Berthe a un grand pied : 42 , pour 1m68 . Quand je lui en fais la remarque ,
elle se barricade comme si trois mouches vermeilles et merveilleuses bourdonnaient
contre nos chapeaux de paille . Pour la consoler , je la couche sur le dos et , sans
façon , elle me donne l'ordre de lui montrer ma force .
En 68 , Berthe et moi prîmes notre pied à moins d'un mètre des barricades :
42 fois de merveilleuse façon et trois dans le dos des forces de l'ordre qui se consolaient
en bourdonnant contre nos chapeaux de paille .
Je donnai à Berthe l'ordre de se coucher dans la paille contre une barricade . Elle le
fit sans façon et sans faire de remarque . Quand je lui eus montré mon pied et mon
mètre soixante huit , elle bourdonna dans mon dos comme pour me consoler de la
taille de mon chapeau : du 42 !
mardi 29 novembre 2016
L'ABBÉ TONIÈRES 17 . VITESSE , FLASH ET SACRÉ
- Le colonel de gendarmerie (entre Lyon et Genève) : "Nom , prénom , profession"
- L'abbé : "Tonières . Jean-Marie . Abbé"
- Le colonel : "L'abbé Tonières ? … ça me dit quelque chose … n'avez-vous pas
défrayé la chronique il y a une vingtaine d'années ? … le casse de la cathédrale
d'Amiens , c'était vous ?"
- L'abbé : "En effet … c'était moi … j'étais jeune et fougueux …"
- Le colonel : "Qu'est-ce qui vous amène chez moi aujourd'hui ?"
- L'abbé : "Oh , une stupide affaire de transports routiers … banale mais doulou-
reuse … on me persécute , mon fils" . Il révulse les yeux et fait au ciel l'oblation de
sa personne : "Seigneur , ils ne savent pas ce qu'ils font"
- Le colonel : "Qui vous persécute , mon père , et qui sont ceux qui ne savent pas
ce qu'ils font ?"
- L'abbé . Il fusille le colonel du regard : "Tes légionnaires , mon fils"
- Le colonel : "Mes ? ..."
- L'abbé : "Tes légionnaires sont postés sur ma route lumineuse et rapide … je vais
d'eucharistie en eucharistie changer le pain en Son Corps et le vin en Son Sang ;
je vais de prône en prône prêcher la Bonne Parole et j'emploie pour la Gloire de Dieu
les moyens de notre époque"
- Le colonel : "Quels moyens ?"
- L'abbé : "Ferrari … F430 Spider … vitesse de pointe : 315 km/h … l'âne sur lequel
parut Jésus aux habitants de Jérusalem … c'était le Jour des Rameaux … était la pré-
figuration des engins que produit la firme de Modène … 33 ans après J-C , l'âne était
le véhicule le plus véloce …"
- Le colonel . Il prend connaissance du procès-verbal : "232 km/h , mon père ! …
c'est extravagant !"
- L'abbé : "Tu l'as dit , mon fils … "extravagant" ! … qui sort des limites du raison-
nable … La Parole Divine n'est pas raisonnable ! …"
- L'abbé : "Tonières . Jean-Marie . Abbé"
- Le colonel : "L'abbé Tonières ? … ça me dit quelque chose … n'avez-vous pas
défrayé la chronique il y a une vingtaine d'années ? … le casse de la cathédrale
d'Amiens , c'était vous ?"
- L'abbé : "En effet … c'était moi … j'étais jeune et fougueux …"
- Le colonel : "Qu'est-ce qui vous amène chez moi aujourd'hui ?"
- L'abbé : "Oh , une stupide affaire de transports routiers … banale mais doulou-
reuse … on me persécute , mon fils" . Il révulse les yeux et fait au ciel l'oblation de
sa personne : "Seigneur , ils ne savent pas ce qu'ils font"
- Le colonel : "Qui vous persécute , mon père , et qui sont ceux qui ne savent pas
ce qu'ils font ?"
- L'abbé . Il fusille le colonel du regard : "Tes légionnaires , mon fils"
- Le colonel : "Mes ? ..."
