_ Martial , cérémonieux :
"Fayots , sauce casque à pointe ! "
et il claque dans nos trois gamelles la ration du jour .
_ Puis , levant sa gourde :
" Cote 137 … mis en bouteille au Château ! "
et il verse dans nos trois quarts un centimètre de
piquette .
Il pleut . L'eau dégouline sur nos capotes . Derrière
nous , il y a le cratère et , derrière le cratère la tranchée
serpente , incertaine dans la terre noire , à demi-éboulée
ici , disparaissant là sous un embrouillage de barbelés ,
reparaissant plus loin entre les chevaux de frise jusqu'aux
sacs de sable qui protègent l'abri du capitaine . Ce matin ,
un obus de 460 a frappé notre boyau et creusé un cratère
où s'est volatilisé le quart de la compagnie . Nous estimons
son diamètre à environ sept mètres . Il s'est immédiatement
rempli d'une eau huileuse et rouge sombre ; trois rats
flottent à sa surface , ventre en l'air . Quand la canonnade
a cessé , le capitaine a fait l'appel en hurlant nos noms
depuis la casemate . " Guillou ? … présent ! … Landais ? …
présent ! … Leveque ? …….. Leveque ? ….. . Quatorze
fois , le nom d'un camarade est resté suspendu aux nuages
indifférents du champ de bataille . Quatorze hommes de la
compagnie mijotent au fond du cratère . Nous n'avons
jamais encaissé coup aussi dur .
Nous mangeons en silence . L'artillerie lourde travaille au
loin , très loin , vers le village de Montrepont . Une bulle
énorme vient à crever au milieu du cratère , comme un
dernier rot .
_ Martial lève son quart :
"A votre santé , les gars ! "… et il jette sa piquette dans le
trou .
Nous rions de bon coeur … c'est un rire léger .
lundi 31 mars 2014
TROIS MOUCHES 1 . PARIS-ROUBAIX
Trois mouches vermeilles et merveilleuses
bourdonnent contre nos chapeaux de paille .
"Van Looy s'est échappé ! " crient des spectateurs ,
l'oreille collée aux transistors . La bretelle de son
corsage a glissé sur l'épaule de Berthe . " Van Looy ,
c'est un espagnol ? " me demande-t-elle . Dans ses
yeux tournoie une corrida .
Van Looy s'est échappé . Des flamands et des tran-
sistors tournoient . " Van Looy , c'est un espagnol ? "
murmure Berthe , l'oreille posée sur mon épaule .
Son chapeau de paille a glissé sur la bretelle de son
corsage . " C'est merveilleux " conclut-elle .
Berthe tourne vers moi sa bouche vermeille :
"Van Looy , c'est un espagnol ? " . La bretelle de
son corsage s'échappe . Trois mouches tournoient
contre les transistors comme les picadors d'une
corrida . J'embrasse le chapeau de paille de Berthe
et lui glisse à l'oreille : " c'est un flamand " .
FORME
Blanches parnassies
Couchées sur le vent
Où frissonne la question :
Pourquoi tirer par les tiges
Ce qu'elles peuvent de la terre
Et porter leurs pétales
Vers l'implacable forme ?
Couchées sur le vent
Où frissonne la question :
Pourquoi tirer par les tiges
Ce qu'elles peuvent de la terre
Et porter leurs pétales
Vers l'implacable forme ?
KRANT 1 . LES CARTES page 2 suite
Nous ne savons rien de cette côte , dit Krant .
On parle de falaises calcaires , ou de granite
plaqué de sel ou de fiente , ou peut-être sont-
elles prises par les glaces … personne ne sait .
Aussi vite qu'il était venu , le soleil disparut
derrière la couche nuageuse . Krant ne connaissait
du monde que la mer et Koenigsberg mais les quais
où il avait vécu enfant c'était déjà la mer et les ports
de la Hanse où nous accostions , c'était des bouts de
mer enfoncés dans la terre . A l'escale , il restait à
bord pour calculer nos routes futures pendant que
j'avitaillais et que , dans les entrepôts , le quartier-
maître négociait le sel ou le bois de charpente selon
les directives de l'armateur . Il ne quittait pas ses
cartes marines mais nous , la nuit , avec les matelots ,
nous abrutissions de filles et d'alcools pour oublier
le bruit des vagues .
Krant nous fit face . Il enjoignit au quartier-maître
de remonter sur la passerelle pour aboyer ses ordres ,
au timonier de gagner sa timonerie , à moi de descendre
aux machines et de jeter dans la chaudière les cartes de
la côte ; lui s'occupait du reste . Que chacun fasse ce
qu'il savait faire et que nous cessions de rêver aux
falaises .
On parle de falaises calcaires , ou de granite
plaqué de sel ou de fiente , ou peut-être sont-
elles prises par les glaces … personne ne sait .
Aussi vite qu'il était venu , le soleil disparut
derrière la couche nuageuse . Krant ne connaissait
du monde que la mer et Koenigsberg mais les quais
où il avait vécu enfant c'était déjà la mer et les ports
de la Hanse où nous accostions , c'était des bouts de
mer enfoncés dans la terre . A l'escale , il restait à
bord pour calculer nos routes futures pendant que
j'avitaillais et que , dans les entrepôts , le quartier-
maître négociait le sel ou le bois de charpente selon
les directives de l'armateur . Il ne quittait pas ses
cartes marines mais nous , la nuit , avec les matelots ,
nous abrutissions de filles et d'alcools pour oublier
le bruit des vagues .
