j'ai un cul comme tout le monde ! …"
La naissance des fesses du Président des États-Unis .
- Lui : "C'est une lombaire … toujours la même … la L5 … le sacrum … allez-y avec
votre pouce , un coup sec ! … buck up ! … l'Amérique vous regarde , Desmond !"
J'appuie là , de toutes mes forces , avec mon pouce .
- Lui . Il hurle : "Aïe !!! … Desmond , vous m'avez fait un mal de chien !"
- Moi : "Oh , Mister President … I'm so sorry !"
- Lui . Il s'asseoit sur le bord du lit et teste l'empilement de ses vertèbres : "Desmond ,
vous êtes un as ! … I'm at the top of my form ! … let's fight it out , Kossyguine !"
mercredi 25 mai 2016
LE ROI DES BELGES (suite) . COMMENT JE DEVINS LE HUITIÈME ROI DES BELGES
On se souvient qu'au château de Beloeil je tins Astrid sur mes genoux . Force
est de constater que je devins Roi des Belges par défaut : Madame Tartempion ,
folle de jalousie - je ne la prenais jamais sur mes genoux - mais par ailleurs fascinée
par la banque , s'éloigna de moi . Elle épousa Lorenz et entra par ce biais matrimonial
dans la famille de Habsburg . Elle porta désormais les titres de Duchesse de Modène ,
Princesse impériale d'Autriche , de Hongrie , de Croatie , de Bohême , qu' elle
adjoignit à la distinction d'académicienne de Tournai , ville où elle exerçait avec
succès le métier de sculpteuse de bouteilles en plastique (cf "Le rideau de douche"
2.20 x 0.85m plastique Evian-Contrex . Mai 2013) . Une von Habsburg-Lothringen
ça en jetait plus dans les expos qu'une modeste Tartempion ! . Quant à Astrid , j'aurais
fait injure à sa pneumaticité si je ne l'avais demandée en mariage . Comme elle n'avait
pas d'autre solution sous la main , elle saisit celle qu'elle avait sous les fesses et accepta
de m'épouser . Or , depuis l'abrogation de la primogéniture masculine , elle était le
numéro six de la succession au Trône et , par un funeste concours de circonstances ,
elle s'en trouva bientôt au pied : la Duchesse de Brabant , Elizabeth , se prit les
socquettes dans sa corde à sauter , Gabriel fit une erreur dans l'appréciation du feu
tricolore au carrefour de la rue de Dinant et de la Celebroerstraat , Emmanuel mourut
d'un excès d'acides gras volatils dans le caeco-colon et , devant le Palais Royal , Eleanor
traversa à l'heure de pointe la rue Brederode hors du passage pour piétons . Comme
Astrid voulait se consacrer aux taches ménagères , elle profita d'un flou dans les règles
de succession pour me filer le job . Je régnai donc sous le nom de Couteau A Droite
(CAD) Ier , 8e Roi des Belges et je tenais dans le même temps l'Archiduché d'Autriche-
Este et le Comté de Sailly-les-Lannoy (59390) . Je nommai mon ami Eric de la Jonquille
au poste de Grand Chambellan ; son épouse , la fée Christiane de la Jonquille , demeura
dans le ciel mon instructrice préférée .
(à suivre)
est de constater que je devins Roi des Belges par défaut : Madame Tartempion ,
folle de jalousie - je ne la prenais jamais sur mes genoux - mais par ailleurs fascinée
par la banque , s'éloigna de moi . Elle épousa Lorenz et entra par ce biais matrimonial
dans la famille de Habsburg . Elle porta désormais les titres de Duchesse de Modène ,
Princesse impériale d'Autriche , de Hongrie , de Croatie , de Bohême , qu' elle
adjoignit à la distinction d'académicienne de Tournai , ville où elle exerçait avec
succès le métier de sculpteuse de bouteilles en plastique (cf "Le rideau de douche"
2.20 x 0.85m plastique Evian-Contrex . Mai 2013) . Une von Habsburg-Lothringen
ça en jetait plus dans les expos qu'une modeste Tartempion ! . Quant à Astrid , j'aurais
fait injure à sa pneumaticité si je ne l'avais demandée en mariage . Comme elle n'avait
pas d'autre solution sous la main , elle saisit celle qu'elle avait sous les fesses et accepta
de m'épouser . Or , depuis l'abrogation de la primogéniture masculine , elle était le
numéro six de la succession au Trône et , par un funeste concours de circonstances ,
elle s'en trouva bientôt au pied : la Duchesse de Brabant , Elizabeth , se prit les
socquettes dans sa corde à sauter , Gabriel fit une erreur dans l'appréciation du feu
tricolore au carrefour de la rue de Dinant et de la Celebroerstraat , Emmanuel mourut
d'un excès d'acides gras volatils dans le caeco-colon et , devant le Palais Royal , Eleanor
traversa à l'heure de pointe la rue Brederode hors du passage pour piétons . Comme
Astrid voulait se consacrer aux taches ménagères , elle profita d'un flou dans les règles
de succession pour me filer le job . Je régnai donc sous le nom de Couteau A Droite
(CAD) Ier , 8e Roi des Belges et je tenais dans le même temps l'Archiduché d'Autriche-
Este et le Comté de Sailly-les-Lannoy (59390) . Je nommai mon ami Eric de la Jonquille
au poste de Grand Chambellan ; son épouse , la fée Christiane de la Jonquille , demeura
dans le ciel mon instructrice préférée .