- L'abbé : "Tes légionnaires sont postés sur ma route lumineuse et rapide … je vais
d'eucharistie en eucharistie changer le pain en Son Corps et le vin en Son Sang ;
je vais de prône en prône prêcher la Bonne Parole et j'emploie pour la Gloire de Dieu
les moyens de notre époque"
- Le colonel : "Quels moyens ?"
- L'abbé : "Ferrari … F430 Spider … vitesse de pointe : 315 km/h … l'âne sur lequel
parut Jésus aux habitants de Jérusalem … c'était le Jour des Rameaux … était la pré-
figuration des engins que produit la firme de Modène … 33 ans après J-C , l'âne était
le véhicule le plus véloce …"
- Le colonel . Il prend connaissance du procès-verbal : "232 km/h , mon père ! …
c'est extravagant !"
- L'abbé : "Tu l'as dit , mon fils … "extravagant" ! … qui sort des limites du raison-
nable … La Parole Divine n'est pas raisonnable ! …"
dimanche 27 novembre 2016
KRANT 74 . LES HEURES
Nous naviguions sur une mer vide . Le moteur Stirling était calé et il n'y avait rien
d'autre à faire que suivre le va et vient des pistons et prendre un air de préoccupation
factice : la machine obéissait aux lois de la mécanique avec autant de détermination
que les étoiles à l'ordre du monde ; aussi , je la laissai à l'apathie de mon second et je
montai sur le pont . Pleine lune . Toms , le quartier-maître , était accoudé à la passerelle
d'avant et considérait d'un oeil vacant ce désert marin .
- Lui : "Tu as vu notre sillage , Chef ?"
- Moi . Je me tournai vers l'arrière et , à travers la longue coursive , je devinai le bouil-
lonnement des hélices à son reflet lunaire et n'y trouvai rien à redire : "Quoi donc , Toms ?"
- Lui : "Nous formons un sillage … il se ferme derrière nous … puis plus rien … la mer
reprend la forme qu'elle avait avant …"
- Moi . Je connaissais les états d'âme de Toms : "Dans quartante heures , nous serons à
Mar del Plata", et je regardai devant nous les deux plans couleur d'opale qui joignaient
leurs bords en un uniforme horizon .
- Lui : "Quarante heures ! … sacrebleu , quarante heures ! … une éternité à tuer …"
- Moi : "Va dormir , Toms" … et je l'envoyai à sa bannette .
Une porte s'ouvrit sur la passerelle supérieure .
- Krant : "Notre ami broie du noir ?"
- Moi : "Vous connaissez Toms , Capitaine !"
Krant tenait à bout de bras un appareil circulaire dont l'acier brillait au clair de lune .
- Moi : "A quoi cela sert-il , Capitaine ?"
- Krant : "A calculer l'heure , Chef … c'est un cercle à réflexion …"
d'autre à faire que suivre le va et vient des pistons et prendre un air de préoccupation
factice : la machine obéissait aux lois de la mécanique avec autant de détermination
que les étoiles à l'ordre du monde ; aussi , je la laissai à l'apathie de mon second et je
montai sur le pont . Pleine lune . Toms , le quartier-maître , était accoudé à la passerelle
d'avant et considérait d'un oeil vacant ce désert marin .
- Lui : "Tu as vu notre sillage , Chef ?"
- Moi . Je me tournai vers l'arrière et , à travers la longue coursive , je devinai le bouil-
lonnement des hélices à son reflet lunaire et n'y trouvai rien à redire : "Quoi donc , Toms ?"
- Lui : "Nous formons un sillage … il se ferme derrière nous … puis plus rien … la mer
reprend la forme qu'elle avait avant …"
- Moi . Je connaissais les états d'âme de Toms : "Dans quartante heures , nous serons à
Mar del Plata", et je regardai devant nous les deux plans couleur d'opale qui joignaient
leurs bords en un uniforme horizon .