Krant nous fit face . Il enjoignit au quartier-maître
de remonter sur la passerelle pour aboyer ses ordres ,
au timonier de gagner sa timonerie , à moi de descendre
aux machines et de jeter dans la chaudière les cartes de
la côte ; lui s'occupait du reste . Que chacun fasse ce
qu'il savait faire et que nous cessions de rêver aux
falaises .
KRANT 1 . LES CARTES page 1
Nous cabotions à vingt miles d'Öland .
Le capitaine Krant , natif de l'ancienne et rigoureuse
Koenigsberg , nous convoqua dans le carré des
au mieux de spéculations et syllogismes approximatifs ,
au pire de fables , superstitions ou racontars ; qu'en
somme , ces cartes avaient rang d'idées ou de sornettes .
Le quartier-maître rétorqua que nos ancêtres nous les
avaient transmises avec mission tacite de les léguer
intactes à nos enfants …
Krant , jambes écartées car une forte houle roulait
depuis deux jours le steamer d'un bord sur l'autre , pointa
de l'index le hublot qui donnait sur l'immensité grise :
là est notre science , dit-il … Les ouragans, les calmes …
les dépressions … les anticyclones . Puis il se tourna
vers l'autre hublot , mains croisées derrière le dos et ,
montrant du menton la côte lointaine : de là-bas , nous
ne savons rien .
Nous devions convenir que ceux qui avaient tenté
l'aventure - aborder - s'étaient fracassés sur la monumentale
falaise et , quand on avait repêché leurs corps gonflés d'eau ,
ce qu'on avait lu sur leur visage , c'était l'effarement .
Soudain le soleil éclaira la mer . Nous étions derrière le
capitaine et la côte apparut comme un tranchant entre le ciel
et l'écume . Elle montait et descendait au gré des mouvements
du bateau .
( à suivre )
Le capitaine Krant , natif de l'ancienne et rigoureuse
Koenigsberg , nous convoqua dans le carré des
officiers , le quartier-maître , le timonier et moi
et nous invita à détruire nos cartes côtières , non
que ce qui y était porté fut à coup sûr erroné mais parce
que le dessin des écueils et des hauts fonds résultaitau mieux de spéculations et syllogismes approximatifs ,
au pire de fables , superstitions ou racontars ; qu'en
somme , ces cartes avaient rang d'idées ou de sornettes .
Le quartier-maître rétorqua que nos ancêtres nous les
avaient transmises avec mission tacite de les léguer
intactes à nos enfants …
Krant , jambes écartées car une forte houle roulait
depuis deux jours le steamer d'un bord sur l'autre , pointa
de l'index le hublot qui donnait sur l'immensité grise :
là est notre science , dit-il … Les ouragans, les calmes …
les dépressions … les anticyclones . Puis il se tourna
vers l'autre hublot , mains croisées derrière le dos et ,
montrant du menton la côte lointaine : de là-bas , nous
ne savons rien .
Nous devions convenir que ceux qui avaient tenté
l'aventure - aborder - s'étaient fracassés sur la monumentale
falaise et , quand on avait repêché leurs corps gonflés d'eau ,
ce qu'on avait lu sur leur visage , c'était l'effarement .
Soudain le soleil éclaira la mer . Nous étions derrière le
capitaine et la côte apparut comme un tranchant entre le ciel
et l'écume . Elle montait et descendait au gré des mouvements
du bateau .
( à suivre )
dimanche 30 mars 2014
AU - DELÀ
A propos de l'au-delà , j'ai fait pas mal de supputations :
l'âme existe-t-elle et - si elle existe - survit-elle au corps ?
J'ai consacré trente ans de mes loisirs à étudier ces ques-
tions . En pure perte car ces domaines sont pour la raison
hors de portée .
Or , le 13 septembre 1992 à 21h45 , j'entendis la voix
d'une actrice anglaise , Ellen Terry ; elle avait avalé le
contenu d'un tube de laudanum en 1926 et n'avait pas
survécu à cet acte suicidaire . Je précise qu'avant le 13
septembre 1992 , je n'avais jamais entendu parler de cette
dame dont la carrière avait été des plus discrètes . J'appris
par la cinémathèque de la rue de Bercy qu'elle avait eu un
petit rôle dans le Docteur Mabuse en 1922 et qu'elle fut
la femme du commandant dans le Potomok de Pudovkin
quelques mois avant sa mort . C'est tout .
Voici exactement ce qu'elle me dit après qu'elle eut
décliné son identité : " Cher ami , vous allez recevoir
plusieurs communications remarquables " .
Je bricolai un système à base de bandes magnétiques pour
enregistrer cette voix d'outre-tombe dès qu'elle se manifes-
ferait mais je n'eus plus jamais d'appel .
Peut-être y eut-il le 13 septembre 1992 une interférence
accidentelle entre nos deux mondes . Peut-être qu'Ellen
Terry ne s'adressait pas à moi . Peut-être parlait-elle à l'un
de ces milliards d'individus qui sont sortis de l'en-deçà ...
l'âme existe-t-elle et - si elle existe - survit-elle au corps ?
