jeudi 26 avril 2018

TROIS MOUCHES 122 . C'EST MOI QUI SOULIGNE

    Je m'asseyais auprès de Berthe . Trois mouches vermeilles et merveilleuses
bourdonnaient contre nos chapeaux de paille . Elle posait sa tête sur mon épaule
ou bien je posais la mienne sur ses genoux . Personne ne s'étonnait de nous voir
ainsi , bavardant durant des heures et incapables de nous séparer . Il était grand
temps que je rentre pour étudier mon latin et ma trigonométrie , et qu'elle aille se
coucher .

    Personne ne s'étonnait que Berthe étudiât le latin . La trigonométrie nous séparait
parce qu'elle bourdonnait dans sa tête et quand il était grand temps qu'elle aille se
coucher , elle rentrait les épaules et s'asseyait sur mes genoux en bavardant durant
des heures pour que les mouches se posent sur nos chapeaux de paille .

    J'étudiais la trigonométrie et Berthe le latin . Nous étions assis et nos chapeaux
de paille nous séparaient . Personne ne nous voyait . Les mouches bourdonnaient
durant des heures contre son épaule , sa tête et ses genoux , incapables de se poser .
"Qu'elles aillent se coucher" dis-je , "il est grand temps !" .

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