- Lui : "Quarante heures ! … sacrebleu , quarante heures ! … une éternité à tuer …"
- Moi : "Va dormir , Toms" … et je l'envoyai à sa bannette .
Une porte s'ouvrit sur la passerelle supérieure .
- Krant : "Notre ami broie du noir ?"
- Moi : "Vous connaissez Toms , Capitaine !"
Krant tenait à bout de bras un appareil circulaire dont l'acier brillait au clair de lune .
- Moi : "A quoi cela sert-il , Capitaine ?"
- Krant : "A calculer l'heure , Chef … c'est un cercle à réflexion …"
COTE 137 . 68 . PRÉLAVAGE
Aujourd'hui , il est question de nettoyer un boyau ennemi écrasé hier par notre
artillerie . Le capitaine passe en revue le peloton chargé de l'opération . Martial et
moi nous sommes portés volontaires .
- Le capitaine à Martial qui commandera notre groupe : "Grenades ?"
Chacun brandit un chapelet de trois grenades .
- Martial : "Pour le gros du nettoyage , mon capitaine "
- Le capitaine : "Lance-flammes ?"
- Martial désigne Bertin : "Là , mon capitaine … sur le dos de Bertin … au cas où
les messieurs d'en face n'auraient débarrassé le couvert"
- Le capitaine : "Baïonnettes ?"
Nous agitons nos baïonnettes sous le nez du capitaine .
- Martial : "Très pratiques pour aller dans les coins , mon capitaine … pour la finition"
- Le capitaine : "C'est quoi ce balai , Martial ?"
Il y a sur l'épaule de Martial un balai dont les crins sont dressés vers le ciel .
- Martial : "Pardi mon capitaine , pour balayer !"
- Le capitaine : "Et ce truc roulé en boule dans votre sacoche , Martial ?"
- Martial déplie un charmant tablier rose bordé de dentelles :
"J'ai horreur de me salir , mon capitaine"
Pour l'heure , nos bandes molletières sont fichées dans la boue . Il pleut ...
artillerie . Le capitaine passe en revue le peloton chargé de l'opération . Martial et
moi nous sommes portés volontaires .
- Le capitaine à Martial qui commandera notre groupe : "Grenades ?"
Chacun brandit un chapelet de trois grenades .
- Martial : "Pour le gros du nettoyage , mon capitaine "
- Le capitaine : "Lance-flammes ?"
- Martial désigne Bertin : "Là , mon capitaine … sur le dos de Bertin … au cas où
les messieurs d'en face n'auraient débarrassé le couvert"
- Le capitaine : "Baïonnettes ?"
Nous agitons nos baïonnettes sous le nez du capitaine .
- Martial : "Très pratiques pour aller dans les coins , mon capitaine … pour la finition"
- Le capitaine : "C'est quoi ce balai , Martial ?"
Il y a sur l'épaule de Martial un balai dont les crins sont dressés vers le ciel .
- Martial : "Pardi mon capitaine , pour balayer !"
- Le capitaine : "Et ce truc roulé en boule dans votre sacoche , Martial ?"
- Martial déplie un charmant tablier rose bordé de dentelles :
"J'ai horreur de me salir , mon capitaine"
Pour l'heure , nos bandes molletières sont fichées dans la boue . Il pleut ...
vendredi 25 novembre 2016
LE ROI DES BELGES (suite) . DES CONTRATS À LA PELLE
Tueur à gages . Avais-je choisi un tunnel de protons qui me convenait ?
Le tueur à gages est un ingrédient adventice de la politique ; mais étais-je
doué pour la politique ? . Mon expérience de Roi des Belges ne m'avait
rien appris si ce n'est que les apparences sont trompeuses et pourtant , j'étais
tombé dans le panneau : Nicolas S. fut abattu mais pas par moi . Un spadassin
sorti de nulle part l'avait bel et bien occis et vidé de son sang et c'est comme
un concombre gorgé à 95% d'eau , aussi pâle qu'un haricot blanc , qu'à 22h30 ,
le dimanche 23 , l'ectoplasme de Nicolas S. annonça à la télé qu'il quittait le
pays . Qu'en était-il de mes gages ? . Alain J. règlerait-il les frais que j'avais
engagés ? . Mes gages ? Quels gages ? Avais-je un contrat ? Une signature ?