J'ai consacré trente ans de mes loisirs à étudier ces ques-
tions . En pure perte car ces domaines sont pour la raison
hors de portée .
Or , le 13 septembre 1992 à 21h45 , j'entendis la voix
d'une actrice anglaise , Ellen Terry ; elle avait avalé le
contenu d'un tube de laudanum en 1926 et n'avait pas
survécu à cet acte suicidaire . Je précise qu'avant le 13
septembre 1992 , je n'avais jamais entendu parler de cette
dame dont la carrière avait été des plus discrètes . J'appris
par la cinémathèque de la rue de Bercy qu'elle avait eu un
petit rôle dans le Docteur Mabuse en 1922 et qu'elle fut
la femme du commandant dans le Potomok de Pudovkin
quelques mois avant sa mort . C'est tout .
Voici exactement ce qu'elle me dit après qu'elle eut
décliné son identité : " Cher ami , vous allez recevoir
plusieurs communications remarquables " .
Je bricolai un système à base de bandes magnétiques pour
enregistrer cette voix d'outre-tombe dès qu'elle se manifes-
ferait mais je n'eus plus jamais d'appel .
Peut-être y eut-il le 13 septembre 1992 une interférence
accidentelle entre nos deux mondes . Peut-être qu'Ellen
Terry ne s'adressait pas à moi . Peut-être parlait-elle à l'un
de ces milliards d'individus qui sont sortis de l'en-deçà ...
samedi 29 mars 2014
TELL MARISSA
Quand la ville dort , elle ne dort pas .
Nos rêves sont une sorte d'éveil . L'un voyage sur
une mer obscure , ou pose le pied sur une terre
inexplorée . L'une habite un palais aux sombres
colonnes , lui mène une caravane dans un désert
de pierres . La ville fait semblant de dormir ici mais
elle chante à tue-tête dans l'autre hémisphère . Sous
les couettes , celui-ci marche sur les eaux , ceux-ci
font la guerre à Bornéo dans une jungle , celles-là ,
gribouillant des partitions sans bords , composent
sans fin des symphonies . La ville est agitée de
sommeils , les draps s'entortillent et sous les basses
collines de Shéphala , Tell Marissa , jamais fouillée ,
s'enfonce .
Nos rêves sont une sorte d'éveil . L'un voyage sur
une mer obscure , ou pose le pied sur une terre
inexplorée . L'une habite un palais aux sombres
colonnes , lui mène une caravane dans un désert
de pierres . La ville fait semblant de dormir ici mais
elle chante à tue-tête dans l'autre hémisphère . Sous
les couettes , celui-ci marche sur les eaux , ceux-ci
font la guerre à Bornéo dans une jungle , celles-là ,
gribouillant des partitions sans bords , composent
sans fin des symphonies . La ville est agitée de
sommeils , les draps s'entortillent et sous les basses
collines de Shéphala , Tell Marissa , jamais fouillée ,
s'enfonce .
vendredi 28 mars 2014
WHITE POP
Le 31 mars 1984 , Madame Marguerite Fauvarque ,
demeurant à Fouquières les Lens ( 62740 ) , commune
du Pas de Calais située sur la RN 43 ( Rocade minière ) ,
bêchait son jardin .
En fait de jardin , il s'agit d'un potager . Ce lopin est
relevé au cadastre à la section AL n° 81-82 dite du marais
de l'angle , parcelle 113 .
Pas loin de la Fosse 7 .
D'un coup de binette dans la couche humifère qui repose
à cet endroit sur un limon argilo-calcaire , Madame
Fauvarque a exhumé un médaillon en or de forme ovale
( 43x38xep:3mm ) de bonne conservation . A l'avers ,
effigie de Jimmy Hendrix logée dans un grènetis de 72
grains ; au revers , signes abréviatifs " PP JPC " pour
" Pius Pontifex " ( Pieux Pontife ) John Paul Cibachrome .
John Paul Cibachrome dit " White Pop " fut un pape de
transition . Il régna à peine une demi-heure ( le 17 août
1969 de 17h à 17h30 ) mais rédigea dans ce laps de temps
l'encyclique " Chitarra Elettronica " qu'il scella par cette
chrysobulle ( bulle d'or ) car il était byzantin par sa mère .
Comment cette bulle atterrit sous le louchet de Madame
Fauvarque ? … Mystère .
demeurant à Fouquières les Lens ( 62740 ) , commune
du Pas de Calais située sur la RN 43 ( Rocade minière ) ,
bêchait son jardin .
En fait de jardin , il s'agit d'un potager . Ce lopin est
relevé au cadastre à la section AL n° 81-82 dite du marais
de l'angle , parcelle 113 .
Pas loin de la Fosse 7 .
D'un coup de binette dans la couche humifère qui repose
à cet endroit sur un limon argilo-calcaire , Madame
Fauvarque a exhumé un médaillon en or de forme ovale
( 43x38xep:3mm ) de bonne conservation . A l'avers ,
effigie de Jimmy Hendrix logée dans un grènetis de 72
grains ; au revers , signes abréviatifs " PP JPC " pour
" Pius Pontifex " ( Pieux Pontife ) John Paul Cibachrome .