(à suivre)
LE ROI DES BELGES (suite) . L'INCIDENT DES CHAISES
(ou comment j'entrai dans un circuit de photons parallèle)
C'était juste avant que l'orchestre attaque les premières mesures du Sacre du Printemps .
En qualité de Very Importantes Personnes , on nous avait gardé deux chaises . Une erreur
de l'organisateur fit que ces deux chaises réservées au nom de Madame et Monsieur Tar-
tempion étaient dévolues à l'Archiduchesse Astrid et son mari Lorenz . L'affaire , certes
épineuse aux plans de la préséance (Madame Tartempion et moi ne sommes pas archi-
ducs !) , et des Droits de l'Homme (en effet , les hommes sont égaux en droit et , particu-
lièrement , chacun a droit à une chaise où poser son cul et aucun titre d'aucune sorte ne
saurait circonvenir cette prérogative imprescriptible !) , l'affaire se régla entre gens du
monde à la façon des gens du monde :
- "Madame Tartempion … Monsieur Tartempion"
- "Enchantés ! … Astrid , Archiduchesse d'Autriche-Este"
- "Enchantés , Madame …"
- "Mon mari : Lorenz von Habsburg-Lothringen …"
- "Enchantés , Monsieur … j'ai bien connu une Habsbourg … elle tenait une brasserie à
Bazas (Lot et Garonne) … ah , ce n'est pas la même branche ? … une Savoie-Aoste ,
dites-vous ? … non , pas que je sache …"
- "et bla-bla-bla …"
Lorenz (on s'appela par nos prénoms … Lorenz , Astrid , pas de chichis) nous expliqua
qu'il était en retard car il avait crevé avec sa "véwé" et n'était pas un as en pose de rustines .
Lui , c'était plutôt la banque … Astrid , Dieu merci , lui avait monté le cric et on n'allait pas
faire une histoire avec ces deux chaises ! . Nous convînmes de les partager . Astrid poserait
son derrière sur mes genoux et Madame Tartempion le sien sur ceux de Lorenz , Prince de
Croatie , de Hongrie et de Bohême .
Le Sacre du Printemps fut pour les oreilles une merveille et Astrid se révéla prodigieuse-
ment pneumatique .
(à suivre)
C'était juste avant que l'orchestre attaque les premières mesures du Sacre du Printemps .
En qualité de Very Importantes Personnes , on nous avait gardé deux chaises . Une erreur
de l'organisateur fit que ces deux chaises réservées au nom de Madame et Monsieur Tar-
tempion étaient dévolues à l'Archiduchesse Astrid et son mari Lorenz . L'affaire , certes
épineuse aux plans de la préséance (Madame Tartempion et moi ne sommes pas archi-
ducs !) , et des Droits de l'Homme (en effet , les hommes sont égaux en droit et , particu-
lièrement , chacun a droit à une chaise où poser son cul et aucun titre d'aucune sorte ne
saurait circonvenir cette prérogative imprescriptible !) , l'affaire se régla entre gens du
monde à la façon des gens du monde :
- "Madame Tartempion … Monsieur Tartempion"
- "Enchantés ! … Astrid , Archiduchesse d'Autriche-Este"
- "Enchantés , Madame …"
- "Mon mari : Lorenz von Habsburg-Lothringen …"
- "Enchantés , Monsieur … j'ai bien connu une Habsbourg … elle tenait une brasserie à
Bazas (Lot et Garonne) … ah , ce n'est pas la même branche ? … une Savoie-Aoste ,
dites-vous ? … non , pas que je sache …"
- "et bla-bla-bla …"
Lorenz (on s'appela par nos prénoms … Lorenz , Astrid , pas de chichis) nous expliqua
qu'il était en retard car il avait crevé avec sa "véwé" et n'était pas un as en pose de rustines .
Lui , c'était plutôt la banque … Astrid , Dieu merci , lui avait monté le cric et on n'allait pas
faire une histoire avec ces deux chaises ! . Nous convînmes de les partager . Astrid poserait
son derrière sur mes genoux et Madame Tartempion le sien sur ceux de Lorenz , Prince de
Croatie , de Hongrie et de Bohême .
Le Sacre du Printemps fut pour les oreilles une merveille et Astrid se révéla prodigieuse-
ment pneumatique .
(à suivre)
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