Un ordre de mission ? Un bon de commande ? . Vos frais ? Quels frais ?
Alain J. dans un bar ? Vous voulez rire !? … circulez , Monsieur !
Je circulai . Retour dans ma cambuse où , au pied du lit , j'enroulai mon coeur .
M'étais-je fourvoyé ? . Je devais réagir . Comme dit Confucius (ou peut-être
est-ce un proverbe algérien ?) : "Le doute gâte la foi comme le sel gâte le miel"
On frappe . J'ouvre : Alain J. !
- "Vous êtes l'homme qu'il me faut !"
- Moi ; "Quoi !? … mes gages , mes frais ?"
- Lui : "Vos gages ? … je les double . Vos frais? … j'ai ce qu'il faut dans cette
valise … abattez-le !"
- Moi : "Qui ?"
- Lui : "FF"
- Moi : "Quand ?"
- Lui : "Le 27"
Le tueur à gages est un ingrédient adventice de la politique ; mais étais-je
doué pour la politique ? . Mon expérience de Roi des Belges ne m'avait
rien appris si ce n'est que les apparences sont trompeuses et pourtant , j'étais
tombé dans le panneau : Nicolas S. fut abattu mais pas par moi . Un spadassin
sorti de nulle part l'avait bel et bien occis et vidé de son sang et c'est comme
un concombre gorgé à 95% d'eau , aussi pâle qu'un haricot blanc , qu'à 22h30 ,
le dimanche 23 , l'ectoplasme de Nicolas S. annonça à la télé qu'il quittait le
pays . Qu'en était-il de mes gages ? . Alain J. règlerait-il les frais que j'avais
engagés ? . Mes gages ? Quels gages ? Avais-je un contrat ? Une signature ?
Un ordre de mission ? Un bon de commande ? . Vos frais ? Quels frais ?
Alain J. dans un bar ? Vous voulez rire !? … circulez , Monsieur !
Je circulai . Retour dans ma cambuse où , au pied du lit , j'enroulai mon coeur .
M'étais-je fourvoyé ? . Je devais réagir . Comme dit Confucius (ou peut-être
est-ce un proverbe algérien ?) : "Le doute gâte la foi comme le sel gâte le miel"
On frappe . J'ouvre : Alain J. !
- "Vous êtes l'homme qu'il me faut !"
- Moi ; "Quoi !? … mes gages , mes frais ?"
- Lui : "Vos gages ? … je les double . Vos frais? … j'ai ce qu'il faut dans cette
valise … abattez-le !"
- Moi : "Qui ?"
- Lui : "FF"
- Moi : "Quand ?"
- Lui : "Le 27"
mercredi 23 novembre 2016
LE ROI DES BELGES (suite) . ALAIN J.
Mon premier contrat fut d'abattre Nicolas S. . Je rencontrai mon commanditaire à
Bordeaux , dans l'arrière salle d'un bar à vin , le "Wine Bar" . Je ne peux évidemment
vous dévoiler son identité . Sachez qu'il se prénomme Alain , que ses initiales sont AJ
et qu'il a dans les 70 ans . Il vint à notre rendez-vous sur un vélo-patinette jaune et gris .
- "C'est un Pibal dessiné par Philippe Starck" me dit-il en le posant sur sa béquille .
"Qu'est-ce que vous prendrez ? . Pour moi" lança-t-il au garçon "comme d'habitude :
Lafite Rotschild au verre et tapas" . A moi : "Et vous ?"
- Moi : "Euh … Coca" . Je m'étais mis au Coca-Cola pour deux raisons profession-
nelles : mon nouveau job m'interdit le moindre tremblement de l'index sur la gachette
et oblige à une vision binoculaire parfaite et , deuzio , la caféine des noix de kola stimule
l'activité cérébrale .