John Paul Cibachrome dit " White Pop " fut un pape de
transition . Il régna à peine une demi-heure ( le 17 août
1969 de 17h à 17h30 ) mais rédigea dans ce laps de temps
l'encyclique " Chitarra Elettronica " qu'il scella par cette
chrysobulle ( bulle d'or ) car il était byzantin par sa mère .
Comment cette bulle atterrit sous le louchet de Madame
Fauvarque ? … Mystère .
ENURÉSIE
Par où commencer ? … Par ma mère … c'est normal
qu'on commence par la mère , non ? … remarquez ,
le mieux serait de commencer par la vie intra-utérine …
si , si … j'ai des souvenirs … je vous assure … des
souvenirs précis … auditifs … ma mère chantait des
berceuses … elle avait une très belle voix … soprano …
sa tessiture allait du do central au contre-ut … j'aimais
quand elle chantait la ninnaninna di fra Simon … ( ma
mère est d'origine italienne ) … çà commence comme
çà : din don din don , la campana di fra Simon …
e cosi via … ou la berceuse di Gesù bambino …
j'adorais … je suçais mon pouce , je buvais le liquide
amniotique et je rêvais … je flottais … a quoi je pouvais
bien rêver , je vous le demande ! … hein , Docteur ,
à quoi ? … je dois vous appeler " Docteur " ? … vous
êtes docteur ? … ou " Monsieur " ? … Docteur ? …
ok … ma mère écoutait du jazz aussi … Charlie Mingus ,
Art Blakey … John Coltrane … elle me disait : " ascolto
bambino , c'est John Coltrane … bye bye blackbird … "
ou settin'pace … et elle posait le saphir sur le sillon …
et çà crachotait avant la musique … ah , Docteur , quelles
soirées j'ai passé avec maman avant de naître … et puis
je suis né … il a bien fallu … en 1948 , à Budapest …
mon père ? … je sais pas qui c'est … on s'aimait maman
et moi … un père , je m'en foutais ………. Natalia…
comment elle est venue celle-là …je n'en sais rien …
un soir , en rentrant de son travail , maman a dit que
j'allais avoir une petite soeur ! … elle était sûre que c'était
une fille et elle s'appellerait Natalina … Natalina ! vous
vous rendez compte Docteur ! … une situation banale !? …
parce que d'apprendre qu'on va avoir une petite soeur ,
c'est une situation banale !? … mais , Docteur , c'est un
cataclysme !! … c'est une banalité énorme … une banalité
qui vous écrase l'âme , qui vous divise par deux … par
quatre et qui n'en finit pas de diviser les morceaux …
je suis devenu tout petit … pour ainsi dire invisible …
maman s'est remise à chanter ses berceuses : din don
din don , la campana … c'était trop !
J'ai quarante ans aujourd'hui et je pisse au lit .
qu'on commence par la mère , non ? … remarquez ,
le mieux serait de commencer par la vie intra-utérine …
si , si … j'ai des souvenirs … je vous assure … des
souvenirs précis … auditifs … ma mère chantait des
berceuses … elle avait une très belle voix … soprano …
sa tessiture allait du do central au contre-ut … j'aimais
quand elle chantait la ninnaninna di fra Simon … ( ma
mère est d'origine italienne ) … çà commence comme
çà : din don din don , la campana di fra Simon …
e cosi via … ou la berceuse di Gesù bambino …
j'adorais … je suçais mon pouce , je buvais le liquide
amniotique et je rêvais … je flottais … a quoi je pouvais
bien rêver , je vous le demande ! … hein , Docteur ,
à quoi ? … je dois vous appeler " Docteur " ? … vous
êtes docteur ? … ou " Monsieur " ? … Docteur ? …
ok … ma mère écoutait du jazz aussi … Charlie Mingus ,
Art Blakey … John Coltrane … elle me disait : " ascolto
bambino , c'est John Coltrane … bye bye blackbird … "
ou settin'pace … et elle posait le saphir sur le sillon …
et çà crachotait avant la musique … ah , Docteur , quelles
soirées j'ai passé avec maman avant de naître … et puis
je suis né … il a bien fallu … en 1948 , à Budapest …
mon père ? … je sais pas qui c'est … on s'aimait maman
et moi … un père , je m'en foutais ………. Natalia…
comment elle est venue celle-là …je n'en sais rien …
un soir , en rentrant de son travail , maman a dit que
j'allais avoir une petite soeur ! … elle était sûre que c'était
une fille et elle s'appellerait Natalina … Natalina ! vous
vous rendez compte Docteur ! … une situation banale !? …
parce que d'apprendre qu'on va avoir une petite soeur ,
c'est une situation banale !? … mais , Docteur , c'est un
cataclysme !! … c'est une banalité énorme … une banalité
qui vous écrase l'âme , qui vous divise par deux … par
quatre et qui n'en finit pas de diviser les morceaux …
je suis devenu tout petit … pour ainsi dire invisible …
maman s'est remise à chanter ses berceuses : din don
din don , la campana … c'était trop !
