Je suis le troisième serviteur de la parabole .
"Car c'est comme un homme qui , s'en allant hors du pays , appela ses propres
serviteurs . Et à un il donna cinq talents , à un autre deux talents , à un autre un
talent ; à chacun selon sa propre capacité ; et aussitôt il s'en alla hors du pays "
( Math 25 : 14 , 15 )
Côté filles , j'ai eu un talent mais , au lieu de le dépenser en conquêtes comme
les serviteurs mieux dotés , j'enterrai le mien au fond du jardin . Les demoiselles
tournaient autour de moi et pas les plus laides . Je feignais de ne pas les voir car ,
avec un seul talent , je n'avais pas le droit à l'erreur . Je devais taper dans le mille
une fois pour toutes . Aussi j'hésitais à me lâcher . Les soirs de déprime , j'allais
dans le noir au fond du jardin et je déterrais mon talent . L'argent s'oxydait mais
ça me rassurait : mon talent était presque intact ; un jour , je m'en servirais . Au-
tour de moi , on se bécotait , on flirtait , on se caressait , on copulait . Moi , j'at-
tendais mon heure .
Les occasions passaient , les années aussi . Finalement , je n'ai pas abordé
Philomène Beaugenou .
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