Quand nous fûmes hors de portée d'oreille du garçon qui venait de nous servir ,
Alain J. leva son verre : "CAD (j'avais conservé mon pseudo de Roi des Belges) ,
trinquons !" et nous trinquâmes .
- AJ : "A ce que vous savez !"
- Moi : "Euh … oui … bien … mais vous pouvez préciser ?"
- AJ . Il releva ses Ray Ban Aviator Classic sur son large front de normalien et me re-
garda dans les yeux : "Il y a à droite des primaires"
- Moi . Je jetai un oeil à droite , prêt à dégainer . Deux élèves de l'école primaire Jacques
Prévert sirotaient leur Sex on the Beach : "Oui … je vous l'accorde … c'est navrant !"
- AL : "Bah ! … c'est la mode … tout le monde fait ça … à droite … à gauche …"
- Moi . A gauche , deux fillettes de CM1 agitaient les glaçons de leur Kamikaze :
"C'est un scandale !"
- AJ , rabaissant sur ses yeux ses Ray Ban : "Bien au contraire … c'est une formidable
opportunité !"
- Moi : "……….?…………"
- AJ : "… à condition de savoir s'y prendre …"
- Moi : "Dois-je les abattre ? … ils sont un peu tendres , non ?"
- Lui : "Non , non … pas tous !" . Il eut l'air un peu effrayé et s'écarta de la table .
"Non … un seul … les autres c'est moins de 10% … des enfants !"
- Moi : "……….?…………"
- AJ , relevant à nouveau ses Ray Ban et à nouveau plongeant ses yeux d'énarque dans
les miens : "Vous , c'est plutôt à droite ou à gauche ? … c'est important … je dois savoir"
- Moi . Je ne voyais pas ce que ça pouvait lui faire que je flingue de la main droite ou de
la gauche , du moment que les balles d'un 357 Magnum s'enfoncent au centre : "Je suis
ambidextre" . C'est faux , mais ça faisait bien .
- AJ . Il s'esclaffa : "Ah , ah , elle est bonne ! … CAD , vous êtes un marrant … c'est
pas si fréquent dans votre gagne-pain" . Puis , après un instant de réflexion : "Bon …
vous êtes l'homme qu'il me faut"
Bordeaux , dans l'arrière salle d'un bar à vin , le "Wine Bar" . Je ne peux évidemment
vous dévoiler son identité . Sachez qu'il se prénomme Alain , que ses initiales sont AJ
et qu'il a dans les 70 ans . Il vint à notre rendez-vous sur un vélo-patinette jaune et gris .
- "C'est un Pibal dessiné par Philippe Starck" me dit-il en le posant sur sa béquille .
"Qu'est-ce que vous prendrez ? . Pour moi" lança-t-il au garçon "comme d'habitude :
Lafite Rotschild au verre et tapas" . A moi : "Et vous ?"
- Moi : "Euh … Coca" . Je m'étais mis au Coca-Cola pour deux raisons profession-
nelles : mon nouveau job m'interdit le moindre tremblement de l'index sur la gachette
et oblige à une vision binoculaire parfaite et , deuzio , la caféine des noix de kola stimule
l'activité cérébrale .
Quand nous fûmes hors de portée d'oreille du garçon qui venait de nous servir ,
Alain J. leva son verre : "CAD (j'avais conservé mon pseudo de Roi des Belges) ,
trinquons !" et nous trinquâmes .
- AJ : "A ce que vous savez !"
- Moi : "Euh … oui … bien … mais vous pouvez préciser ?"
- AJ . Il releva ses Ray Ban Aviator Classic sur son large front de normalien et me re-
garda dans les yeux : "Il y a à droite des primaires"
- Moi . Je jetai un oeil à droite , prêt à dégainer . Deux élèves de l'école primaire Jacques
Prévert sirotaient leur Sex on the Beach : "Oui … je vous l'accorde … c'est navrant !"
- AL : "Bah ! … c'est la mode … tout le monde fait ça … à droite … à gauche …"
- Moi . A gauche , deux fillettes de CM1 agitaient les glaçons de leur Kamikaze :
"C'est un scandale !"