J'ai quarante ans aujourd'hui et je pisse au lit .
mercredi 26 mars 2014
DE QUOI EST FAITE BRIGITTE BARDOT
Il y a au coeur de la matière une machine
infernale . Elle est invisible à l'oeil nu et aux
microscopes à effet tunnel . Aussi , pour essayer
d'y comprendre quelque chose , on recourt à la
théorie . Elle ( la machine infernale ) aurait procédé
pour advenir à des assemblages d'unités appelées
quarks . Les physiciens n'ont jamais observé de
telles particules . Elles existent - si l'on ose dire -
à titre hypothétique et ces messieurs distinguent
six espèces , chacune caractérisée par une saveur .
Ces saveurs (rien à voir avec le goût ! ) sont notées
up , down , étrangeté , charme , beauté et top . Elles
spécifient la charge du quark . Une autre particularité
du quark est sa couleur . En liaison avec l'interaction
nucléaire forte , on lui attribue la couleur blonde ,
brune , rousse ou chatain . Les quarks , combinant
saveur et couleur , s'assemblent pour former des
protons et les protons des noyaux d'atomes , eux-
mêmes des molécules , des hanches , une chevelure
ondoyante , des seins , des reins affolants , des yeux
de biche … : Brigitte Bardot .
infernale . Elle est invisible à l'oeil nu et aux
microscopes à effet tunnel . Aussi , pour essayer
d'y comprendre quelque chose , on recourt à la
théorie . Elle ( la machine infernale ) aurait procédé
pour advenir à des assemblages d'unités appelées
quarks . Les physiciens n'ont jamais observé de
telles particules . Elles existent - si l'on ose dire -
à titre hypothétique et ces messieurs distinguent
six espèces , chacune caractérisée par une saveur .
Ces saveurs (rien à voir avec le goût ! ) sont notées
up , down , étrangeté , charme , beauté et top . Elles
spécifient la charge du quark . Une autre particularité
du quark est sa couleur . En liaison avec l'interaction
nucléaire forte , on lui attribue la couleur blonde ,
brune , rousse ou chatain . Les quarks , combinant
saveur et couleur , s'assemblent pour former des
protons et les protons des noyaux d'atomes , eux-
mêmes des molécules , des hanches , une chevelure
ondoyante , des seins , des reins affolants , des yeux
de biche … : Brigitte Bardot .
mardi 25 mars 2014
À PUCALLPA
Le pays de l'or où les montres de gousset ,
comme des lunes suspendues rappellent à
heure invariable les troupeaux , emporte sur
une longue trajectoire les hauts plateaux et
des ciels de traîne , indifférents .
A Pucallpa sur le fleuve Ucayili , on n'a pas
idée de l'écho des batailles , de l'impatience des
rois , du tumulte des métropoles . On mène à
paître le matin et on revient le soir à la bergerie .
Les choses vont ainsi en ce pays où les montres
d'or décorent les plastrons .
comme des lunes suspendues rappellent à
heure invariable les troupeaux , emporte sur
une longue trajectoire les hauts plateaux et
des ciels de traîne , indifférents .
A Pucallpa sur le fleuve Ucayili , on n'a pas
idée de l'écho des batailles , de l'impatience des
rois , du tumulte des métropoles . On mène à
paître le matin et on revient le soir à la bergerie .
Les choses vont ainsi en ce pays où les montres
d'or décorent les plastrons .
MAGNETITE
Moomba est une ville de l' Outback située
au coeur d'un continent dont il n'y aurait
rien d'autre à dire qu'en l'absence de gla-
citation depuis le permien elle pose ses
fondations sur un énorme gisement de
magnétite , si ses habitants ne marchaient
sur la tête . Quoique cette assertion soit
en apparence inexacte puisqu'ici on marche
sur les pieds comme partout ailleurs . Le
touriste ( on n'en a jamais vu dans l'Outback ! )
qui programmerait un après-midi de lèche-
vitrines dans les rues moombaïennes observera
à ses dépens que toute déambulation présuppose
l'usage de semelles à aimant permanent.
Car Moomba est à l'envers du monde ; on
n'y pèse d'aucun poids . L'attraction gravitationnelle
de la terre y est nulle ou si faible qu'elle retient
à peine les plantes en pot et l'herbe des pâtures.
Si Moomba maintient ses citoyens dans le cadre
de son atmosphère , c'est par la grâce de sa seule
magnétite .
au coeur d'un continent dont il n'y aurait
rien d'autre à dire qu'en l'absence de gla-
citation depuis le permien elle pose ses
fondations sur un énorme gisement de
magnétite , si ses habitants ne marchaient
sur la tête . Quoique cette assertion soit
en apparence inexacte puisqu'ici on marche
sur les pieds comme partout ailleurs . Le
touriste ( on n'en a jamais vu dans l'Outback ! )
qui programmerait un après-midi de lèche-
vitrines dans les rues moombaïennes observera
à ses dépens que toute déambulation présuppose
l'usage de semelles à aimant permanent.
Car Moomba est à l'envers du monde ; on
n'y pèse d'aucun poids . L'attraction gravitationnelle
de la terre y est nulle ou si faible qu'elle retient
à peine les plantes en pot et l'herbe des pâtures.
Si Moomba maintient ses citoyens dans le cadre
de son atmosphère , c'est par la grâce de sa seule
magnétite .
ET PUIS ZUT ...
Je ,
Poisson livide
( Invisible à moi-même )
Dans l'eau blanche d'un bout de terre
Poursuis
A coups de queue , seul ,
L'été
Et l'écho de mon ombre .
Car ici ,
Dans l'eau blanche de ce bout de terre ,
Qui d'autre
A part moi ,
Pâle et perdant mes écailles
Dira qui je suis ?
Qui je suis ,
Je le saurai
Puis ,
Bulles ,
Je l'oublierai
A coups de queue , seul ,
Sans écho , sans ombre ,
Dans l'eau blanche d'un bout de terre .
Poisson livide
( Invisible à moi-même )
Dans l'eau blanche d'un bout de terre
Poursuis
A coups de queue , seul ,
L'été
Et l'écho de mon ombre .
Car ici ,
Dans l'eau blanche de ce bout de terre ,
Qui d'autre
A part moi ,
Pâle et perdant mes écailles
Dira qui je suis ?
Qui je suis ,
Je le saurai
Puis ,
Bulles ,
Je l'oublierai
A coups de queue , seul ,
Sans écho , sans ombre ,
Dans l'eau blanche d'un bout de terre .
lundi 24 mars 2014
CHÈRE MADAME
Faut-il ouvrir les armoires ?
A quoi servent les armoires ?
Je réponds , Madame : à cacher ce qu'on n'a plus
envie de voir au jour mais qu'on n'a pas le coeur
de jeter , qu'on ne peut pas brûler parce que çà
serait comme se brûler soi-même et qu'on se fait
un devoir de conserver bien qu'elles ( ces choses )
inspirent l'écoeurement léger pour ce qui n'a plus
d'utilité , évoque des passions éteintes et des rêves
qui n'ont pas abouti .
Il y a dans une armoire fermée des choses oubliées ,
une puissance de mélancolie chaude comme , au
mois d'Août , suggèrent les malles cadenassées
dans des greniers étouffants car c'est toujours en
été qu'on visite les greniers , à moitié nu à cause de
la chaleur et ces lettres enfermées et les vieux livres
d'école doublent le dégoût d'un parfum d'érotisme
et de poussière .
Ce qui n'a plus cours pue …
Donc , chère Madame , restons vigilants avec les
armoires : gardons-les fermées .
A quoi servent les armoires ?
Je réponds , Madame : à cacher ce qu'on n'a plus
envie de voir au jour mais qu'on n'a pas le coeur
de jeter , qu'on ne peut pas brûler parce que çà
serait comme se brûler soi-même et qu'on se fait
un devoir de conserver bien qu'elles ( ces choses )
inspirent l'écoeurement léger pour ce qui n'a plus
d'utilité , évoque des passions éteintes et des rêves
qui n'ont pas abouti .
Il y a dans une armoire fermée des choses oubliées ,
une puissance de mélancolie chaude comme , au
mois d'Août , suggèrent les malles cadenassées
dans des greniers étouffants car c'est toujours en
été qu'on visite les greniers , à moitié nu à cause de
la chaleur et ces lettres enfermées et les vieux livres
d'école doublent le dégoût d'un parfum d'érotisme
et de poussière .
Ce qui n'a plus cours pue …
Donc , chère Madame , restons vigilants avec les
armoires : gardons-les fermées .
dimanche 23 mars 2014
ELEUSIS
Nous fûmes à Eleusis trois ans sur ordre de nos
stratèges car il était inscrit dans leur génome qu'un
matin , mille trirèmes fortement toilées portant chacune
cent soixante-dix rameurs surgiraient de la brume ,
tous bordages écumants , et qu'elles ficheraient leurs
rostres de bronze dans le sable de nos frontières .
La Civilisation avait un ventre mou , et c'était Eleusis…
Or , la bataille que nos maréchaux escomptaient n'eut
jamais lieu . Jamais je n'entendis le son du canon ,
jamais je ne vis l'ennemi .
Les premiers mois de notre cantonnement se résument
en un mot : l'attente . Nous étions aux confins du monde ,
immobiles et silencieux , scrutant l'invariable horizon .
Nous avions tant briqué nos culasses qu'elles renvoyaient
au soleil des barbares l'état exact de nos forces .
Comme une réaction chimique lente et comme si le
sable s'était vitrifié sous nos guêtres , l'attente se transforma
en ennui . Pour le tromper , l'état-major ménagea par
compagnie des permissions tournantes . Nous chassâmes
l'ours brun dans les forêts du nord et le chat sauvage .
Puis l'armée dans son entier amena le drapeau. Nous
troquâmes nos casquettes pour des chapeaux de paille ,
nous déboutonnâmes nos tuniques et retroussâmes nos
garances au-dessus du mollet . Nous liâmes avec les
femmes indigènes . Faunes et satyres furent sous l'ombrage
des grenadiers nos compagnons de beuveries .
Les barbares attaquèrent à l'autre bout du continent ,
dans l'open-field . Ils saccagèrent nos villes et brûlèrent
nos campagnes . Pour sauver l'armée , nos stratèges
capitulèrent sans conditions et nous payâmes un tribut
tout à fait exagéré .