- AJ , rabaissant sur ses yeux ses Ray Ban : "Bien au contraire … c'est une formidable
opportunité !"
- Moi : "……….?…………"
- AJ : "… à condition de savoir s'y prendre …"
- Moi : "Dois-je les abattre ? … ils sont un peu tendres , non ?"
- Lui : "Non , non … pas tous !" . Il eut l'air un peu effrayé et s'écarta de la table .
"Non … un seul … les autres c'est moins de 10% … des enfants !"
- Moi : "……….?…………"
- AJ , relevant à nouveau ses Ray Ban et à nouveau plongeant ses yeux d'énarque dans
les miens : "Vous , c'est plutôt à droite ou à gauche ? … c'est important … je dois savoir"
- Moi . Je ne voyais pas ce que ça pouvait lui faire que je flingue de la main droite ou de
la gauche , du moment que les balles d'un 357 Magnum s'enfoncent au centre : "Je suis
ambidextre" . C'est faux , mais ça faisait bien .
- AJ . Il s'esclaffa : "Ah , ah , elle est bonne ! … CAD , vous êtes un marrant … c'est
pas si fréquent dans votre gagne-pain" . Puis , après un instant de réflexion : "Bon …
vous êtes l'homme qu'il me faut"
mardi 22 novembre 2016
LE ROI DES BELGES (suite) . CONFUCIUS
Rentrer dans le rang . Réintégrer le tunnel de protons que le destin m'a assigné :
un corridor exclusif dont les parois rétrécissent comme les artères coronaires d'un
hypertendu . Or , je suis - dans le volume que le hasard ou une autorité supérieure
m'a imparti - un retraité plein de vie , curieux de prédestinations insolites . Celle de
Roi des Belges , bien que consommée par mon suicide , m'a exalté et je suis volon-
taire pour en vivre d'autres . Je cochai dans l'ordre de préférence les étoiles que j'au-
rais pu suivre si on n'avait pas qu'une vie : tueur à gages , instituteur de maternelle ,
joueur de castagnettes , transsexuel MtF … etc et , en dernière position : piqueur
dans une mine de charbon car , si j'ai le goût des activités manuelles , j'aime les
pratiquer à l'air libre . Mais , provisoirement , entre deux voyages où la fiction
dépasserait la réalité , je suis assis dans mon bureau et je vérifie sur un extrait de
compte que la Caisse m'a bien versé ma pension . Je me souviens que , le temps d'un
règne bref , je fus Roi des Belges et que , si je laisse libre cours à mon inspiration ,
je pourrais accepter ce contrat : abattre Nicolas S. . Car , dit Confucius : "On a deux
vies , et la deuxième commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une"
un corridor exclusif dont les parois rétrécissent comme les artères coronaires d'un
hypertendu . Or , je suis - dans le volume que le hasard ou une autorité supérieure
m'a imparti - un retraité plein de vie , curieux de prédestinations insolites . Celle de
Roi des Belges , bien que consommée par mon suicide , m'a exalté et je suis volon-
taire pour en vivre d'autres . Je cochai dans l'ordre de préférence les étoiles que j'au-
rais pu suivre si on n'avait pas qu'une vie : tueur à gages , instituteur de maternelle ,
joueur de castagnettes , transsexuel MtF … etc et , en dernière position : piqueur
dans une mine de charbon car , si j'ai le goût des activités manuelles , j'aime les
pratiquer à l'air libre . Mais , provisoirement , entre deux voyages où la fiction
dépasserait la réalité , je suis assis dans mon bureau et je vérifie sur un extrait de
compte que la Caisse m'a bien versé ma pension . Je me souviens que , le temps d'un
règne bref , je fus Roi des Belges et que , si je laisse libre cours à mon inspiration ,
je pourrais accepter ce contrat : abattre Nicolas S. . Car , dit Confucius : "On a deux
vies , et la deuxième commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une"
Inscription à :
Articles (Atom)