Quant à moi , je restai à Eleusis où il fait si bon vivre.
samedi 22 mars 2014
COUPLE D'ESPAGNOLS DANS UN PATIO
J'aime l'Espagne ,
une Espagne à moi , unique ,
rêvée ,
mais telle qu'elle pourrait être
si elle n'était pas obstinée
à être l'Espagne .
J'aime cette sorte d'Espagne
où le ciel a la couleur de la peau ,
où le sol , quand on l'ouvre ,
est rouge du sang
- pas le sang des toréadors -
mais celui des robes des filles de Cordoue
et des sombres campagnes .
J'aime l'Espagne
et sa cruelle douceur ,
j'aime l'Espagne qui n'existe pas .
une Espagne à moi , unique ,
rêvée ,
mais telle qu'elle pourrait être
si elle n'était pas obstinée
à être l'Espagne .
J'aime cette sorte d'Espagne
où le ciel a la couleur de la peau ,
où le sol , quand on l'ouvre ,
est rouge du sang
- pas le sang des toréadors -
mais celui des robes des filles de Cordoue
et des sombres campagnes .
J'aime l'Espagne
et sa cruelle douceur ,
j'aime l'Espagne qui n'existe pas .
jeudi 20 mars 2014
BANDE D'ARRÊT D'URGENCE
Le chat moderne a-t-il le souvenir des chats vénérés de
Bubatis ?
Quand , dans le faisceau de ses phares , il voit trop tard
cet avatar de Rê , le conducteur , lancé à toute allure sur
l'autoroute et pressé de mettre un point final à une journée
harassante et jeter son corps dans les bras de Dunlopillo ,
se souvient-il qu'à l'est du delta du Nil , à l'orée de la
XVIIè Dynastie , Sheshonq Ier , prince lybien mechouech ,
ordonnait à ses prêtres d'embaumer ses chats ?
L'un et l'autre , le chat jailli de ces fossés qui bordent nos
voies rapides comme les vestiges de la sauvagerie , modeste
et cependant tapi et attendant son heure quand se fermera
la parenthèse de l'humanité , et le conducteur bardé
d'electronique , protégé des excès de la Nature par
l'Electronic Stability Program (EPS) et l'antiblockiersystem
(ABS) , relié à la géographie par un Global Positioning
System (GPS) et à ses congénères par le Global System
For Mobil Communications (GSM) , l'un et l'autre se
souviennent-ils des chats sacrés de Bubatis ?
Mini-choc .
Une automobile chargée d'un remords plus léger que le
poids d'un petit animal s'éloigne en brûlant l'intérieur de
la terre ; elle tire derrière elle son satellite pendant que se
ferme sur la B.A.U un rideau de tristesse , chapelle ardente
de nos chats morts .
Bubatis ?
Quand , dans le faisceau de ses phares , il voit trop tard
cet avatar de Rê , le conducteur , lancé à toute allure sur
l'autoroute et pressé de mettre un point final à une journée
harassante et jeter son corps dans les bras de Dunlopillo ,
se souvient-il qu'à l'est du delta du Nil , à l'orée de la
XVIIè Dynastie , Sheshonq Ier , prince lybien mechouech ,
ordonnait à ses prêtres d'embaumer ses chats ?
L'un et l'autre , le chat jailli de ces fossés qui bordent nos
voies rapides comme les vestiges de la sauvagerie , modeste
et cependant tapi et attendant son heure quand se fermera
la parenthèse de l'humanité , et le conducteur bardé
d'electronique , protégé des excès de la Nature par
l'Electronic Stability Program (EPS) et l'antiblockiersystem
(ABS) , relié à la géographie par un Global Positioning
System (GPS) et à ses congénères par le Global System
For Mobil Communications (GSM) , l'un et l'autre se
souviennent-ils des chats sacrés de Bubatis ?
Mini-choc .
Une automobile chargée d'un remords plus léger que le
poids d'un petit animal s'éloigne en brûlant l'intérieur de
la terre ; elle tire derrière elle son satellite pendant que se
ferme sur la B.A.U un rideau de tristesse , chapelle ardente
de nos chats morts .
mardi 18 mars 2014
INSOLATION
Au lieu de faire la sieste comme il fait d'habitude à pareille heure incandescente
et comme chacun fait à Caceres au milieu d'un jour d'été , Andres Demaya
se rendit à son bureau de la Plaza Mayor. Il longeait le mur brûlant de l'Eglise
de Santo Domingo quand ce qui n'arrive qu'une fois dans la vie d'un espagnol
lui advint .
L'explication la plus pertinente est que ce jour-là , le cours de la pensée d'Andres ,
au lieu de déborder de son lit et diffuser en nappes loin de ses berges , s'écoulait
impétueusement et sans gaspillage comme celui d'un joueur d'échecs ou d'un
décrypteur d'hiéroglyphes et il entrevoyait toute proche une large vallée où au
désordre succédait l'harmonie et au tumulte la paix .
Quand , à la fin de l'après-midi , ses concitoyens purent enfin s'extirper de leur
coma et qu'ils risquèrent leurs confuses existences sous les rayons déclinants ,
ils trouvèrent Andres Demaya mort et conclurent à une insolation .
et comme chacun fait à Caceres au milieu d'un jour d'été , Andres Demaya
se rendit à son bureau de la Plaza Mayor. Il longeait le mur brûlant de l'Eglise
de Santo Domingo quand ce qui n'arrive qu'une fois dans la vie d'un espagnol
lui advint .
L'explication la plus pertinente est que ce jour-là , le cours de la pensée d'Andres ,
au lieu de déborder de son lit et diffuser en nappes loin de ses berges , s'écoulait
impétueusement et sans gaspillage comme celui d'un joueur d'échecs ou d'un
décrypteur d'hiéroglyphes et il entrevoyait toute proche une large vallée où au
désordre succédait l'harmonie et au tumulte la paix .
Quand , à la fin de l'après-midi , ses concitoyens purent enfin s'extirper de leur
coma et qu'ils risquèrent leurs confuses existences sous les rayons déclinants ,
ils trouvèrent Andres Demaya mort et conclurent à une insolation .
JOHN LENNON REMEMBER
Qui se souvient de Jesus Christus ?…
Ses discours sur la montagne ? Ses tentations du désert ?
Sa Passion ?… et sa Résurrection ?
Jadis , une foule nombreuse s'assemblait autour de Lui et
l'écoutait . Quand il entrait dans une ville , ses disciples
étendaient leur manteau sur le chemin et ceux qui ne le
connaissaient pas disaient : " qui est cet homme ? ". Mais
bientôt plus personne ne posa cette question car tous , de
Capharnaüm à Arimathie et de Césarée au Mont Tabor ,
savaient qui il était.
Or , on le mit à mort .
Trois jours après la descente au tombeau , on trouva son
cercueil pop ouvert et vide . Les linges gisaient à terre .
Ceux qui avaient contemplé Sa Gloire ne purent
croire qu'il était réssucité d'entre les morts .
Sauf Yoko...
Ses discours sur la montagne ? Ses tentations du désert ?
Sa Passion ?… et sa Résurrection ?
Jadis , une foule nombreuse s'assemblait autour de Lui et
l'écoutait . Quand il entrait dans une ville , ses disciples
étendaient leur manteau sur le chemin et ceux qui ne le
connaissaient pas disaient : " qui est cet homme ? ". Mais
bientôt plus personne ne posa cette question car tous , de
Capharnaüm à Arimathie et de Césarée au Mont Tabor ,
savaient qui il était.
Or , on le mit à mort .
Trois jours après la descente au tombeau , on trouva son
cercueil pop ouvert et vide . Les linges gisaient à terre .
Ceux qui avaient contemplé Sa Gloire ne purent
croire qu'il était réssucité d'entre les morts .
Sauf Yoko...
lundi 17 mars 2014
FORMULE PHYSICO-CHIMIQUE DE L'ANGÉLUS
Quant sonne l'Angélus , les champs de pommes de terre
et ceux qui triment à leur surface accèdent à un état thermodynamique
faible . La cloche sonne sur une onde allégée et l'agitation moléculaire
réduit sa vitesse . Les ombres s'étirent ; à 90° du zénith , elles coïncident
avec l'infini et la pomme de terre la plus modeste porte ses contours
jusqu'au point Omega…
Le seul travail en action , c'est le poids des corps , et c'est ce moment
d'hébétude qu'un Dieu rusé choisit pour nous tomber dessus .
A l'Angélus , Dieu déchaîne sa Puissance .
et ceux qui triment à leur surface accèdent à un état thermodynamique
faible . La cloche sonne sur une onde allégée et l'agitation moléculaire
réduit sa vitesse . Les ombres s'étirent ; à 90° du zénith , elles coïncident
avec l'infini et la pomme de terre la plus modeste porte ses contours
jusqu'au point Omega…
Le seul travail en action , c'est le poids des corps , et c'est ce moment
d'hébétude qu'un Dieu rusé choisit pour nous tomber dessus .
A l'Angélus , Dieu déchaîne sa Puissance .
LE PRINTEMPS
Tout est à refaire : la Nature a repris ses droits…
Quels droits ? Les graminées n'ont pas plus de droits que de devoirs,
et n'ont aucune mauvaise intention ; elles se contentent de croître avec
une frénésie naïve . Elles engloutissent les hommes par inadvertance ,
faibles roseaux pensants dont la frange la plus sage , celle qui n'a
jamais tenu une binette , se targue d'une indécrottable volonté .
Quels droits ? Les graminées n'ont pas plus de droits que de devoirs,
et n'ont aucune mauvaise intention ; elles se contentent de croître avec
une frénésie naïve . Elles engloutissent les hommes par inadvertance ,
faibles roseaux pensants dont la frange la plus sage , celle qui n'a
jamais tenu une binette , se targue d'une indécrottable volonté .
MOI
Le moi est une représentation.
C'est un spectacle créé par un auteur (moi) pour des spectateurs (eux).
Parfois l'auteur s'asseoit dans un fauteuil d'orchestre pour vérifier
qu'on (eux) rie aux bons moments et qu'il n'y a pas lieu de modifier
la mise en scène.
17 04 14
C'est un spectacle créé par un auteur (moi) pour des spectateurs (eux).
Parfois l'auteur s'asseoit dans un fauteuil d'orchestre pour vérifier
qu'on (eux) rie aux bons moments et qu'il n'y a pas lieu de modifier
la mise en scène.
17 04 14
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